Pronostics hâtifs

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Editorial La Presse

Ceux et celles qui assuraient quotidiennement que le nouveau Parlement issu des élections législatives anticipées tenues les 17 décembre 2022 et 29 janvier 2023 ne constituera qu’une chambre d’enregistrement ou un bureau d’ordre dont la mission consistera à recevoir les projets de loi que lui soumettra le Chef de l’Etat ou la Cheffe du gouvernement et à les adopter automatiquement sans y introduire un quelconque changement dans la mesure où les nouveaux députés soutiennent dans  leur majorité écrasante le processus du 25 juillet se doivent de revoir leur copie et reconnaître  que les positions qu’ils ont prises bien avant les élections législatives ont été imprégnées de précipitation, d’amateurisme et de manque fragrant de professionnalisme.

Ainsi, les discussions au sein de la commission parlementaire chargée de l’élaboration du règlement intérieur du nouveau Parlement ont-elles apporté, dès le premier jour du démarrage des travaux de la commission en question, un cinglant démenti à ces pronostics avancés à la hâte sans attendre que  les nouveaux locataires du Palais du Bardo s’expriment ou fassent filtrer les moindres révélations sur leur méthodologie d’action ou sur l’approche qu’ils se font de la gestion ou de la conduite de la mission dont ils sont chargés par les électeurs qui leur ont accordé leur confiance les 17 décembre 2022 et 29 janvier 2023.

Il s’avère, d’après les indiscrétions ayant filtré jusqu’ici sur les premières réunions de la commission chargée de la mise au point du règlement intérieur du parlement, que les débats ont été chauds et que le consensus ou l’unanimité des voix sur les grandes lignes du règlement intérieur attendu n’ont pas été au rendez-vous dans la mesure où deux chapitres constituent des points de discorde, de division et aussi, il faut le dire, de tension.

D’abord, la durée du mandat relatif à la présidence du Parlement: un mandat qui s’étendra sur cinq ans ou un mandat renouvelable annuellement à chaque rentrée parlementaire.

Ensuite, la constitution de groupes ou blocs parlementaires comme prévu dans la Constitution du 17 août 2022 ou l’adoption de la recommandation ou l’instruction présidentielle considérant qu’il n’y a pas de place aux blocs parlementaires au Palais du Bardo.

Pour le moment, les discussions se poursuivent encore au sein de la commission sans que s’en dégagent des solutions à même de satisfaire les uns et de répondre aux aspirations des autres.

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