L’équipe de Tunisie qualifiée à la CAN 2023 : Des motifs pour être optimiste !

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Les Aigles de Carthage ont réussi à décrocher brillamment et prématurément leur billet pour la CAN 2023. Le résultat et les progrès après le mondial sont là. A confirmer.

Ce n’était pas un match facile dans un stade et devant un public difficiles. Et pourtant les Aigles de Carthage n’ont pas été intimidés et n’ont pas eu froid aux yeux à Benghazi. La victoire qui leur assure  le voyage pour la Côte d’Ivoire, ils l’ont obtenue sans attendre les deux derniers matches en juin et septembre. Cette qualification pour la CAN est la seizième consécutive dans un palmarès éloquent de 21 tickets pour une phase finale qui auréole l’histoire de notre sélection en compétition continentale. Quand les chiffres sont beaux, ils parlent d’eux- mêmes. Ce deuxième round contre le team libyen a montré que l’équipe de Jalel Kadri est en train de gagner en maturité et de monter en puissance et qu’elle a du caractère et la culture de la gagne. Et qu’elle est mesure d’atteindre le palier supérieur.

Grande variété dans les choix 

L’acquis le plus important dont a parlé justement le sélectionneur tunisien après l’exploit de Benghazi, c’est qu’on peut se vanter maintenant d’avoir une belle ossature avec une solide assise défensive.  Le premier socle d’une équipe qui est en droit d’avoir de l’ambition, qui voit loin et qui vise toujours haut. Il y a de la variété pour les choix dans les trois compartiments, de la richesse dans la qualité et les profils de joueurs et du sang neuf dans le groupe investi pour remplacer des joueurs essoufflés par des joueurs assoiffés. Les absences ne touchent pas à l’équilibre du dispositif et les changements dans le onze de départ n’imposent pas le chambardement du système de jeu. Montasser Talbi, pilier de la charnière centrale défensive, n’était pas du voyage à Benghazi et Nader Ghandri était bien là pour le suppléer.  Idem pour Mohamed Drager sur le côté droit de la défense qui a débuté cette fois à la place de Wajdi Kechrida. L’absence de Youssef Msakni, aussi bien créateur que finisseur, n’a pas posé problème avec un Mohamed Ali Ben Romdhane qui a pris le relais avec beaucoup d’apport au niveau de la récupération au milieu de terrain en plus du travail d’approche et de projection vers l’avant. Le tandem Omar Layouni- Haithem Jouini a été, également, une  solution en attaque à Seïfeddine Jaziri qui a tellement péché par manque de lucidité devant les buts. La formule de la zone tampon au milieu a pris forme avec le trio Issa Laidouni,  Elyès Skhiri et Hannibal Mejbri. Ce dernier, après avoir trouvé des difficultés à s’imposer comme pion important de l’échiquier, a discipliné son jeu devenu moins brouillon et s’est montré très utile dans la transition rapide et les passes décisives dans les intervalles. C’est le futur joueur créateur de base et pilier du secteur offensif avec le temps et plus de matches dans les jambes.

Travailler  la finition 

Comme le dit Jalel Kadri, on n’a plus de problèmes dans la création d’un nombre important et suffisant d’occasions de but car le collectif, le jeu en bloc, les automatismes, les appuis, le soutien des latéraux marchent bien après ces deux matches. Le seul souci qui chiffonne encore, c’est au niveau de la conclusion. Le ratage dans la zone de vérité adverse est considérable. Quand on a l’occasion de mettre beaucoup de buts à l’adversaire, il faut les mettre comme au match aller à Radès. Comme aussi au retour à Benghazi quand on a eu plus d’une occasion de tuer le match et de ne pas jouer avec le feu jusqu’à la dernière minute. Car il y a des parties, devant des défenses robustes et musclées, où les opportunités sont rares et où on doit être assez astucieux pour ne pas louper les demi-occasions qui s’offrent par intermittences. Jalel Kadri a tout le temps devant lui pour corriger cette principale lacune et travailler la finition. Il ne suffit pas d’avoir une bonne rampe de lancement des opérations offensives si on n’a pas une grande force de frappe devant. Haithem Jouini n’a pas démérité avec ses deux buts dans les deux matches. Omar Layouni, lui, est un joker prometteur. Reste le cas et l’énigme Seïfeddine Jaziri. C’est un grand fauve de la surface de réparation et un vrai puncheur qui peut parasiter toutes les défenses. Ce qui lui manque justement, c’est un peu d’habileté dans le dernier geste et plus de technique dans la frappe et le placement du cuir hors de portée du gardien de but. Avant, le gros problème dans la sélection était un jeu pauvre en créativité et en imagination et c’était presque insoluble. Maintenant, les occasions de but sont plus fréquentes et plus nettes et c’est la finition, devenue le bât, qui blesse et c’est plus facile d’y remédier.

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