Jedaida (gouvernorat de la Manouba): Le cri de colère des agriculteurs privés d’eau

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Dans la bourgade de Jedaida, la situation est catastrophique pour les petits exploitants agricoles qui n’ont pas accès à l’eau


Les agriculteurs sont confrontés à un grave problème de manque d’eau dans la bourgade de Jedaida (gouvernerat de La Manouba). Cette situation catastrophique est due à une mauvaise répartition de l’eau en amont et en aval du barrage de Laâroussia, créant ainsi de vives tensions entre les habitants et notamment entre les exploitants agricoles dont les cultures s’étendent de part et d’autre du barrage. Si en amont, l’eau d’irrigation est disponible, la sécheresse guette, par contre, les petites exploitations arboricoles qui se trouvent en aval de l’ouvrage.

Les agriculteurs qui opèrent dans les 3.000 zones qui sont limitrophes et qui pratiquent l’agriculture irriguée par l’eau provenant de l’oued Mdjerda depuis des décennies sont aujourd’hui désemparés face à l’attentisme et l’inaction du commissariat régional au développement agricole de la région et des autorités locales qui refusent de leur fournir de l’eau au motif qu’ils se trouvent hors du périmètre irrigué et qu’ils n’ont pas le droit de pomper de l’eau de l’oued alors que les exploitants agricoles se trouvant en amont du barrage ont accès aux ressources en eau pour l’irrigation de leurs petites exploitations.

Forages illicites

Les agriculteurs, qui ont été privés d’eau, vivent très mal cette injustice et ont eu recours, malgré l’interdiction du Crda, aux forages illicites sur le lit de l’oued, drainant une eau fortement salée et impropre pour les cultures fruitières.

Les manifestations qui ont eu lieu en juin dernier ont été réprimées par les agents de l’ordre. Le manque d’eau et le partage illégal de cette ressource, qui se fait rare dans cette région, risquent de générer dans le futur de plus en plus de mouvements de contestation au sein d’une population agricole vivant dans des conditions de forte précarité et n’arrivant plus à générer de revenus provenant d’une activité agricole fortement dépendante de l’eau, ce qui doit conduire à une révision en urgence des modalités de partage des ressources en eau, afin d’éviter que les zones agricoles qui souffrent d’un grand manque d’eau ne basculent un jour dans une «guerre de l’eau».

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