Athlétisme | Le Starting Club de Bizerte : Résultats remarquables, moyens précaires !

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Le Starting Club de Bizerte est en voie de devenir l’un des clubs d’athlétisme les plus titrés. Ses remarquables performances ne sont dues qu’à la seule et unique détermination de ceux qui le composent. Mais les moyens financiers et matériels font douloureusement défaut.

C’est en l’an 2000 que le Starting Club de Bizerte (SCB) voit le jour. A cette époque, le CAB décide de supprimer sa section d’athlétisme. De ce fait, des dizaines de jeunes, férus de cette discipline, couraient le risque de se retrouver sérieusement frustrés. Feu Tijani Kandara, ancien athlète et sélectionneur militaire, assume la responsabilité et prend ces jeunes sous l’aile d’un club qu’il crée et baptise «Starting Club de Bizerte». Son initiative lui vaut rapidement l’assentiment et l’adhésion de nombre d’entraîneurs de la discipline, mus par leur seule passion pour cette activité physique et sportive. Ainsi d’ailleurs que l’approbation et les applaudissements des parents.

Le SCB connaît dès l’entame des compétitions maints obstacles d’ordre matériel et financier, sans que cela affecte le moral de ses dirigeants, de son staff technique, de ses athlètes, déterminés à relever les nombreux défis qui se profilaient à l’époque.

La ténacité, le courage et la persévérance étaient vite récompensés et les résultats n’ont pas tardé à suivre, en un temps relativement court. Les athlètes du SCB percent, se distinguent, s’élèvent au pinacle. Et cela a donné des noms, certes pas aussi illustres que ceux d’un Gammoudi ou d’une Ghribi, mais il y a toujours lieu de se demander si ces athlètes n’auraient pas réussi à graver leurs noms dans la mémoire collective sportive si on leur avait accordé la sollicitude requise. Des performances remarquables tant lors des compétitions nationales que régionales ou internationales ont marqué l’histoire de ce club de Bizerte. Citer les noms de tous les médaillés serait autant fastidieux que discriminatoire envers ceux, parmi ces kyrielles de jeunes athlètes, qui ont tenté fermement et obstinément d’atteindre le podium. Mais les moins oublieux doivent certainement garder en souvenir Béchir Zaghouani (perchiste) recordman de Tunisie et du monde arabe, Abderrahman Tamedda, champion d’Afrique du saut à la perche, Ahmed Souissi, demi-finaliste aux championnats du monde cadets (800m), Mohamed Romdhana (recordman de Tunisie du saut à la perche) ou encore feu Haythem Bellakhal, vice-champion d’Afrique de triple saut, qui a endossé jusqu’à son tragique décès la responsabilité de la direction technique du club et qui a été le promoteur de la manifestation nationale de cross Tijani Kandara.

Ressources humaines solides

La liste est longue, mais n’est ni exhaustive ni limitative.  Les temps présents gratifient notre pays de performances remarquables, fruits d’un travail de continuité et d’assiduité. De l’or à foison rapporté par Baha Guerfal (poids, U23), Taha Jebali (triple saut, U15), Riham Messaoudi, Emna Zaoui, Chahine Rejeb, Ranim Dallali ou encore Rayen Belhassine qui vient de se distinguer aux derniers jeux arabes. L’argent n’est nullement en reste, ni le bronze qui récompensent un travail de longue haleine. L’on ne saura omettre de citer, cerise sur le gâteau, la percée spectaculaire de la jeune triple sauteuse Ghada Hemdani, spécialiste du saut en longueur et du triple saut, devenue coutumière des podiums tant au niveau national qu’international puisqu’elle a raflé en très peu de temps pas moins de cinq médailles et sur laquelle l’athlétisme fonde de grands espoirs.

Sans être vraiment très impressionnant, ce palmarès du SCB ne peut que forcer le respect. Et surtout leur soutien. Signalons que tous ces éloquents résultats ont été réussis avec des moyens matériels et financiers absolument dérisoires, voire insignifiants. Ce sont les ressources humaines pour l’essentiel seules solides au poste et travaillant en quasi-bénévolat, qui maintiennent le club à flot, réussissant presque l’impossible avec des conditions trop défavorables.

Si nous avons choisi d’en parler, c’est pour lancer un appel à la compréhension des autorités, afin non pas qu’elles inondent la caisse du club, mais de lui faciliter la tâche. La fédération devrait veiller à fournir les équipements nécessaires, ceux à disposition étant déclassés ou subissant les déprédations de malfrats. Le bureau directeur, dirigé par Faten Zaouali Ouertani, n’épargne aucun effort pour gagner la faveur de sponsors de plus en plus rares.

Si nous considérons que les sports individuels sont nos principales raisons de satisfaction, les exemples de Ons Jabeur, de Ayoub Hafnaoui en sont la parfaite illustration, pourquoi ne pas renforcer les investissements en fonds et en ressources humaines dans cette discipline dont tous les pays tirent une légitime fierté.

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