Aliments périssables: Le vrai du faux !

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La consommation de lait est devenue une source de contraintes, tant les mauvaises surprises lors du déballage du produit ou de la durée de conservation de plus en plus courte font grincer des dents les consommateurs. Mais il y a des explications à cela…


Les produits laitiers sont sujets à une mauvaise conservation ces derniers temps, notamment à cause de la chaleur accrue. Que ce soit au niveau de la distribution jusqu’aux épiceries qui superposent des tas de packs de lait à même le sol, ou de la date de péremption, le mode de consommation s’en ressent et les habitudes changent. Forcément. Même s’il est admis qu’un paquet de lait pourrait être conservé et utilisé au bout d’un certain temps, on ne peut nullement tolérer son pourrissement en l’espace de quelques jours.

Conservation, mon doux souci

Sur les réseaux sociaux, des critiques fusaient, dénonçant notamment surtout les mauvais modes de consommation alimentaire en Tunisie. Un consommateur bien avisé a raconté sa mésaventure en présentant l’aspect du lait périmé contenu dans un paquet industriel : «Voici ce que contient un paquet de lait après quelques jours de conservation, resté ouvert au réfrigérateur : une eau mélangée à des grumeaux, dégageant une odeur pestilentielle. Du lait tourné, en fait, impropre à la consommation et qu’il faut immédiatement jeter à la poubelle sous peine d’attraper des maladies de l’estomac et gastriques. Une personne avertie en vaut deux. Les yaourts ne sont pas exempts de cet état de fait, présentant un mélange pas tout à fait homogène et des grumeaux là encore, même pour la gamme «nature». Beaucoup de réclamations vont dans ce sens au niveau de la dégradation de la qualité du lait, même si certains ne sont pas de cet avis, croyant encore que nos firmes sont au-dessus de tels soupçons. D’autres prétextaient un mauvais fonctionnement de l’appareil de refroidissement, mais ceux qui témoignent de la mauvaise qualité du lait assurent que leur réfrigérateur fonctionne normalement.

L’avis d’un « agro »

Walid Hadj Nasr, gérant et fabricant de matériel agroalimentaire et expert en processus de transformation et installations agroalimentaires à usage industriel, a bien voulu décortiquer brièvement la chaîne de production du lait stérilisé, tel qu’on le consomme dans un paquet liquide. Il résume certains manquements des industriels: « Le problème de contamination rapide de lait peut résulter de deux facteurs, à savoir le processus UHT à chauffer le lait à 135 degrés pour une stérilisation parfaite n’est pas respecté. Soit, le processus de CIP «clean in place» après la production fait défaut. L’odeur du lait vient de ce dont se nourrit la vache, il y a des systèmes de désodorisation au niveau industriel. Quand le lait porte une odeur forte, c’est que le lait blanc est, en grande partie, composé de lait en poudre reconstituée. La qualité de la poudre de lait diffère  aussi suivant l’origine et le bon ou mauvais traitement du lait pendant le séchage, ce qui impacte l’aspect ou le goût, forcément non parfaitement respectés ».

La plupart des consommateurs sont unanimes quant à la perte de la qualité du lait, de façon générale, en termes de goût, de saveur et d’odeur, toutes marques confondues. Aux industriels de se soumettre aux normes et conditions de collecte et de production du lait bovin. D’autres aliments comme les jus font également l’objet de réclamations virulentes des consommateurs. L’Organisation de défense des consommateurs se doit, elle aussi, de réagir de la meilleure manière et ne pas envisager seulement le boycott d’un produit ou d’un autre. Quitte à faire perdurer la crise de confiance entre consommateur et vendeur.

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