Du 28 septembre au 8 octobre, à Dar El Jeld:  «Hommage au père et … à la mer»

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Le temps de la mer ne s’achève pas et joue les prolongations…au cœur de la médina. C’est à Dar El Jeld, le plus urbain des espaces, au milieu des lambris raffinés et des stucs sophistiqués, que Mohamed Messaoudi et Lilia Haj Khelifa, complices une fois de plus, nous invitent à une expérience insolite.


On se souvient qu’ils avaient déjà livré les lieux à des cohortes de tortues réinventées par des artistes. Les voici qui font aujourd’hui de ce palais la dernière plage à découvrir.

Dans cet univers onirique, les poissons sont de marbre, de céramique, de métal ou d’alfa. Les étoiles de mer géantes côtoient des colonies d’oursins tandis que dansent les hippocampes. Tritons et sirènes s’invitent au bal. Dans cet univers marin, les matières se mêlent et la créativité est sans limites. On y rencontre d’aimables pieuvres et de pacifiques crabes pactisant avec de mystérieux coquillages. Et pour filer la métaphore jusqu’au bout, les délicates douceurs qu’on vous y offrira se plieront à l’esthétique du thème. Cet exercice auquel se plient Lilia Haj Khelifa et Mohamed Messaoudi, chaque fois autour d’un thème différent, est une magnifique façon d’explorer et de stimuler la créativité des artistes-artisans qui y participent. Et l’on a déjà envie de demander : après les tortues, les grenades sur lesquelles ils avaient également déliré ensemble, la mer et ses habitants, quel sera le prochain sujet ?

Mohamed Messaoudi ou l’enfant de la mer

Comment pourrait-on qualifier quelqu’un d’aussi difficile à classer que Mohamed Messaoudi ? Amoureux du patrimoine ? Collectionneur éclairé de tout ce qui évoque notre histoire, nos traditions, nos savoir- faire ? Maître artisan ? Erudit incollable ? Chineur invétéré ? Designer talentueux et inventif ? Décorateur et scénographe à la débordante imagination ? Architecte instinctif pour qui le nombre d’or n’a point de secrets ?

Comment offrir une case à celui qui les coche toutes ?

Tous ces qualificatifs s’appliquent à lui. Et probablement d’autres encore, insoupçonnés ou non révélés. Mais il est une chose que ceux qui le connaissent savent bien : Mohamed Messaoudi est un enfant de la mer. Si ses parents n’étaient pas des marins, ils ont vécu et travaillé pour eux et avec eux. C’était à eux que l’on venait demander voiles, cordages, filets et fils de pêche…Enfant, il savait mieux que personne faire et défaire les nœuds marins les plus sophistiqués, jauger la résistance d’un mât, appeler par leur nom les différentes embarcations, et annoncer les vents dominants. C’est lui encore qui, en même temps que l’alphabet, sut décliner les noms des poissons, celui des coquillages, et des mille et une créatures marines que remontaient ses amis pêcheurs dans les filets, ou au bout des cannes à pêche que son père leur vendait.

C’est donc un hommage à cette mer qui a bercé son enfance, et à ce père qui la lui a offerte, qu’il a souhaité rendre avec cette exposition.

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