Clôture du Programme THAMM : Promouvoir une migration régulée en Afrique du Nord

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Certes, la migration légale favorise le développement, mais elle nécessite une gestion adéquate et une coopération internationale, devenant une priorité commune pour les pays méditerranéens.

Le mercredi 4 octobre 2023, Abdelkader El Jemali, chef de cabinet du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a présidé à Tunis la clôture des activités du Programme « Pour une approche globale de la gouvernance des migrations et de la mobilité de main-d’œuvre en Afrique du nord (Thamm) ». 

Mis en œuvre par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, en collaboration avec l’OIT, l’OIM, la GIZ, Enabel et l’OFII, avec le financement de l’Union européenne et du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), Thamm est une initiative sous-régionale visant à faciliter des migrations et des mobilités de main-d’œuvre sûres, régulières et ordonnées pour les pays d’Afrique du Nord, avec des avantages mutuels. 

L’événement, qui a rassemblé près de 120 participants, y compris des acteurs nationaux, des partenaires techniques et financiers du Programme, ainsi que des représentants de haut niveau, a été marqué aussi par la présence de nombreuses personnalités, dont S.E.M. Marcus Cornaro, ambassadeur de l’UE en Tunisie, S.E.M. Peter Prügel, ambassadeur d’Allemagne en Tunisie.

Instaurer une gouvernance plus efficace 

M. Abdelkader Jemmali a mis en avant la stratégie nationale pour la promotion de l’emploi à l’étranger qui a été élaborée avec un éclairage particulier sur les orientations stratégiques fondamentales liées à la migration de la main-d’œuvre. Ces orientations ont pour objectif principal d’instaurer une gouvernance plus efficace de la migration, de mettre en place un système d’information et de veille pour suivre de près l’évolution du marché du travail à l’échelle nationale et internationale, d’intégrer la question de la migration de travail au sein des politiques nationales, de favoriser la reconnaissance des qualifications des travailleurs tunisiens, de promouvoir la médiation dans le domaine de l’emploi à l’échelle internationale, et enfin, de faire de cette stratégie un levier pour le développement économique et social de notre pays.

Il a également souligné la collaboration avec des organisations internationales et des institutions compétentes pour renforcer la reconnaissance des diplômes tunisiens, tant dans l’enseignement supérieur que dans la formation professionnelle, dans les pays d’accueil. Une étude comparative a été réalisée pour évaluer les différences entre les programmes de formation professionnelle de base en Tunisie et en Allemagne, ainsi qu’en Belgique, dans divers domaines. Les résultats ont montré que les divergences sont minimes et peuvent être comblées grâce à une coopération entre les parties concernées.

«Nous avons constaté que le contenu de la formation tunisienne ne diffère pas beaucoup de celui des pays européens. Dans ce domaine, une étude comparative a été réalisée pour évaluer les différences entre les programmes de formation professionnelle de base en Tunisie et en Allemagne dans les spécialités de technicien supérieur en électricité du bâtiment et de technicien supérieur en mécanique et communication industrielle. Cette étude a confirmé que les différences ne sont pas significatives et peuvent être comblées grâce à la collaboration entre les structures concernées, permettant ainsi la reconnaissance des qualifications tunisiennes», a-t-il souligné.

Revitaliser le marché du travail

En ce qui concerne l’emploi, M. Jemmali a mis en avant l’importance des politiques publiques et des mécanismes de gouvernance qui ont été instaurés pour revitaliser le marché de l’emploi, élaborer des solutions visant à réduire les disparités sociales entre les différentes régions, et garantir l’application du principe d’égalité des chances. De plus, des solutions pratiques ont été élaborées afin de simplifier les démarches législatives et administratives, créant ainsi un environnement propice à l’investissement, tant national qu’étranger, et générant des opportunités d’emploi pour les jeunes à tous les niveaux de qualification. Par ailleurs, des mécanismes ont été mis en œuvre pour améliorer la capacité d’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi et répondre aux besoins des entreprises, assurant ainsi l’adéquation entre l’offre et la demande sur les marchés du travail, qu’ils soient nationaux ou internationaux, conformément aux dispositions du décret numéro 461 de l’année 2023.

«Le capital humain représente l’une des richesses majeures de la Tunisie. Par conséquent, des efforts inlassables sont déployés pour renforcer la qualification des ressources humaines, afin de les rendre aptes à répondre aux exigences du marché du travail, tant sur le plan national qu’international», a-t-il encore précisé, tout en ajoutant que le budget alloué à l’éducation, à l’enseignement supérieur et à la formation professionnelle représente près de 20 % du budget total de l’État tunisien pour l’année 2023, ce qui dénote l’importance accordée à cette dimension cruciale du développement.

La migration légale, une priorité partagée 

Pour sa part, l’ambassadeur de l’UE, S.E.M. Marcus Cornaro, a mis en avant les avantages de cette collaboration pour renforcer la croissance économique, stimuler l’innovation et promouvoir le développement durable des deux rives de la Méditerranée, tout en exploitant le potentiel de la diaspora tunisienne. Dans ce même cadre, il a souligné l’engagement continu de l’UE à soutenir ces objectifs par le biais de l’expansion des programmes de mobilité et du maintien du financement régional du programme Thamm ainsi que d’autres initiatives, tout en évoquant la coopération bilatérale pour renforcer les compétences, en particulier à travers le nouveau programme d’appui au secteur de l’éducation, qui vise à résoudre divers enjeux liés à l’emploi en Tunisie et en Europe.

De son côté, S.E.M. Peter Prügel a souligné l’importance de faire de la migration légale un moteur de développement pour les divers pays de la région. À cette fin, il est impératif d’adopter des politiques d’immigration bien gérées, garantissant les droits des migrants, tout en favorisant leur intégration.

De surcroît, une collaboration internationale et régionale s’impose afin de maximiser les bénéfices de la migration légale tout en atténuant les éventuels défis qui en découlent.

L’ambassadeur d’Allemagne en Tunisie a renchéri en affirmant que la migration légale devrait constituer une priorité partagée entre les différents pays méditerranéens, en mettant particulièrement l’accent sur la nécessité d’une coopération multilatérale et la mise en place de politiques régionales concertées. Cela pourrait devenir réalité si les nations méditerranéennes reconnaissent les avantages réciproques de cette collaboration et s’engagent à travailler ensemble pour créer un environnement favorable à une migration légale et ordonnée dans la région.

Ce processus requiert une volonté politique, une diplomatie efficace et un engagement à long terme en faveur de la coopération régionale.

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