BILLET | Inflation : Régression sensible

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La Tunisie a été marquée, ces dernières années, par une succession de chocs, d’origine à la fois exogène  (guerre en Ukraine, Covid 19) et interne, venus altérer sa dynamique économique. La montée des tensions géopolitiques et les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement depuis la crise sanitaire ont débouché sur des pressions inflationnistes. S’y est ajoutée localement une vague de sécheresse historique qui a entraîné un fort recul des cultures pluviales et a mis en exergue un niveau inquiétant des réserves d’eau menaçant l’agriculture irriguée. La dégradation des conditions climatiques a poussé les prix alimentaires à la hausse. Les ménages subissent, par conséquent, une inflation brutale et quasi-inédite,  leur pouvoir d’achat a globalement reculé et leur moral est en berne. L’inflation galopante occupe toujours  le devant de l’actualité nationale en Tunisie, constituant la plus grosse plaie économique du moment. Ce qui nuit et réduit le pouvoir d’achat, affaiblit les entreprises, les investisseurs et génère également l’incertitude.  En octobre 2023, les prix à la consommation ont augmenté de 0,7% après une hausse de 0,8% le mois précédent. Le taux d’inflation se replie à 8,6% contre 9% au mois de septembre. Ce recul de l’inflation, malgré la hausse mensuelle, est dû à la décélération du rythme d’augmentation des prix entre octobre et septembre de cette année par rapport à la même période de l’année dernière. L’ancien ministre du Commerce et expert économique, Mohsen Hassan, estime que cette régression, bien qu’elle soit « sensible », est plutôt considérée comme une « bonne nouvelle » et synonyme d’une «réussite de la politique monétaire du pays mise en place par la Banque centrale, basée essentiellement sur l’augmentation du taux directeur».

Quoique les citoyens ne ressentent pas cette baisse car les produits alimentaires sont toujours proposés à des prix élevés, l’ancien ministre précise qu’à fin septembre de l’année 2022, la hausse des prix de ces produits a été de 13,9%, or, cette année, elle est de 13,1%, soit une très légère baisse dont «l’impact ne se ressent pas au niveau du citoyen».Dans ce contexte de poussée inflationniste alimentée par la flambée des prix des matières premières et de première nécessité au niveau mondial et national qui brûlent les caddies des consommateurs et leurs portefeuilles, l’ancien ministre lance un appel à l’adresse des autorités de tutelle afin qu’elles examinent la possibilité de réduire le taux d’intérêt directeur à la lumière de la baisse du taux d’inflation. Le but étant d’alléger les charges qui incombent aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers.

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