L’Olivier : Coutumes et traditions ancestrales

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Le rapport entre l’homme et l’olivier date d’aussi loin que l’existence des premiers arbres plantés, il y a des milliers d’années, par les civilisations anciennes. Symbole de force, d’abondance, de paix et de prospérité, l’olivier a de tout temps été associé aux us, coutumes et festivités des régions.

Au-delà de sa dimension nutritionnelle, l’olivier auquel le Saint Coran confère une sacralité religieuse — il est cité plusieurs fois dans les sourates du Livre Saint — est devenu un emblème au fil des siècles dans les pays de la rive sud de la Méditerranée. Pilier essentiel du système de production agricole et du patrimoine culinaire de ces pays et empreint d’une forte symbolique, il est également étroitement associé aux us, coutumes et traditions des pays où il est cultivé en abondance. Dans l’inconscient collectif, l’olivier est un arbre béni et vénéré.

Le rapport entre l’homme et cet arbre sacré date d’aussi loin que l’existence des premiers arbres qui ont été plantés, il y a des milliers d’années, par les civilisations anciennes. Symbole de force, d’abondance, de paix et de prospérité, l’olivier a de tout temps été associé aux us, coutumes et festivités dans les régions intérieures. A Jerba, lors de la cérémonie traditionnelle du mariage, les beaux-parents enduisent le front de la mariée d’huile d’olive afin qu’elle soit source de bénédiction et de prospérité pour sa nouvelle famille. L’olivier est très présent dans les rituels matrimoniaux jerbiens de certaines cités, comme en témoigne cette scène cocasse de jeunes garçons courant avec un rameau d’olivier derrière le futur marié.

Prospérité, porte-bonheur, bénédiction…

A Béja, les femmes, lors de la cueillette, plongent avec allégresse leurs mains rugueuses dans les tas de fruits noirs et verts pour avoir une descendance nombreuse.  Lors de la taille des oliviers, les paysans enduisent le tronc de henné afin que les futures récoltes soient bonnes. Accordant une importance cruciale au caractère divin et sacré de l’arbre, les agriculteurs lui ont également conféré une place de choix. Qu’elle soit bonne ou mauvaise, ils s’acquittent, chaque année, de la « zakat » évoquée dans le Livre Saint, en donnant une partie de leur production d’olives aux plus pauvres. L’huile d’olive a, par ailleurs, pendant très longtemps figuré parmi les biens offerts par les plus riches aux plus démunis. Symbole de générosité, celle-ci est accordée en offrande de mariage et occupe une place de choix dans la préparation des repas  à l’occasion des cérémonies de mariage à la campagne, scellant symboliquement l’union des familles des nouveaux mariés. Elle consolide, ainsi, les valeurs de solidarité et d’entraide au sein d’une même communauté. Le fait qu’il soit symbole de richesse et d’abondance lorsque la récolte est bonne et qu’il soit également considéré comme un porte-bonheur valent à l’olivier d’être célébré en grandes pompes dans les régions.

Aïd Ezzitoun

A Kesra, on se pare de ses plus beaux atours et des cavaliers se paradent sur de magnifiques chevaux lors d’une fête appelée « Aïd ezzitoun ». Dans ce village, les us et les coutumes n’ont pas pris une ride. L’olivier est au centre des rites et des traditions qui rythment la vie des habitants. A titre d’exemple, la coutume veut que la mariée trempe ses doigts dans un bol rempli d’huile d’olive pour en enduire l’animal qui l’a portée avant d’entrer dans le domicile conjugal afin d’éloigner probablement le mauvais œil et porter chance à sa nouvelle famille. Utilisée à des fins cosmétiques — les femmes l’appliquent sur le visage et les cheveux — on prête également à l’huile d’olive des vertus magiques.

Des parturientes s’en gargarisaient la bouche, en faisant appel au Saint Patron Sidi Abdelkader Jilani, protecteur des femmes enceintes, afin que la grossesse et la naissance se déroulent sous de bons auspices. A la campagne, l’huile d’olive est utilisée dans la toilette du nouveau-né auquel l’on glisse également quelques gouttes dans sa gorge afin qu’il soit affable et avenant à l’âge adulte, prétendent les sages des villages. Présente à la naissance, l’huile d’olive est associée aux rituels liés à la mort et au deuil. Dans certaines régions du Nord-Ouest de la Tunisie, elle accompagne la bouillie épaisse à base de semoule que l’on sert aux personnes qui ont creusé la tombe du défunt afin que « les pioches et les pelles se reposent », éloignant, ainsi, la probabilité que d’autres deuils surviennent au sein de la famille. Enfin, du pain est distribué gratuitement avec de l’huile d’olive aux pauvres au cours des trois mois qui suivent l’enterrement pour que ces derniers prient pour l’âme du défunt, lui permettant ainsi de pouvoir jouir de la miséricorde divine.

(Source: Magazine Broudou édité par le Goethe Institut)

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