La liberté de la presse au regard des femmes journalistes : Ces victimes du métier, témoins de l’histoire

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Des femmes journalistes appartenant au réseau méditerranéen pour l’information (MedFemiNiswiya) se sont, dernièrement, réunies pour témoigner de leurs histoires, de leur vécu et de tous les obstacles auxquels elles ont fait face pour pouvoir exercer leur métier.

La plateforme «MedFeminiswiya», en collaboration avec la délégation de l’Union européenne, a organisé une table ronde axée sur «femmes journalises et contexte répressifs en Méditerranée». Fêtant le 3 mai la Journée mondiale de la presse, plusieurs femmes journalistes de tous horizons, appartenant à ce réseau média féministe, ont dit ce qu’elles ont sur le cœur, parlant de leur expérience en tant que femmes exerçant dans le secteur des médias.

Droit à l’information !

Témoins de l’histoire, elles ont vécu, durant leur parcours, autant de problématiques d’ordre professionnel et de contraintes répressives liées à la liberté d’expression et d’opinion. «Ce sujet me tient à cœur, de point de vue professionnel et personnel, car je représente un pays qui défend la liberté d’expression et qui est activement engagé pour promouvoir et défendre les droits de l’Homme et la liberté de la presse. Moi aussi j’étais, auparavant journaliste, femme diplomate actuellement, et je sais que le parcours des femmes journalistes n’est pas aussi facile», avance Josephine Frantzen, ambassadrice des Pays-Bas en Tunisie. Et de renchérir, «la liberté de la presse et d’expression sont les piliers essentiels de toute société libre et démocratique, où chaque citoyen, journaliste ou pas, a le droit de s’exprimer librement, dans le cadre du respect mutuel». Elle a constaté que la liberté de la pesse demeure, plus que jamais, menacée même dans son pays, aux Pays-Bas, malgré qu’elle a été classée 4e dans le tout récent rapport des reporters sans frontières sur la liberté de la presse.

De manière globale, la situation va de mal en pis et le métier n’est plus à l’abri du danger. C’est que les gouvernements s’engagent activement à soutenir la position indépendante des journalistes et des organisations médiatiques à travers le monde. De son côté, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Marcus Cornaro, a mis l’accent sur l’importance d’un journalisme libre et indépendant, appelant à défendre la liberté d’expression et de la presse comme une valeur sociétale fondamentale. «La liberté de la presse favorise la transparence et nous permet de forger nos propres opinions, sans subir de censure. Ce débat est une occasion pour souligner l’importance du rôle des femmes journalistes et leur contribution dans la diffusion de l’information, besoin vital de toute société libre et démocratique», a-t-il souligné.

73% de femmes journalistes victimes de violence

D’ailleurs, selon l’enquête de l’Unesco réalisée en 2020, 73% de femmes journalistes dans le monde ont été victimes de violence liée à leur travail. De même, il ressort du dernier rapport annuel du Syndicat national des journalistes tunisiens que 210 agressions à l’encontre des femmes journalistes et photojournalistes ont été enregistrées durant la période allant de 2022 jusqu’à 2023. Samia Allalou, co-présidente de MedFeminiswiya, a donné un aperçu général sur ce réseau médiatique fondé par et pour les femmes journalistes, afin d’échanger idées et expériences. «L’idée de la création de ce réseau, regroupant actuellement plus d’une cinquantaine de femmes journalistes de la Méditerranée, remonte depuis l’année 2017 pour être effectivement mis en place en 2020. Ce réseau publie des articles en trilingue arabe, français, avec d’autres rubriques, dossiers et portraits… réalisés par des femmes journalistes issues de différents pays du monde», déclare-t-elle.

La condition de la femme journaliste en Méditerranée était, alors, un dossier qui a été traité et publié l’année dernière sur cette plateforme féminine. Cette année, il refait surface, sur fond d’un débat qui n’en finit pas. Notre collègue, Olfa Belhassine, ancienne journaliste à La Presse, actuellement rédactrice en chef de MedFeminiswiya, s’est focalisée sur les difficultés que rencontrent quotidiennement les journalistes palestiniennes, frontalement exposées à tous les dangers du métier. Ce sont des femmes reporters de guerre, en quête de l’information, à leurs risques et périls.

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