Une pointure de retour au CA : Sous les ordres de Faouzi Benzarti

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Le public clubiste ne soupçonne même pas la réalité du vestiaire et ne sait pas toujours qu’en définitive, il n’existe pas de méthode ni de recette pour gagner. Cependant, avec l’instinctif Faouzi Benzarti aux manettes, un cerveau qui parle à l’oreille des footballeurs et les écoute, pour comprendre, prendre le temps de la réflexion et apaiser leurs doutes, il y a de bonnes raisons d’espérer.

C’est une arrivée que les fans du CA n’ont forcément pas vu venir à ce stade de la saison et qu’ils devraient complètement valider. Alors que la marche du CA est rythmée par d’immenses déceptions répétées (la dernière à Monastir où l’équipe a touché le fond), l’avènement soudain de Faouzi Benzarti contraste assurément avec l’ambiance délétère autour du club ces derniers jours. Le CA a donc déclenché l’alerte rouge, battant le rappel pour se remobiliser dans ce qu’il reste à récolter cette saison, notamment la Coupe de Tunisie où le CA se produira à Korba dans le cadre des 1/8e de finale, ce vendredi.

Ce faisant, en amont, rappelons que le CA a sans conteste touché le fond. Difficile de subir pareil K.O, pareil affront que celui essuyé au Mustapha Ben Jannet. Et pour tenter de sauver la fin de saison, les tenants clubistes veulent tout miser sur Faouzi Benzarti, un coach à poigne qui signe son énième retour au CA, club qu’il a entraîné de 1989 à 1990, lors du début de la saison 1999-2000 et celle de 2011-2012, et enfin en 2013 après un passage aux Emirats.

Avec le Club Africain, Faouzi Benzarti a glané un titre de champion en 1990 et a atteint la finale africaine des clubs en 1999 et en 2011, avec un groupe embryonnaire. Ce qui témoigne de l’habileté d’un coach capable, à force d’autorité et de fermeté, de tirer des dividendes et le meilleur d’un groupe, d’optimiser l’existant, de «soulever des montagnes», même si les joueurs finissent la saison sur les rotules.

Porté sur l’efficacité et la solidité défensive

Après avoir lâché les commandes du WAC, Faouzi Benzarti a été intronisé au CA, pour apporter son expertise, son expérience et son autorité pour un CA qui en a bien besoin. Là-dessus cependant, par le passé proche, Faouzi Benzarti n’a quasiment jamais disparu des radars clubistes, mais à chaque fois qu’il a été sollicité, le CA s’est vu notifier une fin de non-recevoir. Pas le bon timing, pas le juste contrat, sans oublier que le coach Faouzi n’a pas chômé, entre l’ESS, l’EST, le Raja, le WAC, le MCA, l’USM et Ahly Benghazi, sans oublier les équipes de Tunisie et de Libye à sa charge. A présent, celui qui a été désiré et convoité par le CA depuis quelque temps déjà a retrouvé le Parc A. Voilà donc un entraîneur qui a tout gagné de retour au club de Bab Jedid. Et en l’état, c’est bien simple d’ailleurs, aucun entraîneur tunisien n’a gagné de titres plus que lui mais pas seulement.

Monastirien bon teint, autoritaire et simplement humain, Benzarti ne possède pas seulement un sens aiguisé de la formule mais aussi une capacité à donner une confiance indescriptible aux siens. Redonner espoir et fierté à une équipe mais aussi à un peuple clubiste passionné, dont l’absence de résultats devient insupportable actuellement. Voilà pourquoi Faouzi Benzarti est l’homme de la situation au Parc A. Pour tout cela donc, l’homme de 74 ans pourrait faire l’affaire. Le natif de Monastir saura qu’il a un rôle à jouer aussi important que celui de ses joueurs. Bref, Benzarti, c’est un 12e homme à lui tout seul, en plus du public, un timonier, capable, par ses choix tactiques et son coaching, de faire basculer une rencontre sans bien entendu prétendre tout prévoir et penser à tout.

Impulser une discipline

Qu’on l’adule ou qu’on le renie, Faouzi Benzarti est considéré comme une référence par la profession en Tunisie. Mais certes, s’il doit davantage sa réputation à son passé, ses dernières expériences, surtout avec le champion en titre étoilé, ont prouvé que sous sa coupe l’équipe compense les points faibles de chacun et se nourrit des points forts de tous pour s’ériger vers la réussite, à condition d’être bien guidée. Pour Faouzi Benzarti, après la cohésion, il y a l’équilibre. L’un ne va pas sans l’autre et une équipe doit être soudée pour être équilibrée. Bref, tel un maître d’orchestre, le coach doit impulser une discipline dans laquelle toute l’équipe se reconnaît. Maintenant, en espérant que ce sera le cas, de là qu’un équilibre s’installe, et qu’une vraie dynamique collective s’impose. C’est ainsi que l’équipe clubiste vivra avec Faouzi Benzarti aux manettes…

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