Mes humeurs: L’Ode à la joie  

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Tout est éblouissant, éclatant, tout est absolu chez lui, sa vie tumultueuse, ses coups de cœur et ses déceptions, ses positions politiques, sa musique (devenue familière) l’a hissé au rang d’un dieu que le public et les musiciens vénèrent : le Conseil de l’Europe a adopté son Ode à la joie comme Hymne de l’Europe en 1972.  A lui seul, son nom incarne la musique classique occidentale, Beethoven, on n’a même pas besoin d’indiquer son prénom, Ludwig Van. 1824. Beethoven compose sa dernière symphonie, la neuvième, la première a eu lieu le 7 mai de cette année à Vienne : c’est la première fois dans l’histoire de la musique que des voix sont introduites dans une symphonie, les paroles du 4e mouvement sont choisies par Beethoven, extraites du poème du grand poète révolutionnaire, nourri des idées rousseauistes, Friedrich von Schiller, qui a toujours fasciné Beethoven.

C’est aussi la 1ère fois qu’une œuvre révolutionnaire est acceptée par le public, ovation debout. Beethoven, atteint de surdité, présent sur scène, dos au public, pour donner le tempo à l’orchestre, ne remarqua pas l’enthousiasme du public… avant qu’un musicien ne lui fasse signe de se retourner. Cette symphonie est partie pour la gloire, plus tard, les musiciens la dissèquent, la commentent, l’analysent, l’admirent : Mendelssohn, Schumann, Mahler et son grand adorateur Schubert qui disait «que peut-on après Beethoven ?». Wagner lui emboîte le pas : «La 9e est l’évangile humain de l’art d’avenir».

Les régimes politiques de tous bords et de tous poils s’arrachent les paroles. Le chancelier Bismarck (artisan de l’unité d’Allemagne) déclare : «Si j’écoutais cette musique, je serais toujours courageux» ; le régime nazi en tire parti, il intègre la 9e à sa politique qui sert d’hymne olympique aux jeux de Berlin en 1936 : Hitler en fait l’affirmation de la nation l’Allemagne, il dira, «c’est la symphonie du grand héros du peuple allemand» : les communistes, Staline compris, lui accordent une grande place dans leur propagande, «un poème qui incarne l’humanisme, la démocratie et la liberté». La neuvième est devenue la symphonie de tout le monde, de l’extrême gauche à l’extrême droite.   Le 9 novembre 1989, à la chute du mur de Berlin, le chef d’orchestre Leonard Bernstein, dirigeant la 9e remplace «joie, belle divine par liberté, belle divine». 7 mai 2024. L’Europe entière célèbre ce morceau qui n’échappe à aucune oreille, principalement celle des amateurs de musique. Les artistes témoignent, les politiques en rajoutent, les musiciens jouent et rejouent l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la musique classique rappelant le contexte de sa création. Vivons la musique, vivons la joie et la paix.

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