5e semaine de la Flore: La riche biodiversité du nord-ouest sous la loupe des scientifiques

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Une formation pratique de prospection et d’identification de la flore ainsi que l’interprétation des écosystèmes terrestres dans une approche de protection de la biodiversité végétale et des habitats.


La 5e édition de la «Semaine de la flore», «Flora Week», a été organisée, du 19 au 24 mai 2024, par le Fonds mondial pour la nature WWF-Afrique du Nord et la direction générale des forêts. Elle permet, chaque année, à des étudiants de divers domaines d’enseignement (biologie, écologie, sciences de la vie et de la terre, agronomie, environnement), de découvrir, sous un aspect scientifique, la flore en Tunisie, à travers des visites de terrain à des sites connus pour leur riche biodiversité et leurs écosystèmes originaux.

Il s’agit, également, d’une formation pratique de prospection et d’identification de la flore ainsi que l’interprétation des écosystèmes terrestres dans une approche de protection de la biodiversité végétale et des habitats.

Des enseignants universitaires et des chercheurs ont encadré, à cette occasion, les étudiants à travers des prospections et échantillonnages en forêt, des travaux de laboratoire, et un traitement des données et cartographie.

Cette année, les étudiants de diverses universités tunisiennes ont visité le parc national de Oued Zen, créé depuis 2010, dans la délégation d’Aïn Draham, à environ 200 kilomètres à l’ouest de Tunis et à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Jendouba. Le parc fait partie de la Kroumirie qui est la région la plus humide de Tunisie.

Au deuxième jour de la semaine de la Flore, les étudiants, chercheurs et universitaires ont visité la région de Zouraa, où les dunes côtières à proximité du barrage Sidi El Barrak conservent, encore, leur état naturel et riche en biodiversité. Ils ont aussi visité le Musée national du liège à Tabarka, inauguré le 17 novembre 2022 et créé en partenariat entre l’Institut des forêts et des parcours de Tabarka, l’Institut national de recherche en génie rural, eaux et forêts (Ingref) et le WWF Afrique du Nord.

Les visites de terrain ont été suivies d’ateliers et de conférences axés sur l’amélioration des connaissances environnementales et la protection de la biodiversité végétale.

L’évènement de 4 jours a permis de rendre visite et d’étudier la biodiversité du lac de Sejnane Garâa Sejnane, une zone humide décrétée comme site Ramsar et située au bord de l’oued Sejnane, dans les Mogods, au nord-est de la Tunisie. Elle appartient à l’ensemble «Kabylie–Numidie–Kroumirie», qui est un point chaud de biodiversité. Le site est également reconnu par l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn) comme une zone de végétation importante et une zone clé pour la biodiversité.

Garâa Sejnane, est un ancien lac asséché dans les années 1960, selon le WWF-Afrique du Nord. Une étude de pollens fossilisés a montré qu’il existait depuis la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 20 000 ans. Malgré la sécheresse qui a entraîné l’extinction locale de dizaines d’espèces végétales, le site abrite encore une biodiversité importante, dont plus de 200 espèces de plantes des zones humides.

Le lac de Sejnane abrite plusieurs plantes menacées au niveau mondial et régional, notamment la seule collection mondiale d’oseille de Tunisie (Rumex tunetanus), la seule collection tunisienne de Persicaria amphibia, la plus grande collection mondiale de fougère naine (Pilularia minuta) et la plus grande population nord-africaine du genre de la plante à fleurs appelé Elatine campylosperma. En outre, le site abrite l’espèce de Pleurodeles nebulosus, un amphibien endémique de l’Algérie et de la Tunisie, classé parmi les espèces menacées.

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