Mes humeurs Tourisme durable : le brouillard 

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La colonne vertébrale du tourisme tunisien était et reste le balnéaire, c’est un fait incontestable, le littoral est bien nanti en hôtels et en infrastructures.

Des années durant, les bâtisseurs, les jeunes promoteurs et l’administration vécurent sur les acquis naturels, le soleil, le sable chaud et la mer, ils exploitèrent ces richesses naturelles, nourrissant pendant des décennies les caisses de l’Etat.

Les temps ont changé, les crises économiques internationales, la concurrence farouche, le Covid, etc. ont bouleversé le tourisme ;  les trois piliers (soleil, sable et mer) ne suffisent plus, des études ont démontré que le pays regorge d’atouts pour attirer une nouvelle clientèle et diversifier le produit ;  après le tourisme saharien et golfique ( réussis à moitié), la tendance qui pourrait s’implanter dans la durée est le tourisme alternatif ou durable, les nouveaux types de visiteurs (clients) sont curieux de voir le pays autrement, d’une façon plus « humaine », disposés à rencontrer les habitants dans  leur vie quotidienne, bref, à vivre une autre expérience.

Les promoteurs, conscients de cette tendance, ont rapidement réagi, le tourisme alternatif, grâce à aux louables initiatives privées et l’encouragement des organismes, prend de l’ampleur et de la vigueur, il séduit le citoyen étranger et local. Des maisons d’hôtes, des maisons de charme, des gîtes ruraux, des tables d’hôtes et autres activités de plein-air en vogue comme les VTT, les randonnées équestres ou le trekking ont vite occupé le terrain. Partout, du sud au nord, les lieux d’hébergement alternatif ne cessent d’ouvrir aux quatre coins du pays, montrant que ce secteur est un gisement de richesses à exploiter ; c’est à croire que l’avenir du tourisme se joue sur ce terrain.

Mais l’engouement pour ce type d’hébergement cache des obstacles énormes ; à la lumière d’une récente rencontre entre les présidents des Fédérations professionnelles du voyage, de l’Hôtellerie et des Guides agréés ( Ftav, FTH, Fi2t et la Ftgat) et les journalistes, l’on apprend  que la bureaucratie avec sa réglementation ses textes inextricables qui régissent ce secteur et ses activité sont jusqu’à ce jour « flous » et que le nombre des intervenants et des vis-à-vis (plusieurs ministères et organismes) est en train de ralentir sinon de freiner  la marche de ce tourisme prometteur, qui englobe 42 types de métiers.

Où, l’on retient, avec fort étonnement, tenez-vous bien ! que sur plus de 2000 lieux d’hébergement (chambres, maisons, tables d’hôtes et gîtes ruraux, etc) existant dans le pays, seule une centaine d’entre eux est en règle. Consternant !

Parmi les recommandations définies par le comité d’étude des obstacles juridiques pour le tourisme alternatif et durable, on note la nécessité et l’urgence d’élaborer et de promulguer un  « Code du Tourisme » unique, comprenant un chapitre spécifique au tourisme durable. Les recommandations des professionnels seront-elles entendues ?

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