Nabil Ammar prononce un discours à l’occasion de la célébration de la Journée de l’Afrique : « La Tunisie est le trait d’union entre l’Afrique et le monde arabe et son portail vers le nord de la Méditerranée »

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La Tunisie n’a cessé d’œuvrer à consolider les relations politiques et économiques avec le reste des pays africains frères, tant au niveau bilatéral que dans le cadre de notre organisation régionale, a-t-il indiqué.


Lors d’une cérémonie organisée à l’occasion de la célébration de la Journée de l’Afrique, hier, M. Nabil Ammar, ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, a prononcé une allocution devant les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques et consulaires des pays africains accrédités à Tunis, et ce en présence de Mme Kalthoum Ben Rejeb, ministre du Commerce et du Développement des exportations, et M. Moncef Boukhtir, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Le ministre des AE a adressé, au nom du gouvernement tunisien, ses chaleureuses félicitations à la communauté diplomatique africaine à Tunis.

Il a indiqué que la commémoration de cette Journée offre l’occasion d’honorer les pères fondateurs de l’organisation panafricaine, ainsi que le continent africain, en pleine mutation, en termes de gouvernance et de développement. 

M. Ammar a souligné que l’Afrique dispose d’un grand potentiel, qu’elle est riche de son patrimoine, de sa diversité et de sa jeunesse, et qu’il est de notre devoir d’œuvrer à mettre en valeur l’idéal africain, ainsi que le rôle de premier plan qui incombe à l’Union africaine, pour relever les défis d’intégration, de développement, de paix, de sécurité et de stabilité et ce, en toute indépendance et solidarité.

Il a souligné que la Journée de l’Afrique est célébrée, aujourd’hui, dans un contexte politique et économique mondial aussi difficile, en particulier en Afrique, que prometteur. Il a ajouté que l’Afrique assume encore les retombées adverses de la pandémie de Covid-19 et de la guerre Russie-Ukraine, alors que le fossé et les clivages entre le Nord et le Sud continuent de se creuser, exacerbant la fragilité des économies des pays en développement, en particulier africaines.

L’Afrique constitue la profondeur géopolitique de la Tunisie, son prolongement naturel, historique, géographique et civilisationnel.

La Tunisie est le trait d’union entre l’Afrique et le monde arabe, ainsi que son portail vers le nord de la Méditerranée.

La Tunisie n’a cessé d’œuvrer à consolider les relations politiques et économiques avec le reste des pays africains frères, tant au niveau bilatéral, que dans le cadre de notre organisation régionale, a -t-il indiqué.

Le ministre des AE a relevé que le thème central choisi par l’Union africaine pour 2024 cible l’éducation : «Construire des systèmes éducatifs résilients pour un accès accru à un apprentissage inclusif, qualitatif, tout au long de la vie et pertinent pour l’Afrique» et illustre l’importance de la dimension éducative qui reste un pilier majeur dans le développement de l’Afrique.

L’abandon scolaire précoce, l’analphabétisme, les disparités régionales et l’inadéquation de la formation professionnelle au marché de l’emploi demeurent des défis à relever, et la Tunisie soutiendra toute initiative visant à corriger cette situation.

Une réappropriation des ressources est nécessaire avec la mise en œuvre de stratégies adéquates, surtout que plusieurs régions africaines continuent de pâtir de foyers d’insécurité, de conflit, d’instabilité et de crise.

M. Ammar a fait part de la volonté commune de mettre en avant une Afrique qui avance, qui regorge d’atouts et de potentialités, qui foisonne de talents, d’énergies, où une jeunesse enthousiaste innove, entreprend et force l’admiration et la réussite. Une Afrique en phase avec elle-même et avec son époque, et qui s’engage résolument sur la voie de l’émergence durable. 

Il a rappelé que, selon les pères fondateurs, l’idée de mettre en place l’organisation panafricaine obéissait d’abord à des motifs d’indépendance, de justice et d’intégration, de fraternité et de respect mutuel et de solidarité, et qu’il est de notre devoir d’être fidèles à ces idéaux. 

Il a saisi cette occasion pour réaffirmer le soutien tunisien inconditionnel au peuple palestinien frère, comme cela a été le cas pour les frères africains dans leur lutte contre la domination et la violence étrangères.

Au sujet de la migration irrégulière et de ses conséquences dramatiques, Nabil Ammar a déploré les campagnes de désinformation et de dénigrement dont la Tunisie est la cible dans sa gestion de ce fléau.

Il a indiqué que le traitement de ce phénomène est une responsabilité partagée et requiert une coopération étroite entre les pays concernés, dans le cadre d’une approche participative, globale et solidaire, ciblant de façon urgente les causes profondes de ce phénomène, pour identifier et dégager des solutions constructives, dans la dignité et le droit de tous, et dans le respect des normes nationales, régionales et internationales.

Le ministre Ammar a souligné que la Tunisie œuvre à assurer un retour volontaire des immigrés clandestins victimes des réseaux criminels dans des conditions humaines, en coordination avec les pays frères et les partenaires concernés.

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