« Récits d’Argile » à la chapelle Sainte-Monique -IHEC : 1.001 briques, la ville dans tous ses états

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Un projet artistique collaboratif qui a engagé la participation de plus de 500 intervenants, écoliers, étudiants, enseignants, ouvriers, habitants du lieu et participants divers, dans le but de créer un bas-relief mural fait de plus de mille briques sculptées, qui sera installé dans l’espace public sur les murs d’une placette de jeu dans le quartier de la Hafsia.

Questionner la matière, en faire un outil ludique, la détourner de sa fonction, rendre l’usuel artistique et partager sa vision du monde. Dans cette démarche-là vient Anne Francey réunir autour d’un projet participatif plusieurs populations.

Plasticienne, enseignante et directrice de projets artistiques participatifs. Elle expose régulièrement aux Etats-Unis, en Suisse et en Tunisie, et conçoit et dirige des projets artistiques collaboratifs à grande participation. En 2019, en partenariat avec le Centre national de céramique d’art de Tunis, et avec la participation de plus de 600 participants du nord au sud de la Tunisie, elle crée une fresque céramique murale intitulée 1.001 mains, installée de manière permanente sur la façade de la Maison de la culture Ibn Rachiq avenue de Paris à Tunis.

Cette fois-ci, elle est invitée par l’Enau (Ecole nationale d’architecture et d’urbanisme) pour un autre projet « Récits d’argile » pour lequel elle a également impliqué l’Association générale des insuffisants moteurs, l’Association tunisienne d’aide aux Sourds Nabeul, le Centre de défense et d’intégration sociale Mellassine, le Collège El Hafsia, la JCI et Mdinti, les Enfants  du quartier de la place rue Achour, l’Ecole supérieure des Sciences et technologies du design, l’Ecole supérieure d’architecture, d’audiovisuel et de design, le Lycée artistique El Omrane, l’Institut supérieur des Beaux-Arts de Tunis, plasticiens, architectes et invités.

Autour de la brique, cette unité qui évoque l’ensemble, Anne Francey a trouvé un attrait particulier à cette matière de base. Déjà dans la phase de modelage que dans la phase d’assemblage, cette brique, dont la fonctionnalité est prédéfinie et qui est associée par essence à une forme d’inachevé, a trouvé dans cet exercice une orientation nouvelle, une vie, une conception d’une ville rêvée, sublimée, une condition vécue, un ressenti qui reflète une réalité réprimée, parfois même souvent oppressante. L’argile, comme matière, l’argile comme pâte… Terme générique qui recouvre toutes sortes de terres argileuses, est le matériau le plus répandu sur terre et aussi le moins coûteux. Cela explique que, depuis des temps immémoriaux, il a été utilisé comme matériau de base pour les réalisations les plus diverses. L’ingéniosité humaine a tiré parti de l’argile et de la brique en développant des technologies adaptées en une chaîne opératoire complexe et dans des contextes géographiques variés.

C’est dans ce monde de la brique sous ses différents états, types usages et les multiples besoins qu’elle permet à l’homme de résoudre dans son environnement, géographiquement et chronologiquement, reste un matériau privilégié.

Et c’est ainsi que l’idée d’une dimension expérimentale et d’un projet collectif a pu naître, intégrant la direction artistique d’Anne Francey, artiste, plasticienne et céramiste, les briquetiers spécialistes du matériau, mais aussi les participants et les partenaires avec leur expérience propre,  ce qui a nourri et permis, « les mains dans l’argile », la naissance et l’accomplissement d’un projet nommé 1.001 briques, la ville dans tous ses états, et la création de ces Récits d’argiles, sans limites de thème ni de forme, avec la souplesse, la malléabilité et la spontanéité qui convient à ce matériau. Et c’est sur le parterre de la chapelle Sainte Monique, espace d’art et d’exposition de l’Ihec, que des ensembles de briques prennent des formes diverses, s’associent dans des dispositions révélatrices d’un imaginaire distinctif de chaque groupe, compact pour certaines, structuré pour d’autres. Chaque brique prend le souffle de celui ou celle qui la fait. A même le sol, elles sont vertes, bleues, blanches, oranges ou rouges, sa surface est pleine d’ouvertures qui accueillent des figurines et de petits personnages, elles sont aussi un piédestal pour une grenade, feuille ou formes hybrides.

Les représentations de la ville revêtent une multitude de formes avec une brillance qui les sublime et les élève au rang d’une céramique émaillée. Les couleurs deviennent éclatantes et la matière se laisse transformer en forme sculpturale. Un projet artistique collaboratif qui a engagé la participation de plus de 500 intervenants, écoliers, étudiants, enseignants, ouvriers, habitants du lieu et participants divers, dans le but de créer un bas-relief mural fait de plus de mille briques sculptées, qui seront installées dans l’espace public sur les murs d’une placette de jeu dans le quartier de la Hafsia.

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