Traitement médiatique des questions liées aux handicapés : Etre objectif, c’est toujours relatif !

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En vue de concrétiser de nombreux aménagements sociaux en faveur des personnes handicapées, quelle que soit la nature de leur handicap, il s’avère nécessaire pour les journalistes d’élargir leur champ de compétences, de mieux appréhender le handicap et pousser à la prise de décisions en leur faveur.

Clichés, métaphores mal filées, désignations erronées, voire dévalorisantes, se glissent vite au fil de la plume, il y a de quoi appeler les médias à un juste traitement des questions liées aux personnes handicapées, loin des stigmates et jugements de valeur.

Porter un handicap n’est pas une tare. Alors, il devient nécessaire de s’en rendre compte et savoir traiter avec cette catégorie sociale à besoins spécifiques. Dans le cadre de l’atelier de formation organisé, tout récemment, par l’Unesco, la formatrice Lamia Ben Hassine n’a eu de cesse de préciser la manière exacte de fixer un rapport sans jugement face à une personne handicapée, dans le cadre du programme qu’elle a mis en œuvre avec l’appui du Fonds onusien pour la population, intitulé : «Afin de parvenir à un meilleur accès des personnes handicapées, hommes et femmes, aux services et aux droits en Tunisie». Avec le concours également du Haut- Commissariat aux droits de l’homme, en coopération avec le ministère des Affaires sociales, ainsi que l’association Ibsar et l’association tunisienne de défense des droits des personnes handicapées.

L’image des handicapés dans les médias

L’atelier de formation a vu l’élaboration d’un guide des bonnes pratiques journalistiques en matière de traitement avec des personnes handicapées. Des conseils ont été prodigués dans ce sens. Alors, quelle est la réalité du terrain et la situation actuelle du handicap en Tunisie ? Quelle est la définition précise et l’étendue de la notion de handicap ? Comment l’aborder pour être, on ne peut plus, objectif ?

Du reste, l’approche journalistique est en pleine phase d’approfondissement au niveau des techniques exploitées ou à adopter, des connaissances à acquérir ou à renforcer dans ce qui constitue un guide des bonnes pratiques journalistiques. En effet, Ben Hassine a mis l’accent, deux jours durant, sur l’aspect psychologique dans toute sa dimension avant de communiquer sur le sujet dans le cadre d’un portrait, d’un reportage ou même un dossier. Des séances d’animation et d’interaction ont animé les séances de travail entre les groupes des journalistes de différents médias.

Pour le journaliste, il est question d’étendre son champ d’action, à même d’assurer le relais pour interpeller politiques et décideurs et les inciter à agir pour le bonheur de cette catégorie sociale si vulnérable et trop sensible aux difficultés d’intégration sociale et économique. En effet, ces handicapés, citoyens à part entière, représentent 1,3 milliard de personnes dans le monde, dont 70% d’entre eux sont au chômage. D’où, les journalistes doivent défendre leurs droits à l’emploi, afin de renforcer leur autonomie et d’améliorer, de la sorte, leur qualité de vie.

Une politique d’Etat promotionnelle

D’ailleurs, la politique de la Tunisie en matière de promotion des handicapés est citée en exemple. A preuve, la loi directive 2005/83 et la convention objective du 13 décembre 2006 constituent un cadre législatif censé préserver leurs droits et assurer leur intégration socioéconomique.

Le journaliste, si empathique soit-il, doit être plus sensible à l’infirmité de ces personnes à besoins spécifiques. Le droit à la différence est, en fait, une mise en situation d’infériorité face à la «norme sociale». Mieux vaut l’égalité des chances et l’inclusion. Dans le livre illustré «images de l’autre», du préjugé à l’exclusion, le manque d’empathie est vivement dénoncé. Autant de préjugés incrustés dans nos mentalités et notre lexique courant, pouvant surgir à n’importe quel moment. Ce travail vise à favoriser l’inclusion des personnes handicapées et à éliminer les discriminations, préjugés et autres stéréotypes les visant.

Recentrer le débat

Parlons-en ainsi, l’on doit recentre le débat et changer la manière d’aborder les sujets liés aux handicapés. En savoir plus sur leurs besoins et préoccupations est aussi de mise. Être altruiste, être bienveillant avec la personne handicapée va lui permettre de dépasser ses obstacles et lui redonner confiance en soi. «Il faut réfléchir à la place du handicapé», insiste la formatrice. Soit, mieux connaître ses obstacles sociaux, culturels et structurels, en prenant soin «du langage à adopter et les mots à éviter».

Somme toute, le traitement médiatique à l’égard des handicapés et les sujets y liés devait, également, obéir aux règles d’éthique professionnelle, dans la mesure où le journaliste est appelé à jouer son rôle informatif, sans verser dans l’émotionnel ou le sensationnel. Toutefois, être objectif, c’est toujours relatif !

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