Festival international de Hammamet, du 5 juillet au 3 août 2024 : De belles prémices !

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Othello en ouverture, Tinariwan, Nai Barghouti, Balti et Hooverphonic comme moments forts… En attendant la suite du programme…

La 58e édition du Festival international de Hammamet, qui se tiendra cette année du 5 juillet au 3 août, sera sous le signe de la célébration du 60e anniversaire de la création de l’amphithéâtre du centre culturel international de Hammamet et du festival dont la première édition a eu lieu en 1964.

Cette année-là, le Festival international de Hammamet a marqué son identité, un festival des arts de la scène, une ouverture sur le théâtre et un espace de découverte et rencontre avec une scène artistique et musicale alternative.

En ce temps-là, la troupe théâtrale de la Ville de Tunis, sous la direction de Ali Ben Ayed, a monté spécialement pour l’occasion «Othello» de William Shakespeare, une œuvre qui a réuni Jamil Rateb  (l’acteur égyptien) dans le rôle d’Othello, Mouna Nouredine dans le rôle de Desdémone et Ali Ben Ayed, qui a signé également la mise en scène, dans le rôle de Yago.

Pour marquer cet évènement dans les esprits et garder précieusement la mémoire de ce haut lieu de la Culture, l’ouverture du festival international de Hammamet sera, comme chaque année, théâtrale, avec une nouvelle version d’«Othello» écrite par Mohamed El Ouni et mise en scène par Hammadi Louhaibi. Cette 58e édition sera aussi marquée par quelques soirées de choix, une proposition qui augure d’un certain raffinement et d’un parti pris bien assumé.

Le spectacle musical «Takhayal» de Karim Thalbi, production du Théâtre de l’Opéra de Tunis, est un spectacle qui s’inscrit dans le cadre d’une recherche de l’esthétique de la musique tunisienne, selon une perspective dramatique et psychologique. Joué par l’Orchestre symphonique, accompagné du chœur et d’une pléiade d’artistes pour l’interprétation vocale et instrumentale, avec effets sonores électroniques et cinématographiques, «Takhayal», rêvé et conçu pour les grandes scènes, sera à la clôture de cette session.

Le groupe malien Tinariwen.

Côté chant, le choix s’est porté pour Balti, figure incontournable de la scène RAP tunisien et dont la carrière embrase l’international. Carole Semaha et Abir Neema figurent aussi au programme avec leur sensibilité et la finesse de leur répertoire. Parmi les moments forts de Hammamet 2024, la présence du groupe belge Hooverphonic, un groupe mythique qui a toujours brouillé les frontières entre les paysages sonores symphoniques et les chansons pop très contagieuses.

Un groupe qui aime sortir des sentiers battus et qui a perfectionné, au fil des décennies, son propre son, pour qu’il soit unique et immédiatement reconnaissable. Il sera présent sur la scène de Hammamet avec son nouvel album sorti en début d’année «Fake Is The New Dope» dans lequel le groupe se lance vers un univers inconnu qui s’inspire de la musique électronique des années 90. Le hip-hop old-school, la musique de club et le trip-hop ont notamment influencé cet opus énergique, éclectique et, aussi, mélancolique avec des guitares tordues, des breakbeats et des cordes luxuriantes.

Une grande soirée attend le public de Hammamet, celle du groupe Tinariwen. Le Blues du désert a ses fans en Tunisie et ce groupe légendaire en est la figure de proue qui, depuis plus de cinquante ans, chante sa culture écrasée et morcelée entre six Etats. Il chante la plénitude et l’amour des dunes et de son souffle. Admiré par les chanteurs de Radiohead ou de Lep Zepplin, le groupe a été disques d’or en France et en Angleterre et s’apprête à entamer une tournée mondiale avec un blues résilient, toujours mélancolique mais également porteur de transe et d’espoir. Une forte présence de la Palestine est aussi au programme de cette édition à travers Nai Al Barghouti. Chanteuse, compositrice et flûtiste, l’artiste palestinienne porte son identité et son talent de scène en scène avec une parfaite maîtrise technique du chant arabe et un charisme révélé très tôt, lors de ses études musicales au Conservatoire national palestinien Edward Said.

Nai Al Barghouti, qui vit entre la Palestine et les capitales européennes où elle étudie, se produit sur les plus grandes scènes internationales. Elle s’inscrit dans un mouvement de fusion inspiré par d’autres divas comme Fayrouz et par une connaissance poussée du patrimoine musical arabe et de la culture musicale occidentale. Nai Barghouti est le visage d’une Palestine qui résiste et marque de sa présence un beau moment d’art et de lutte.

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