Dimanche Sport : L’émission qui doit rester au-dessus de la mêlée !

72

 

Devant l’explosion du nombre des médias qui se battent pour alimenter et faire la Une de l’actualité sportive, l’audiovisuel public ne doit pas entacher son rôle et son image d’acteur-phare d’une matière sobre, objective et crédible.

Grâce au sage consensus trouvé après plusieurs années d’un bras de fer (qui n’avait pas ses raisons d’être) et à l’accord réaliste et raisonnable concrétisé dans une nouvelle convention d’attribution des droits de retransmission des matches du championnat de Ligue 1 et des matches de l’équipe nationale à la Télévision nationale, l’audiovisuel public sportif a effectué un grand retour sur scène. La réapparition après une longue absence de l’émission télévisée sportive la plus populaire dans le pays, en l’occurrence Dimanche Sport, a été une grande bouffée de soulagement pour un grand public resté longtemps assoiffé pour avoir choisi de fuir les ambiances assez surchauffées des débats sportifs, souvent trop passionnés au point d’être houleux, sur une majorité de plateaux de chaînes privées.

Celles-ci ont choisi de faire de la polémique, du buzz et du show (mauvais) leur marque de fabrique pour se disputer le taux d’audience le plus élevé et le score de popularité le plus large et s’attirer les meilleurs sponsors et l’argent facile. Cette émission sportive sur la chaîne publique, forte de son monopole, doit en profiter pour être le cœur et les poumons de cette actualité, la grande référence et le bon exemple à suivre.

Elle n’a pas à chercher à être concurrente des autres médias, à emprunter les mêmes méthodes parfois répugnantes pour gagner en audience. Son seul leitmotiv et objectif primordial doit, au contraire, être le souci et le travail constant pour gagner en crédibilité et en confiance

Signal d’alarme 

L’émission consacrée à la couverture du match de l’équipe nationale contre la Namibie a dérogé à cette règle et a même dérapé. Une erreur stratégique a été commise avec ce basculement vers la polémique, l’acharnement aveugle sur le staff technique et le lynchage de joueurs qui n’ont pas été dans leur meilleur jour au niveau prestation, mais qui se sont battus pour rentrer avec un moindre mal qu’est le point du nul qui nous maintient comme postulant favori pour arracher un troisième billet consécutif pour une phase finale de Coupe du monde. Le dérapage est venu des présents sur le plateau comme consultants et chroniqueurs. Ils n’ont pas fait dans la dentelle pour tout peindre en noir, comme s’ils étaient des exemples-référence et donneurs de leçons légitimes avec leur petit vécu et leur très modeste palmarès comme anciens joueurs ou ex-entraîneurs. C’est très facile devant un micro ou une caméra de céder à la tentation de vouloir casser toute la baraque et de faire tomber tout le toit. C’est de la pure théorie qui ne demande ni talent ni génie. Sur le terrain, les entraîneurs et les joueurs n’ont pas cette même facilité d’analyse et de lecture de jeu pour sortir un grand match et battre un adversaire de qualité qui possède les mêmes chances de succès. C’est un autre combat qui n’a rien à voir avec un simple débat. On n’a pas vu les plateaux télévisés algériens dépasser la ligne rouge après la défaite à domicile de l’Algérie devant la Guinée. Ils ont fait l’analyse de ce revers avec un esprit positif et constructif et sont restés derrière la sélection. Celle-ci s’est rachetée avec une victoire à l’extérieur sur l’Ouganda. En Egypte, ça n’a pas été la grande colère et la vague de polémiques après le nul laborieux des Pharaons avec la Guinée-Bissau. En France, les médias français, pas tendres après un revers, savent être à fond avec l’équipe de France même après ses piètres sorties. Oui, quand il s’agit de l’équipe nationale, il n’y a aucune honte pour le commentateur sportif s’il met le costume ou la casquette de supporteur en place de celle du journaliste pour la soutenir. La réussite de l’équipe nationale et sa qualification à une phase finale de Coupe du monde sont sportivement et économiquement salutaires pour le football tunisien. L’audiovisuel public sportif n’a pas à rougir en se rangeant, avec subtilité, dans le camp des supporteurs de l’équipe de Tunisie pour l’aider à dépasser ses difficultés actuelles et en cherchant à être la locomotive d’une matière qui va dans l’intérêt de la nation. Dimanche Sport devra, dans ses prochaines émissions, tenir compte du signal d’alarme déclenché par l’émission du 9 juin et éviter de retomber de nouveau dans l’analyse aveugle et les flots de critiques virulents avec les mêmes figures du passé qui n’ont rien à donner ou à proposer de concret pour construire l’avenir. Quitte à changer de chroniqueurs car le public de téléspectateurs commence réellement à en avoir ras le bol.

Laisser un commentaire