Société Ellouhoum-El Ouardia : 500 moutons vendus par jour

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Le directeur général de la concurrence au ministère du Commerce, Houssemeddine Touati, a confirmé ces dernières révélations sur le succès du point de vente d’El Ouardia, à Tunis, en attestant d’une vente quotidienne de 500 têtes d’ovin par jour. Alors boycott ou pas boycott ?

Dernièrement, Houssemeddine Touati, directeur général de la concurrence au ministère du Commerce, a affirmé, sur les ondes d’une radio, que le point de vente des moutons de l’Aïd à la Société Ellouhoum d’El Ouardia connaît une grande affluence avec des ventes ayant dépassé les prévisions.

Le mouton à 21,900 dinars le kilo vif

Touati a souligné que plus de 2.000 têtes ont été vendues,en deux jours depuis l’ouverture de ce point de vente samedi dernier. Il a ajouté à La Presse que 500 moutons, en moyenne, sont vendus par jour, suivant son cours cette semaine. Cette opération se poursuivra jusqu’à aujourd’hui 15 juin, soit la veille de l’Aïd. D’après lui, une organisation rigoureuse et un approvisionnement progressif sont l’apanage de ce point de vente avec la possibilité que les quantités de bétail à la vente soient augmentées. Il a confirmé les prix fixés autour de 21,900 dinars le kilo vif, conformément aux recommandations du ministère de l’Agriculture. Le responsable a également précisé que la société Ellouhoum gère deux espaces de vente à El Ouardia, le premier appelé traditionnellement «rahba» avec une vente en gros et non à la pesée du mouton. Ce fut, d’ailleurs, comme auparavant. Un autre espace, aménagé ces dernières années, est destiné  à la vente à la pesée du mouton, à 21,900 D le kilo vif.

A noter que la gestion et l’organisation de ce point de vente sont fort appréciées, de par l’offre étudiée et la transparence des prix fixés. Un tel mode de régulation du marché ne date pas d’aujourd’hui. D’où l’intérêt qu’il y a à le généraliser, afin d’en finir avec la spéculation. Preuves à l’appui, une affluence massive  a été enregistrée, les tout premiers jours, à ce point de vente. A telle enseigne que la société Ellouhoum s’est excusée sur sa page Facebook « de pareilles circonstances organisationnelles» dans laquelle s’est déroulée l’opération d’achat du mouton de sacrifice.

Tous sont numérotés

Touati a également déclaré que tous les moutons sont numérotés, que le consommateur reçoit une facture garantissant ses droits et que les prix à El Ouardia ont contribué à réguler le marché. M. Tarek Ben Jazia, P.-d.g. de la société Ellouhoum, avait, auparavant, confirmé cette forte affluence sur ce point de vente, assurant que le stock de moutons de sacrifice est largement suffisant, à même de pouvoir répondre aux besoins des citoyens, jusqu’à aujourd’hui, samedi. Le mouton du sacrifice n’est plus, semble-t-il, à la portée des bourses moyennes des Tunisiens. Fallait-il en venir jusqu’à reporter cette tradition sacrée? L’idée ne semble pas aussi farfelue, étant donné que le Maroc, pays voisin, a eu, par le passé, recours à cette stratégie avec 3 années consécutives « sans aïd» pour sortir de la crise économique aiguë, à l’instar de celle que vit la Tunisie actuellement. Ainsi, il aurait sans doute fallu sortir des sentiers battus et envisager une démarche exceptionnelle mais bénéfique pour les bourses tunisiennes et les dépenses sur le budget de l’Etat de plus en plus exsangues.

Du reste, l’idée de reporter le sacrifice du mouton en Tunisie dépend étroitement des directives des autorités compétentes. Tout porte à croire qu’elle ne pourrait guère tenir la route. Néanmoins, le boycott implicite risque de prendre le dessus dans la plupart des foyers et des ménages tunisiens. C’est que, selon une source digne de foi, le nombre de Tunisiens qui sacrifient un mouton le jour de l’Aïd El Idha est en train de reculer, passant de 60 à 80% de familles n’ayant pas égorgé un mouton, à cause de la cherté de la viande ovine sur le marché local.

Messages de boycott

En cause, sur les réseaux sociaux, des messages fusaient de toute part : « Boycotter le mouton de l’Aid, ça épargne le maigre cheptel du pays et la poche du pauvre citoyen qui n’a pas les moyens d’acheter le mouton de l’Aïd. Et si les autorités décidaient d’annuler la célébration, les moins aisés auraient été soulagés de l’obligation de s’endetter pour accomplir le rite. De même, beaucoup de familles vont se saigner aux quatre veines pour faire comme les autres et acheter le mouton du sacrifice..». Certains vont jusqu’à contracter des crédits à la consommation pour acquérir la belle bête ou encore sacrifier tout un salaire pour ne pas perdre la face devant leurs proches. Les Tunisiens hésitent à acheter des animaux de sacrifice. Ce n’est un secret pour personne que la célébration de l’Aïd El Idha en Tunisie est devenue limitée à une certaine catégorie sociale. Pour acheter, le tunisien doit emprunter à la banque ou recourir à l’endettement. « Le sacrifice dépasse même le montant d’un salaire…», c’est ce qu’a, d’ailleurs, conclu le président de la Chambre nationale des bouchers.

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