La FTF a nommé Faouzi Benzarti nouveau sélectionneur national : Insuffisances de fond et de forme

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Au-delà de la pertinence ou non de cette décision, c’est un ensemble de questions restées sans réponses, et surtout ce flou incessant autour des futures élections, qui dérangent.

Tout le monde a parlé de cette décision surprenante de nommer Faouzi Benzarti à la tête de la sélection. La plupart saluent ce pas franchi par le bureau fédéral sortant mais qui dirige encore le présent et l’avenir de la sélection. Sauf qu’à tête reposée et en regardant cette question avec réflexion et sous tous les angles, on peut se poser des questions et déceler de graves «irrégularités» et incohérences de la part de Wassef Jlaïel et ses collègues qui sont en train de jouer un jeu dangereux et qui multiplient les erreurs depuis leur échec flagrant à tenir les élections.

Benzarti : un contrat sans durée!

Alors que son club jouait et qu’il le dirigeait sur le banc, Benzarti est nommé sélectionneur. Mais justement, le texte officiel de la FTF ne renvoie sur aucune durée du contrat. Benzarti est sélectionneur pour 6 mois, un an, deux ans?  C’est un mystère. Pour une fédération qui se respecte, un contrat sans durée, c’est un acte de débutant. Et on sait bien que, finalement, et dans ce flou artistique sur le statut du bureau fédéral (il va avoir une autre prolongation de la Fifa ou non), et aussi ce flou sur les prochaines élections, on ne pouvait pas fixer une durée exacte au bail. C’est ouvert, c’est un accord qui suppose deux hypothèses : ou Wassef Jlaïel, soutenu par le ministère des Sports, est sûr de briguer le prochain mandat, c’est pourquoi il s’est aventuré à décider alors qu’il se trouve dans une situation précaire, ou il a mis le prochain bureau fédéral devant le fait accompli avec des élections qui peuvent tarder, alors que les échéances seront urgentes à partir de septembre. La nomination  de Benzarti et de Ben Younès rentre alors dans ce cadre, c’est-à-dire que Wassef Jlaïel a brouillé les cartes et a profité de ce vide et de cette incapacité à tenir des élections, pour «imposer» Benzarti. C’est le même cas que Néji Jouini, désigné par Jlaïel pratiquement dans les mêmes circonstances.

On a alors contourné les règles de coutume et le bon sens pour décider de la prochaine saison et aussi pour la sélection. Et si un nouveau bureau fédéral élu n’est pas convaincu par Faouzi Benzarti, que va-t-on faire à ce moment?

Le CA et l’OB lésés

Ce qu’a fait Wassef Jlaïel est un manque de respect flagrant et impardonnable à l’égard du CA et de l’OB. Benzarti dirigeait le match devant le ST, et à ce moment, il avait la tête au siège de la FTF, alors que ses dirigeants n’avaient pas été alertés. C’est un débauchage tout simplement, même s’il s’agit de l’équipe nationale et de l’intérêt national (chacun a sa propre perception de ce qu’est l’intérêt national). Le CA, club en crise, a besoin de plus de considération de la part de Wassef Jlaïel, parce que Benzarti était sous contrat et a encore la Coupe de Tunisie à disputer.

Ainsi, il aurait fallu demander l’avis du CA avant de décider, car le consentement de Benzarti est, dans ce cas, faillible et condamnable. Il est en de même pour Imed Ben Younès qui entraîne l’OB et qui devait respecter lui aussi le club qu’il  a mis en valeur après avoir été limogé par l’ESS. Cette nomination est entachée de vices de forme à l’égard de ces deux clubs.

Que vaut-il actuellement ?

Après son fiasco au WAC (il n’avait plus d’autorité sur les joueurs-cadres) qui n’est pas expliqué seulement par le chaos administratif du club marocain, Benzarti a plongé sur la première occasion venue, le CA.

Pour un entraîneur gagneur oui, autoritaire oui, mais qui, depuis quelques années, perd la main et préfère prendre une équipe pour quelques mois, et qui n’est plus aussi efficace qu’avant, le CA était l’aubaine rêvée pour prouver à lui-même et aux autres qu’il est encore là : sauf qu’au moment où les choses devenaient difficiles pour lui, surtout après un derby qu’il a très mal géré (Il a ordonné à ses joueurs de presser haut et d’une manière désordonnée une EST qui ne demandait que cela), il a été «sauvé» par cette main tendue par Wassef Jlaïel. Est-ce vraiment le meilleur choix ? Un entraîneur, ce n’est pas un CV et une réputation, c’est ce qu’il vaut à l’instant T. Ce sont aussi ses expériences passées avec le club qu’il prend.

Pour cette sélection, Benzarti a dit qu’il ne sait pas pourquoi il a été limogé de la sélection en 2018, après 2 matches, par Wadi El Jary.

Là, il esquive les faits, parce qu’il sait bien pourquoi El Jary l’a remercié et ce dernier ne pouvait pas faire autrement. Face au Niger, l’actuel, et ex-sélectionneur, a eu plus qu’un «clash» et plus qu’une dispute avec les cadres de la sélection surtout à la mi-temps. Il voulait intimider à sa manière des joueurs expatriés habitués à plus de respect là où ils jouent, et ça n’a pas marché. Sa conduite a été rejetée, et c’est pourquoi il n’a pas fait un long bail.

Maintenant, Benzarti a encore les mêmes cadres à forte personnalité. Va-t-il changer de conduite et arrêter avec ce style exagéré pour faire croire aux supporteurs qu’il maîtrise son groupe ? Au CA, il ne semble pas changer de devise: hurleur, furieux, imprudent dans ses choix. Mais devant les stars de la sélection et ces expatriés qui vivent dans le haut niveau, il devra «baisser pavillon». Cela, s’il va rester d’ici les matches de la sélection en éliminatoires de la CAN et du Mondial. Un scénario pas improbable du tout, lui habitué à venir et à partir à tout moment.

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