Laurent Franciosi, représentant de la Caisse des Dépôts et des Prêts italienne : “Il est de notre devoir de travailler main dans la main avec la Tunisie pour une prospérité commune”

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Le responsable italien a affirmé que trois secteurs clés définissent l’avenir de la collaboration tuniso-italienne. Il s’agit de l’énergie verte, la sécurité alimentaire et du soutien aux PME.

Intervenant lors de la session plénière “accélérer l’investissement étranger en Tunisie : réformes et opportunités”, le responsable des affaires internationales à la Caisse des dépôts et de consignation italienne (CDP), Laurent Franciosi, a mis l’accent sur le rôle central que devrait jouer la région méditerranéenne dans le renforcement de la résilience des chaînes d’approvisionnement européennes. “Les changements au niveau mondial ont souligné le rôle central du continent africain, en particulier de la région méditerranéenne, qui est devenue cruciale pour renforcer la résilience de nos chaînes d’approvisionnement. Et en même temps, elle est devenue un centre de nouvelles opportunités”, a-t-il affirmé. Il a ajouté que ce contexte international, marqué par les crises géopolitiques ayant entraîné des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, a alimenté des mouvements de relocalisation des productions stratégiques, notamment vers les régions géopolitiquement stables, désormais baptisées Havre de paix.

La Tunisie : point de résilience pour les chaînes d’approvisionnement européennes

D’après Franciosi, la Tunisie occupe une place assez remarquable dans cette réorientation stratégique, notamment au vu de ses divers atouts, tels que son espace industriel, son réseau d’infrastructures, son écosystème innovant, la qualité de sa manœuvre ainsi que sa familiarité déjà profonde avec les entreprises européennes et italiennes en particulier. Il a indiqué que ces développements récents ont non seulement renforcé le commerce bilatéral entre la Tunisie et les pays européens, mais ont aussi encouragé des opportunités, même lors des récents chocs économiques et commerciaux. “Mais malgré son potentiel, le continent va encore faire face à d’importants défis économiques et sociaux.

Dans ce contexte, la coopération conjointe devient essentielle pour soutenir le développement économique et infrastructurel durable à travers des investissements accrus et avec des instruments financiers innovants.

Et ces objectifs s’alignent, bien sûr, sur les priorités stratégiques du gouvernement italien, comme en témoigne le leadership à la présidence du G7, mais aussi à travers la mise en œuvre du plan Mattei-Afrique”, a-t-il poursuivi.

Franciosi a rappelé que le plan Mattei repose sur un partenariat collaboratif garantissant que tous les acteurs impliqués bénéficient d’une relation équilibrée avec une dotation de 55 milliards d’euros pour encourager les investissements.

La coopération économique sera, selon ses dires, sur un pied d’égalité avec une pleine participation des pays concernés. Il a ajouté que, dans ce cadre, la Tunisie joue un rôle très important, d’autant plus que les deux pays partagent une longue histoire formée de grands projets industriels et d’importants programmes de partenariat. “Et avec nos partenaires institutionnels tunisiens, comme le ministère de l’Economie, le ministère des Finances, la Banque centrale, la Caisse et les dépôts de consignation, nous partageons une perspective commune qui allie une vision à long terme.

La discipline financière, dont le gouverneur de la BCT nous a parlé, a un rôle contre-cyclique qui aide nos économies à croître”, a-t-il précisé.

Un partenariat qui perdure

Le responsable italien a enchaîné en mettant l’accent sur les secteurs clés autour desquels s’articule l’avenir de la collaboration tuniso-italienne. Il s’agit de l’énergie verte, de la sécurité alimentaire et du soutien aux PME. En ce qui concerne la durabilité énergétique, Franciosi a évoqué les principaux projets d’infrastructures énergétiques qui lient les deux pays, tels que le gazoduc et le câble électrique Elmed qui sont destinés, d’après lui, à améliorer la stabilité et la durabilité des approvisionnements énergétiques mutuels. “Ces projets nous garantissent non seulement moins de dépendance envers les combustibles fossiles à l’avenir, mais soutiennent également la stabilité économique”, a-t-il commenté.

Il a ajouté que, sur le plan sécurité alimentaire, l’ambassade italienne est en train de mettre en place des initiatives conjointes portant sur l’amélioration des pratiques agricoles en Tunisie qui sont financées par le Fonds italien pour le climat, et ce, dans l’objectif de promouvoir des systèmes agricoles résilients, particulièrement dans un contexte marqué par des défis liés à la variabilité climatique.

Quant à l’appui aux PME, Franciosi a fait savoir que des instruments financiers ciblés, y compris l’activation des fonds disponibles de l’Union européenne et la collaboration bilatérale, sont mis à disposition pour faciliter l’accès des PME tunisiennes au capital, tout en fournissant éducation, formation et transfert technologique. “Notre engagement financier et opérationnel en Tunisie est un exemple tangible du rôle de l’Italie et de CDP dans la Méditerranée, comme en témoigne, par exemple, la ligne de crédit de 55 millions d’euros pour les PME tunisiennes signée le 17 avril entre CDP et la Banque centrale de Tunisie, qui s’ajoute à une autre ligne de crédit de 55 millions lancée en 2020, ainsi qu’à l’appui budgétaire de 50 millions d’euros en cours d’activation.

Cette dernière ligne de support direct au budget de l’Etat se base sur un plan de réforme, ce qui veut dire que l’Italie et CDP soutiennent clairement le plan de réforme économique, sociale de la Tunisie”, a-t-il indiqué.

Il a ajouté que la Caisse de dépôt et de consignation italienne CDP peut, par ailleurs, établir des partenariats de long terme avec les entreprises italiennes et tunisiennes en tant qu’institution de financement et de développement, pour collaborer avec les autorités tunisiennes et tous les partenaires internationaux sur les grandes thématiques, telles que le changement climatique, la migration, les disparités socioéconomiques, et ce, à travers les investissements ciblés dans les grandes infrastructures. “Je pense que la synergie entre tous les acteurs, qui sont présents aujourd’hui, met en évidence la nécessité d’une approche intégrée. Pour sa part, CDP ressent une profonde responsabilité. En tant qu’institution de financement et de développement, nous sommes bien conscients que notre rôle dans la promotion des investissements, en coopération avec nos partenaires, peut faire la différence.

Et en tant qu’Italiens, nous estimons qu’il est de notre devoir, pour des raisons historiques et culturelles, de travailler main dans la main avec la Tunisie pour une prospérité commune”, a-t-il conclu.

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