Programme d’accélération «Growth’act» : Les jeunes se sentent pousser des ailes

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La deuxième édition du «Démo day» du programme «Growth’act» qui a eu lieu récemment, à Tunis, en présence d’investisseurs, de «Business Angels» et de startuppeurs, est un événement exclusivement dédié aux startup retenues dans le cadre de ce programme d’accélération qui est une initiative financée par l’Agence française de développement et mise en œuvre par l’incubateur privé «Wikistartup» avec l’appui de la CDC et s’est tenue dans une ambiance festive et chaleureuse.

Durabilité, innovation et créativité

Sortant des sentiers battus, ce «Démo day» s’est déroulé, selon un concept peu commun. Une vingtaine de startup bénéficiaires opérant dans des secteurs très diversifiés ont été regroupées par thématique : durabilité, innovation et créativité. Les invités, qui sont pour la plupart des bailleurs de fonds et des «Business Angels», ont pu découvrir chaque stand où le startuppeur présentait et expliquait son idée.

Si l’invité éprouve de l’intérêt pour le projet, il pouvait alors le valider en apposant un tampon vert sur «son passeport», un document fictif créé exclusivement pour les startup bénéficiaires du programme «Growth’act».

«Les startup ont été regroupées selon des critères communs même si elles ne sont pas issues du même secteur d’activité. Par la suite, l’invité peut rencontrer directement l’entrepreneur, parler avec lui, poser des questions, etc. Et pour les impliquer un peu plus dans ce processus, on a mis en place ce concept de tamponnage des passeports», a expliqué, dans une déclaration à La Presse, la directrice de programme à «Wikistartup», Syrine Mhiri.

Selon Mohamed Salah Frad, directeur général de «wikistartup», l’idée du programme est née d’un besoin exprimé par les startup d’aller vers le marché international. «Ces startup manquaient de moyens, de savoir-faire pour pénétrer de nouveaux marchés internationaux. Et donc on s’est dit, pourquoi ne pas mettre en place un programme d’accélération qui sera axé sur l’internationalisation. Et on a sélectionné une vingtaine de projets que nous avons accompagnés grâce à l’appui des bailleurs de fonds», a-t-il souligné.

Et le directeur de l’incubateur d’ajouter : «Cet accompagnement leur a donné une façon de voir les choses, d’agir pour aller sur ces marchés-là. Et aujourd’hui c’est le couronnement de tout un programme parce que toutes ces startup sont en train d’exposer ce qu’elles ont pu faire et aussi de rencontrer des bailleurs de fonds, des investisseurs, des «Business Angels»… pour discuter avec eux et interagir. Le monde des startup doit être ouvert par essence. Et donc on est toujours dans cette ouverture, aussi bien à l’international, mais aussi en matière d’interaction avec des investisseurs potentiels»

Chaque histoire est un succès

Selon les témoignages des invités, la «Démo day» a rencontré un franc succès auprès des participants. C’est, en tout cas, ce qu’a affirmé, Olfa Soukri, co-fondatrice de l’incubateur Hammamet «Valley hub». «Ce qui est sympa dans «Growth’act», c’est que le format n’est pas habituel. On a des gates répartis selon trois axes : la durabilité, la créativité et l’innovation. L’idée c’est que pour pouvoir networker et reconnaître ces projets, les startuppeurs ne vont pas pitcher dans une salle face à tout le monde, mais ils vont vous raconter l’histoire. C’est vraiment du «one-to-one». S’ils nous ont convaincus, on va tamponner un passeport. L’idée est de voir s’il y a encore quelque chose à améliorer ou s’il y a des choses à refaire», a-t-elle expliqué.

Intéressée par l’idée de la startup spécialisée en tourisme Reza Privé, Olfa Soukri n’a pas hésité à tamponner le passeport de cette dernière.

«C’est une plateforme qui fait aussi bien du B2B que du B2C. Et ce qui est bien, c’est qu’elle braque les lumières sur l’artisanat, parce que nous avons un riche patrimoine et malheureusement, les touristes ou même les Tunisiens n’entrent pas en contact avec les artisans. Et là j’ai vu qu’ils mettaient des produits en phare tout en mettant l’accent sur l’art artisanal», a-t-elle ajouté.

Selon les organisateurs de l’événement, une deuxième version de «Growth’act» est actuellement en cours de préparation. En effet, l’incubateur «Wikistartup» vient de signer avec l’AFD un autre projet «Qawafel» qui vise à accompagner les startup dans leur processus d’internationalisation en Afrique, notamment au Sénégal et au Kenya. «C’est une autre opportunité pour les startup pour aller sur ces marchés, les comprendre, trouver des partenaires éventuels, étendre leurs activités sur ces terrains avec lesquels nous ne sommes pas assez familiarisés. Mais avec l’assistance de nos programmes, ils vont être balisés et les startup peuvent aller sur ces marchés. Et c’est l’essence même d’une startup, elle doit être internationale ou elle ne l’est pas», a souligné Frad.

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