Résultats de l’Afrobaromètre sur la perception des Tunisiens du changement climatique: Une réalité ressentie, mais encore méconnue

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Une enquête Afrobarometer a été menée par l’institut spécialisé en études marketing et sondages d’opinion « One to One for research and polling » pour prendre le pouls des citoyens sur la question du changement climatique. Réalisée entre le 25 février et le 11 mars de l’année en cours auprès d’un échantillon représentatif, l’enquête a permis de comprendre la perception des Tunisiens sur un phénomène grandissant et dont les conséquences ne passent plus inaperçues.

Malgré ses effets néfastes de plus en plus ressentis par les familles tunisiennes, le changement climatique demeure un phénomène peu vulgarisé dans la société.

C’est ce qui ressort en somme de la récente enquête Afrobarometer qui a été menée par l’institut spécialisé en études marketing et sondages d’opinion « One to One for research and polling » pour prendre le pouls des citoyens sur la question du changement climatique. 

Réalisée entre le 25 février et le 11 mars de l’année en cours auprès d’un échantillon représentatif, l’enquête a permis de comprendre la perception des Tunisiens sur un phénomène grandissant et dont les conséquences ne passent plus inaperçues.  En effet, 77% des répondants affirment que les épisodes de sécheresse se sont aggravés au cours des dix dernières années et plus de 54% d’eux estiment qu’il en va de même pour les mauvaises récoltes. Cependant, la majorité des Tunisiens s’inquiète peu des inondations, un phénomène qui, selon eux n’a pas beaucoup évolué.

La lecture des chiffres selon les régions montre que l’impact de la récurrence des épisodes de sécheresse pèse plus lourd sur les régions du Centre-Ouest (92%), Nord-Ouest (85%) et du Sud (86%) où les habitants expriment clairement leur inquiétude quant à la gravité de ce phénomène.

Une comparaison avec les résultats de la vague 2018 de la même enquête montre que la sécheresse est devenue une problématique préoccupante pour les Tunisiens puisque le pourcentage des citoyens qui affirment l’accentuation de ce phénomène était de 45% seulement.

 Les pays développés tenus pour responsables 

Paradoxalement, le changement climatique demeure une notion méconnue pour les Tunisiens. Le taux des répondants ayant affirmé en avoir entendu parler n’est que de 37%. Ce chiffre passe à 45% pour la tranche d’âge 18-35 ans et à 49% pour les répondants ayant un niveau d’instruction postsecondaire, ce qui souligne que les jeunes représentent la population la plus sensible à cette problématique, mais aussi que le changement climatique demeure un concept peu vulgarisé au sein de la société tunisienne. 

Par ailleurs, l’enquête révèle que les Tunisiens perçoivent le changement climatique comme étant un phénomène subi et causé par des facteurs externes auxquels ils n’ont pas contribué. 80% d’eux estiment que les individus, les entreprises et les gouvernements des autres pays en sont les principaux responsables et 61% considèrent que la lutte contre les changements climatiques incombe aux pays riches et développés.

Parmi les Tunisiens qui sont informés des changements climatiques, 75% veulent que le gouvernement prenne des mesures urgentes pour les limiter. De fortes majorités de répondants sont d’accord que le gouvernement investit dans l’amélioration des infrastructures (96%), qu’il fasse pression sur les pays riches pour qu’ils fournissent des ressources d’aide (85%) et qu’il investisse dans les énergies durables. Aussi, les résultats révèlent que les changements climatiques commencent à impacter le mode de vie des familles tunisiennes : 55% des répondants affirment avoir changé la source ou réduit la quantité d’eau utilisée, 35% ont déjà modifié leurs habitudes de pâturage ou réduit le nombre ou le type de bétail, 24% ont modifié les types de leurs cultures ou les aliments qu’ils consomment et 8% ont déménagé à cause du changement climatique. Sept Tunisiens sur 10 affirment que le gouvernement doit trouver de meilleurs moyens de gestion des ressources en eau plutôt que de rationner l’offre.  

Des chiffres qui soulignent, en somme, que les effets des changements climatiques sont devenus une réalité vécue par les Tunisiens, bien qu’ils ne soient pas encore pleinement conscients de ce phénomène. 

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