
Finance
La politique tarifaire de Trump menace les paradis fiscaux
À travers sa politique tarifaire, le locataire de la Maison Blanche veut clairement faire revenir au bercail les entreprises américaines et attirer l’ensemble des entreprises qui veulent le marché américain à s’installer aux Etats-Unis.
Depuis plusieurs décennies, l’Irlande, par exemple, attire des entreprises et particulièrement les big Pharma (industrie pharmaceutique) grâce à une taxation faible (12,5 %, contre 21 % aux Etats-Unis). La nouvelle politique protectionniste de Donald Trump pourrait bien changer la donne et obliger ces entreprises à revoir leurs feuilles de calculs.
En gros, la stratégie de Trump est d’opérer des baisses d’impôts aux États-Unis et augmenter en même temps les taxes sur les importations. D’un côté, il réduit l’impôt sur les entreprises établies sur le territoire américain et rend du coup son pays plus attractif et, de l’autre, en taxant à tour de bras, il rend plus coûteux toute production à l’étranger des entreprises qui veulent vendre aux pays de l’oncle Sam.
Industrie automobile
Un secteur qui va mal
Une quinzaine de constructeurs automobiles, parmi lesquels Volkswagen, Renault-Nissan, Stellantis, Ford, BMW ou encore Toyota, écopent d’une amende importante de 458 millions d’euros. Un couperet que fait subir l’UE, pour « entente sur le recyclage des automobiles ».
Pendant 15 ans (de 2002 jusqu’en 2017), à travers l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA, un lobby en réalité), ces entreprises se sont entendues « pour éviter de payer des services de recyclage » pour les véhicules en fin de vie.
Ces entreprises se sont concertées pour ne pas rémunérer les centres de démontage et pour limiter la communication sur l’utilisation de matériaux recyclés dans les nouveaux véhicules, empêchant ainsi les consommateurs de considérer ces informations environnementales lors de l’achat.
Ils se sont mis d’accord pour ne pas payer les centres de démontage pour le traitement des véhicules hors d’usage (VHU). Plus précisément, ils ont estimé que le recyclage des VHU était une activité suffisamment rentable et ont donc décidé de ne pas rémunérer les centres de démontage pour leurs services, une approche appelée « stratégie du coût de traitement zéro ». De plus, ces entreprises ont échangé des informations commerciales sensibles sur leurs accords individuels avec les centres de démontage et ont coordonné leur comportement à leur égard.
Elles ont également convenu de ne pas mettre en avant la part d’un VHU pouvant être recyclée, valorisée et réutilisée, ni la quantité de matériaux recyclés intégrés dans les voitures neuves. Leur objectif était d’empêcher les consommateurs de prendre en compte ces informations dans leur choix de véhicule, afin de limiter la pression sur les constructeurs pour aller au-delà des exigences légales.
Commerce international
La Chine, le Japon et la Corée préparent une riposte
Même si, pour le moment, aucune décision n’a été prise dans ce sens, la Chine veut discuter avec ses voisins, le Japon et la Corée du Sud, des mesures de rétorsion possibles face aux politiques tarifaires de Donald Trump, mais aussi d’une meilleure intégration régionale pour limiter l’effet Trump.
Les voisins, dont les rapports n’ont pas toujours été au beau fixe, ont discuté en fin de semaine dernière lors de leur première rencontre du genre depuis 5 ans.
Concrètement, la Chine voudrait bien importer plus de de produits liés aux puces électroniques en provenance du Japon et de la Corée du Sud, et ces derniers aimeraient bien accéder à ce que la Chine fait le mieux en ce moment, à savoir les matières premières pour la production de semi-conducteurs.
Les trois pays restent des partenaires commerciaux majeurs des États-Unis, avec des excédents qui battent des records, année après année. Le Japon et la Corée du Sud figurent parmi les plus grands exportateurs de voitures et d’acier vers le marché américain, ce qui creuse le déficit commercial avec Washington.
Depuis sa reconquête du pouvoir, le président américain a mis partout des tarifs douaniers très forts, et semble vouloir continuer sur cette voie malgré les critiques des économistes. 20 % sur toutes les importations chinoises qui s’ajoutent aux 25 % sur les voitures et les pièces détachées importées, voilà ce qui met un coup de pression sur le commerce mondial et redéfinit complètement les règles. Certains économistes pensent que cette politique de Trump favorisera les intégrations régionales.