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Énergies renouvelables : Le secteur privé au service de l’autonomie nationale et de la performance

Alors que la dépendance aux énergies fossiles et les enjeux climatiques se font pressants, le secteur privé tunisien s’affirme comme un acteur central de la transition énergétique.

Innovation, expertise locale et projets durables sont au cœur d’une stratégie visant à renforcer l’autonomie énergétique et la compétitivité du pays à l’horizon 2035-2050.

La Presse —La transition énergétique en Tunisie n’est plus une option, mais une nécessité stratégique face aux défis économiques, sociaux et environnementaux. Entre dépendance aux énergies fossiles, besoin de compétitivité et impératif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le pays s’efforce de tracer une trajectoire vers un modèle durable et bas carbone.

Dans ce cadre, le rôle du secteur privé tunisien apparaît central. Capable d’innover, de concevoir et de réaliser des projets dans les énergies renouvelables, il est appelé à renforcer progressivement sa place dans les grands chantiers énergétiques, aux côtés et parfois en remplacement des promoteurs étrangers. 

Mais cette mutation exige un environnement favorable, à savoir des réformes réglementaires, un accès au financement, une simplification administrative et une consolidation du partenariat public-privé. Autant de leviers que les experts, à l’instar d’Ezzedine Khalfallah, consultant international en stratégie de l’énergie et ancien DG de l’Anme, considèrent comme prioritaires pour accélérer cette transition et inscrire la Tunisie dans une dynamique énergétique durable et compétitive.

Du fossile à l’énergie propre

Parce que le secteur privé tunisien de l’énergie se trouve au cœur du défi, Ezzedine Khalfallah a déclaré que la transition énergétique est un concept qui désigne l’ensemble des changements à réaliser. Des changements qui visent un modèle plus durable énergétiquement favorisant le développement des énergies renouvelables et la promotion de l’efficacité énergétique et des technologies propres.

Il s’agit, selon lui, de passer d’une consommation majoritairement basée sur l’exploitation des énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon…) à une consommation où les énergies propres occupent une place prépondérante dans le mix énergétique.

« Pour la Tunisie, cette transition permet de répondre aux enjeux rencontrés par le secteur tunisien de l’énergie et qui sont de différents ordres. D’abord, au niveau économique qui demande une réduction de la dépendance énergétique, la création de l’emploi et le gain en compétitivité.

Il y a ensuite le volet social qui exige de contrôler les prix de l’énergie et mieux cibler les subventions énergétiques pour lutter contre la précarité énergétique, et enfin écologique qui se consacre à la diminution des émissions de gaz à effet de serre et la réduction de l’ensemble des impacts environnementaux et sanitaires. Les objectifs de la transition énergétique sont étroitement liés à ceux de la stratégie bas carbone de la Tunisie à l’horizon 2050», a expliqué l’expert.

En effet, et d’après ses dires, pour le secteur de l’énergie, la vision 2050, ambitieuse et réaliste, s’appuie principalement sur le déploiement massif des technologies de production d’électricité à partir des énergies renouvelables, mais aussi sur d’autres leviers techniques, à savoir l’orientation de la croissance économique vers les activités non énergivores, le renforcement de l’amélioration de l’efficacité et de la sobriété énergétiques dans l’ensemble des secteurs économiques et le recours au maximum aux technologies et équipements non énergivores, une redéfinition du mix énergétique vers les énergies décarbonées, le renforcement de l’électrification dans la consommation de l’énergie finale et la lutte contre le réchauffement climatique à travers la réduction des émissions de GES. 

Soutenir les projets durables

Khalfallah a ajouté : «Aujourd’hui, le secteur privé tunisien a montré sa capacité de conception, de montage et de réalisation de projets d’énergies renouvelables sur une bonne partie de la chaîne de valeur des filières renouvelables, notamment du solaire photovoltaïque. On note plus d’un millier d’opérateurs privés qui sont impliqués que ce soit dans les principaux programmes, tels que le «Prosol Thermique » et le «Prosol Électrique» que dans les projets accordés afférents aux différents régimes (concessions, autorisations et autoproduction)».

Le consultant a révélé, par ailleurs, que les grands projets du régime des autorisations (10 MW pour le solaire PV et 30 MW pour l’éolien) et les projets du régime des concessions (50 à 200 MW par projet) sont réalisés essentiellement par des promoteurs étrangers, mais ces promoteurs font travailler majoritairement des compétences tunisiennes qui sont appelées à prendre progressivement la relève sur les développeurs étrangers.

Selon lui, le renforcement du partenariat public-privé (PPP) passe par l’encouragement de la collaboration entre le gouvernement et les entreprises privées pour partager les risques et les bénéfices.

Khalfallah a souligné, par ailleurs, que ces trois types de réformes sont considérés comme prioritaires en vue de créer un environnement propice aux investissements dans les énergies renouvelables. 

«On peut affirmer que le secteur privé joue un rôle crucial dans la transition énergétique en Tunisie. Enfin, et en perspectives d’avenir, le secteur privé tunisien est appelé à jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de la stratégie énergétique de la Tunisie à l’horizon 2035, en soutenant des projets durables et en développant des solutions innovantes et adaptées qui répondent aux défis locaux tout en contribuant à un avenir énergétique durable», a-t-il conclu.

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