Safi Saïd préconise une remise à plat de l’ensemble des accords bilatéraux et autres conventions qui affaiblissent la souveraineté nationale. « Il n’y a pas que la France, il y a d’autres pays aujourd’hui qui sont prêts à devenir des partenaires de la Tunisie, dans le respect de la souveraineté »

Sous le signe « Nous sommes là », le candidat à l’élection présidentielle anticipée, Safi Saïd, a démarré hier sa campagne électorale en présentant sa vision politique qu’il a consignée dans un livre intitulé : « L’équation tunisienne: comment construire l’avenir ? ».

Illustre écrivain et tribun qui déteste qu’on lui coupe la parole, Safi Saïd avait déjà brigué le mandat de président de la République en 2014 et n’avait alors obtenu qu’un score de 0,8% des suffrages exprimés, avec 26.073 voix, bien qu’il ait été classé 8e sur 25 candidats.

Se considérant comme « Indépendant, courageux, qui ne craint personne », Safi Saïd dit se distinguer très clairement de l’ancien système bureaucratique qui tient à chaque fois à prendre le pouvoir depuis 65 ans, grâce à des jeux presque incestueux. Le candidat affirme également qu’il est différent d’un deuxième groupe du « système », celui dont les idées sont copiées de l’Occident, et qui font du capitalisme leur maître absolu. « Je fais partie d’un troisième petit groupe de candidats libres et patriotes », a-t-il fait savoir.

Côté programme, le candidat préconise notamment une remise à plat de l’ensemble des accords bilatéraux et autres conventions qui affaiblissent la souveraineté nationale. « Il n’y a pas que la France, il y a d’autres pays aujourd’hui qui sont prêts à devenir des partenaires de la Tunisie, dans le respect de la souveraineté », explique-t-il. 

Pour autant, s’il est élu président, Safi Saïd n’entend pas rompre les relations avec l’Occident, mais il travaillera à renégocier les termes des rapports qu’entretient la Tunisie avec les pays occidentaux. 

« Nous avons dans nos mains des moyens de pression, tout comme les autres concurrents, précise-t-il. A nous de négocier efficacement afin de défendre au mieux les intérêts de la Tunisie ». 

Pour accéder à cette souveraineté qu’il estime menacée, le candidat Safi Saïd appelle à la nationalisation de toutes les richesses sans exception, et puis de rouvrir les marchés sur des bases saines et solides.

La proposition n’est toutefois pas nouvelle, le candidat avait déjà défendu cette idée lors des élections de 2014.

Au centre des préoccupations de ce souverainiste panarabe, Safi Saïd a précisé qu’une fois président, sa première visite officielle sera en Libye où il tentera d’aider les Libyens à parvenir à une réconciliation nationale. 

« La Libye est mon deuxième pays, il s’agit de la réserve stratégique tunisienne, que nous ne devons pas céder aux Français ou aux Italiens », a-t-il martelé. 

Lors de la conférence de presse tenue hier, Safi Saïd n’a pas manqué de fustiger les candidats disposant de nationalités autres que tunisienne. « C’est un véritable scandale pour la Tunisie, aucun pays du monde ne peut tolérer cela, a-t-il déclaré. Le président de la République doit être de père et de mère tunisiens, né en Tunisie et ne portant que la seule nationalité tunisienne ».

Par ailleurs, le candidat Safi Saïd s’est dit «désolé» de voir qu’en pleine campagne, et alors que la démocratie est en construction, deux candidats, l’un en prison, l’autre en exil, sont privés de leur droit de faire campagne. « Je respecte les décisions de la justice, cependant je crois que pendant la campagne électorale, l’Isie est encore plus puissante et doit faire respecter le principe d’égalité des chances »

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