Imane Rifi est une écolière âgée de dix ans et demi. Tunisienne d’origine marocaine, elle vient de rentrer de vacances et a juste le temps pour s’apprêter à la rentrée scolaire. Inscrite dans une école privée, elle passe en sixième année de l’enseignement de base. Tout au long de son parcours scolaire, elle a appris à se forger une personnalité qui promet une jeune femme de caractère, guidée par des principes, incitée par des ambitions, inspirée par une expérience qui lui tient à cœur et prête à mener sa vie, dignement, courageusement et de la croquer à pleines dents.

Cette année, elle passera le concours de la sixième année en ayant unr seul objectif : accéder au collège pilote. Ce passage revient forcément à un parcours dont elle se souvient et qu’elle n’est pas près d’oublier.

Souvenirs

En effet, sa première journée à l’école, elle s’en souvient comme si c’était hier. «  Au début je n’avais aucune idée sur l’école et sur ce qui m’attendait. Mais maman m’avait déjà dressé le tableau complet représentant ce petit monde. Elle m’avait parlé des relations amicales que j’aurais la chance de nouer, des instituteurs qui n’auront d’autres préoccupations que de nous aider à apprendre une multitude de choses et d’innombrables informations. Elle m’avait rassuré qu’apprendre n’est pas aussi dur que je l’imaginais et que seules les études m’habiliteraient, une fois adulte, à occuper un poste respectable et à devenir professeure ou médecin », indique-t-elle. La maman d’Imane avait également pris soin de lui expliquer l’usage de toutes les fournitures scolaires qui seront introduites dans sa vie, dans sa chambre jusque-là encombrée de poupées et de jouets de petite fille. « A la découverte des fournitures scolaires, j’étais très contente d’avoir des objets nouveaux et que je devais apprendre à utiliser pour mes études. Chaque apprentissage acquérait, à mes yeux, un sens : c’était, en quelque sorte, un petit exploit d’apprendre à effacer à l’aide d’une gomme, à griffonner à l’aide d’un stylo ou d’un crayon… J’étais tellement contente d’avoir des fournitures scolaires au point que je prenais toujours soin de bien les ranger après chaque usage», ajoute-t-elle.

Le premier pas dans la société franchi !

Vêtue d’un tablier bleu foncé, recommandé par l’établissement scolaire auquel elle est inscrite, Imane se souvient de ses tout premiers pas d’élève.  «J’étais tiraillée entre une sensation d’angoisse et un sentiment de bonheur. Nous sommes rentrés à l’école. Nous avons été répartis en classes. La mienne étais baptisée « La classe des jasmins ». Au début, je ne connaissais personne. Ce n’est qu’à la récréation que j’ai réussi à nouer des relations entre camarades. Mes ami(e)s comptent aujourd’hui douze filles et onze garçons. Mais celle que j’apprécie le plus n’est autre que Zeineb. D’ailleurs, à peine revenue du Maroc, je me suis empressée de lui rendre visite », avoue-t-elle, sincère.

La persévérance d’une petite fille

Néanmoins, tout n’était pas si idéal que cela pourrait paraître. Imane se souvient d’avoir eu du mal à s’adapter aux études durant sa première année primaire. «Mon écriture était loin d’être exemplaire. D’autant plus que j’avais du mal à calculer rapidement les petites équations. Mais je me suis vite rattrapée en balayant la peur qui m’accablait. J’étais angoissée aussi au premier examen de ma vie. J’étais crispée mais je l’ai réussi à merveille. J’ai même réussi ma première année en décrochant une moyenne de 16 sur 20. Dès la première année, j’ai appris beaucoup de choses dont la plus importante est une conviction : avoir peur ne mène à rien ! », souligne-t-elle, fière et déterminée.

Son rêve : devenir orthophoniste !

Cette année, Imane entamera une nouvelle étape de son parcours scolaire. Elle aura l’occasion de passer le concours national de la sixième année. Elle a déjà fait l’acquisition d’une bonne partie de ses fournitures scolaires qu’elle aime, d’ailleurs, choisir elle-même mais, faute de temps, elle cède le choix à sa maman, confiante. Elle sait pertinemment que les journées à l’école seront toutes aussi longues que les années précédentes. Un timing quotidien allant de 8h00 à 16h00, à l’exception du mercredi, le jour où elle étudie à mi-temps. Elle sait aussi qu’elle aura à terminer son plateau, savoureux soit-il ou fade, sous les regards bienveillants de ses maîtresses. Et comme toutes les années passées, elle aura à supporter le poids d’un cartable lourd à porter. «Je préfère avoir tout ce dont j’ai besoin dans mon cartable plutôt que de risquer d’oublier un manuel ou un cahier à la maison », souligne-t-elle, méticuleuse. Férue de la langue française et des sciences naturelles, cette écolière souhaite devenir médecin ; sinon orthophoniste ! « Je trouve cette profession fascinante car elle est facile. Il suffit, en effet, d’étudier deux ans après le bac pour devenir orthophoniste. J’aurais ainsi mon propre cabinet et je viendrais en aide aux enfants en difficulté », argumente-t-elle. Bonne chance à Imane ainsi qu’à tous les enfants qui étudient ardemment pour se forger un bel avenir et, pourquoi pas, changer le monde en mieux !

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