Il s’agit là d’un incident sans précédent, soutiennent des membres du syndicat Ijaba.

Depuis le 6 septembre dernier, 26 enseignants chercheurs sont enfermés dans l’annexe du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le sit-in pacifique organisé par les membres du syndicat Ijaba en soutien à leurs collègues qui ont été suspendus abusivement de leur travail en raison de leurs activités syndicales a, en effet, mal tourné à la fin de la journée. Face à leur probable refus de quitter les lieux, on a décidé de fermer les portes de l’établissement, séquestrant ainsi les sitinneurs à l’intérieur de l’édifice.
Ces derniers ont non seulement eu des difficultés à accéder aux sanitaires mais ont eu du mal à être ravitaillés par leurs collègues qui ont profité d’une fenêtre ouverte à l’arrière de l’établissement pour leur glisser de la nourriture. Il s’agit là d’un grave incident sans précédent, de l’avis même du Pr Nadia Chakroun, membre du bureau national exécutif de Ijaba, Professeure en biologie animale à la faculté des Sciences de Tunis et directrice d’équipes de recherche et qui a son actif 39 années de carrière. Avec quatre autres collègues, cette enseignante universitaire est en arrêt de travail à cause de son activité et son militantisme syndical. La suspension et les sanctions disciplinaires prises à l’encontre de plusieurs enseignants universitaires sembleraient ne pas être les seuls points de divergence qui opposent depuis plusieurs mois Ijaba au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Outre la non-application des quatre principaux points de l’accord du 7 juin 2018, à savoir le respect de la grille salariale, la promulgation du nouveau statut des enseignants chercheurs, l’augmentation de 0.75% du budget du ministère consacré à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique et l’ouverture de postes pour les docteurs au chômage, Ijaba reproche au ministère de n’avoir pas été associé aux négociations qui se sont tenues avec la Fédération générale de l’enseignement supérieur (Fges) sur les augmentations salariales dans le secteur universitaire.

Respecter la grille salariale
Selon des membres du syndicat Ijaba, l’augmentation salariale spécifique décidée au profit des enseignants universitaires à l’issue des négociations salariales serait une augmentation spécifique qui ne s’aligne pas sur les compétences et les diplômes universitaires. Alors que les salaires et les augmentations salariales concernant les docteurs enseignants universitaires devraient être, logiquement, les plus élevés dans la fonction publique, des fonctionnaires de la fonction publique et ayant un niveau d’études inférieur perçoivent aujourd’hui, grâce aux augmentations salariales qui ont eu lieu après la révolution, des salaires supérieurs à ceux des enseignants titulaires d’un doctorat. «Depuis l’indépendance, les salaires des fonctionnaires sont alignés selon les diplômes. Après la révolution, cette grille salariale a été chamboulée, explique un membre du syndicat Ijaba. Des fonctionnaires moins diplômés touchent aujourd’hui des salaires plus élevés que ceux qui des enseignants titulaires d’un doctorat. Il faut réajuster cette échelle salariale et aligner les augmentations selon le niveau d’études et les diplômes universitaires notamment pour ceux qui sont titulaires d’un diplôme de doctorat. Ijaba milite aujourd’hui pour le respect de la grille salariale». Un grand nombre d’enseignants universitaires ont organisé, hier, une marche pacifique de l’annexe du ministère sise à Mohamed-V jusqu’à l’avenue Habib-Bourguiba afin de soutenir leurs collègues et faire entendre leur voix au ministère qui continue à camper sur sa position.

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