Après l’annonce de la faillite du voyagiste Thomas Cook, et l’accumulation d’une dette totale de 60 millions d’euros non perçue par la  cinquantaine d’hôtels partenaires du TO, une réunion de crise a été organisée hier en fin d’après midi à l’initiative du ministère du tourisme. A l’issue de cette réunion dans laquelle était présente l’ambassadrice du Royaume Unis à Tunis Louisa De Sousa, l’information suivante a fait la une de plusieurs journaux et sites électroniques : »Une caisse britannique réglera les dettes du Thomas Cook auprès des hôteliers tunisiens ».

L’information se base sur les déclarations du ministre du tourisme René Trabelsi, mais en fait, ce n’est pas tout à fait ce qu’il dit.

Les factures qui pourraient probablement être payées sont celles postérieures au 23 septembre

Le ministre du tourisme et de l’artisanat, René Trabelsi a affirmé que les autorités britanniques vont créer une caisse qui réglera les dettes du voyagiste Thomas Cook auprès des hôteliers tunisiens, dus à partir du 23 septembre, date à laquelle Thomas Cook a officiellement déclaré la faillite et la cessation de toute activité. Jusqu’à présent cependant, les hôteliers n’ont aucune garantie.

Pire, les hôteliers créanciers risquent de ne jamais voir la couleur des 60 millions d’euros dus au titre de juillet, Août et la quasi totalité du mois de septembre.

L’assurance ATOL ne rembourse et ne prend en charge que les dommages subis par les clients.

Alors que certains officiels parlent d’une caisse de remboursement qui garantie les droits des hôteliers, il est important de préciser d’abord que cette caisse existe bel et bien. Baptisée ATOL (Air Travel Organiser’s Licence), ce système permet aux touristes de sécuriser leurs séjours qu’ils ont déjà payé. D’ailleurs grâce à ce mécanisme géré par la CAA (Civil Aviation Authority), les touristes peuvent terminer tranquillement leurs vacances avant de rentrer, et permet aussi de rembourser (ou de proposer une autre offre) ceux qui ne sont pas encore partis.

Certains hôtels risquent gros

Dans une interview accordée au site tourmag.com, Michel de Blust, le secrétaire général de l’’ECTAA (European travel agents and tour operators), a déclaré que “Dans le cadre d’une faillite, ATOL couvre les remboursements dus au consommateur, mais ne couvre pas les contrats commerciaux entre les tour-opérateurs et les autres prestataires. Malheureusement, je pense que ces derniers risquent de ne pas revoir leur argent. Avec une dette estimée à 1,6 milliard d’euros, il va être difficile de rembourser toutes ces entreprises.”

Selon Mouna Ben Halima Vice Secrétaire général de la FTHH, certains hôtels tunisiens travaillent en exclusivité avec Thomas Cook et risquent eux aussi de faire faillite s’ils ne sont pas payés.

Contactée par Désinfox, Mouna Ben Halima a confirmé qu’il n’existe aucune caisse de remboursement des dettes de Thomas Cook.

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