Le ministère de l’Education et la Télévision tunisienne viennent de signer un accord permettant de remettre au goût du jour l’émission culte des années 70-80 à savoir les compétitions inter-lycées. Comme il n’est jamais trop tard, on est en droit d’espérer que cette initiative pourra insuffler une nouvelle dynamique qui manque cruellement à notre institution éducative.

L’enseignement n’est pas qu’une simple opération mécanique visant à inculquer du savoir et des connaissances à des apprenants. C’est encore plus. C’est une véritable dynamique capable de créer un effet d’entraînement en instaurant une synergie entre l’institution éducative et son environnement.
Cette évidence n’a pas échappé à nos décideurs politiques du début de L’Indépendance.
En effet, à côté de l’opération d’apprentissage il y avait d’autres activités soit à l’intérieur même des établissements soit en lien avec les différents acteurs de la scène culturelle, artistique, etc.
De ce fait, l’école n’était pas détachée des préoccupations autres qu’éducatives. L’interaction qui existait entre l’espace scolaire et l’environnement immédiat était incontestable. Tous ceux qui ont poursuivi leurs études lors de cette période mesurent, aujourd’hui, à quel point cette politique était productive. Cela s’est prolongé jusque dans les années 80. Depuis, c’est, presque le néant. La déconnexion entre les deux milieux est totale.
Pourtant chacun sait que l’écrasante majorité de nos artistes, musiciens, acteurs… sont passés par ce qu’on a appelé la
« Jeunesse scolaire». Les activités de ce mouvement ne se comptent pas. Notre intelligentsia lui doit énormément.

Compétitions culturelles, artistiques et sportives
Les clubs, notamment, de cinéma avaient largement contribué à former une jeunesse avertie et consciente de son rôle à tel point que les activités de ces clubs gênaient les autorités de l’époque.
Il y avait, en plus, ces compétitions culturelles, artistiques et sportives qui mobilisaient les volontaires de tous horizons et profitaient, pleinement, aux élèves. C’est ainsi que les cours n’étaient pas, uniquement, un pur bourrage de crâne mais un avant-goût d’une suite dans les idées. Une leçon d’histoire ou de géographie ne consistait pas en un interminable défilement de chiffres et de dates mais était agrémentée par des visites sur place. Dans un grand lycée de Tunis (dans les années 70-80, il nous avait été possible de nous rendre au musée du Bardo, à l’Institut national de météorologie, dans les sites archéologiques de Carthage… Le tout dans le cadre des cours d’histoire-géo. À cette époque les enseignants étaient plus motivés et plus impliqués.
Sur un autre plan, des compétitions englobant des spécialités sportives se déroulaient entre les établissements ainsi que des émissions radio ou télévisées portant sur la culture générale. À la fin de l’année scolaire on couronnait le tout par des rencontres avec les finalistes.
Il faut rappeler qu’à l’époque, les moyens étaient très limités. Mais la volonté compensait tous les manques.
Avec les années 90 et suivantes on pouvait parler d’une désertification  au niveau des activités culturelles, artistiques et sportives. Ceci, malgré les efforts officiels visant à maintenir un certain cap. L’adhésion des enseignants n’est pas, toujours, au rendez-vous. Les programmes scolaires n’aident pas à installer des traditions et à instaurer les réflexes nécessaires.
En outre, il faudrait s’investir encore davantage dans cette orientation qui ne peut être que payante.
Le ministère de l’Education, on ne s’en doute pas, est conscient de cette dimension. On sait, par exemple, qu’il a, déjà, établi une liste de tous les sites susceptibles d’être visités et qu’apparemment, un moyen de transport est disponible pour chaque Commissariat régional à l’éducation. Il n’en reste pas moins qu’il faut convaincre les divers intervenants (enseignants, élèves, acteurs, artistes, bénévoles, organisations de la société civile…).
Il y a, faut-il le souligner, tout à gagner. Aussi bien pour l’école que pour le système éducatif. Ce dernier ne sera plus un simple moyen pour dispenser des savoirs, mais, aussi, une opportunité pour la formation de nouvelles générations imbues des valeurs universelles et d’une véritable capacité d’appréhension du réel en liaison avec l’évolution de la société.
C’est pourquoi on pense que l’accord signé, dernièrement, entre la Télévision tunisienne et le ministère de l’Education en vue de l’organisation d’émissions de jeux culturels (inter-lycées), va dans le bon sens.
Et, justement à ce propos, la Télévision tunisienne avec ses deux chaînes peut mieux faire en s’investissant plus dans le domaine de la jeunesse en produisant des émissions de jeux pertinentes à l’intention des scolaires et des universitaires. C’est mieux que ces nombreux plateaux où évoluent des politiciens qui rebutent les téléspectateurs. L’argent du contribuable serait mieux dépensé dans des programmes plus utiles.

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