«Il est vrai que, depuis une bonne dizaine d’années, les responsables de clubs ne se soucient plus de la formation. Seul le CSS et, à un degré moindre, l’ESS continuent à former de jeunes talents. Le Club sfaxien demeure toutefois le repère parce qu’il y a un homme, Moncef Khmakhem, qui croit vraiment en cette politique. Il a été pendant longtemps président du centre de formation du CSS. Il est resté dans cette culture en tant que président du club sudiste. Le résultat est qu’on a eu toujours de bons joueurs issus de l’école sfaxienne. L’émergence de Amamou, Hnid, Chawat et le gardien de but Dahmane en est la parfaite illustration. A l’ESS, il y a notamment Baâyou, Hadj Hassen, Kechrida. La plupart des jeunes formés dans ces écoles accèdent en équipe sénior pour servir leurs clubs respectifs. Quant à l’EST, elle forme beaucoup de jeunes venus de tous horizons qui n’atteignent que rarement l’équipe fanion ! Ils vont généralement étoffer l’effectif des clubs à moyen budget qui n’ont pas l’ambition de gagner des titres, les petites équipes qui luttent pour le maintien ou celles qui viennent de rejoindre l’élite. Ce sont des clubs qui n’optent pas pour la formation des jeunes pour la simple et bonne raison qu’ils n ‘ont pas, soi disant, les moyens matériels de le faire. Et pourtant, ces mêmes dirigeants de clubs recrutent, été comme hiver, bon nombre de joueurs dans le but de renforcer chacun son équipe. Un président de club dont le mandat ne dépasse pas, généralement , deux ans court derrière le résultat immédiat et après moi le déluge… On gère au jour le jour. On fait des recrutements ponctuels qui ne sont pas parfois étudiés, sur propositions d’intermédiaires qui ne pensent qu’à se remplir les poches. La politique des jeunes exige de la patience. Il s’agit d’une stratégie qui s’effectue sur le moyen, voire le long terme. Lors de l’ère du professionnalisme, tous les clubs recourent aux recrutements,chacun suivant son objectif et ses moyens au détriment de la formation».

«Loin d’être la priorité»
«Ce faisant, les clubs huppés veulent coûte que coûte gagner des titres et les autres éviter la relégation. C’est le court terme qui les intéresse. La formation ne peut être une priorité pour eux. On ne prend pas de risque. Quand on scrute de près l’effectif de l’EST, on comprend vite que le résultat prime, il doit être immédiat même si la plupart des jeunes formés au Parc B se trouvent sacrifiés. Idem au CAB qui passe pour être une école de formation par excellence, on ne compte plus sur ses enfants formés au club. Cette façon de gérer le club a commencé avec l’ancien comité directeur qui a préféré l’immédiateté des résultats à la formation. Les nouveaux règlements qui limitent à huit le nombre de recrutements peuvent s’avérer comme un début à la solution, ils obligeront peut -être les responsables à se tourner un peu vers une politique de formation des jeunes ».

Béchir Sifaoui

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