«Dommage, la formation des jeunes au vrai sens du terme dans la plupart de nos clubs est pratiquement marginalisée, pour ne pas dire totalement absente. Les raisons de cette négligence non voulue sont dictées par l’absence de moyens financiers, d’une infrastructure adéquate et d’une motivation au niveau des formateurs mal rémunérés, en dépit de leurs compétences…
Cela dit, la formation au niveau de nos clubs, à l’exception de deux ou trois qui disposent des moyens nécessaires, est en panne. C’est pour cette raison, d’ailleurs, que ces clubs, qui luttent pour survivre, ne recourent plus à leur cru pour satisfaire leurs besoins en joueurs bien formés et capables de s’imposer, mais cherchent, en dépit de leurs moyens dérisoires, à combler leur manque par le recrutement de joueurs certes expérimentés, mais tout juste moyens. Cette stratégie imposée rien que par faute de moyens, et qui ne résout à mon avis le problème que provisoirement, ne fait qu’alourdir les charges de ces clubs pauvres. Des clubs qui sont obligés de s’endetter auprès des banques afin d’atténuer un tant soit peu la pression des supporters qui exigent des renforts pour obtenir de bons résultats, ce qui n’est pas toujours garanti. Et les exemples des clubs qui ont suivi cette politique sont nombreux. En d’autres termes, nos clubs, faute d’argent et d’infrastructure, ont cherché la solution la plus facile au détriment de la formation sur des bases solides et qui reste à mon sens le seul et unique garant pour assurer relève et avenir.
Toutefois, investir dans la formation, à l’instar de ce qui se passe ailleurs, c’est toute une mentalité et, pour y réussir, il faut non seulement assurer des moyens et des conditions de travail appropriés, mais surtout mettre en place une programmation minutieuse élaborée, munie d’un suivi. Une programmation qui concilie temps consacré aux études et temps réservé aux entraînements, ce qui n’est pas toujours faisable. Néanmoins, cet épineux problème qui ne cesse d’entraver la bonne marche de certains centres encore opérationnels a rendu la tâche du formateur ou de l’encadreur de plus en plus difficile, dans la mesure où ce dernier est obligé de faire son boulot en dehors des horaires de classe, en présence de toutes les catégories jeunes sur le même plateau et, de surcroît, en tartan. Ce n’est pas dans ces conditions lamentables qu’on va former sur des bases solides nos jeunes futurs talents… En un mot, les compétences et les idées, il y en a à gogo, mais ce qui manque cruellement, ce sont les moyens et, surtout, une volonté politique au plus haut niveau pour penser au moins à l’état désastreux de notre infrastructure sportive qui constitue, à mon avis, un grand obstacle, non seulement pour l’épanouissement et l’emergence de jeunes talents doués, mais aussi pour jouer au football».
T.K.

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