Malheureusement, chez nous, les coincés et les intellectuels (du comptoir facebookien) un peu conformistes sont légion.

Or à ma connaissance, la Tunisie est riche de sa diversité. Une personne transgenre, Sandra*, qui a joué à fond la transgression, hier soir, lors de la cérémonie d’ouverture des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC 2019). Où est le mal ? Le 7ème Art est avant tout tout un art transgressif.

Sinon, un peu partout dans le monde, la montée des marches d’un festival et le tapis rouge de la cérémonie d’ouverture d’un évènement cinématographique servent à ça : donner une claque visuelle à travers un code vestimentaire flirtant avec la provocation et les tabous.

À Cannes, à Venise ou à Hollywood, chaque invité(e) adopte, généralement, une stratégie visuelle. Il y a ceux/celles qui jouent à fond la sobriété pour ne pas dire le politiquement correct et d’autres qui mettent l’accent sur l’extravagance et l’exhibitionnisme à la limite de l’érotisme.

D’ailleurs, le proverbe latin dit : « de gustibus et coloribus non disputandum » (des goûts et des couleurs, on ne discute pas) !

Après tout, l’univers du cinéma est pluriel… Et ses femmes ou ses citoyennes transsexuelles sont plurielles et plus réelles !

Ce que je crois …


*Sandra est l’une des protagonistes du film de Nada Mezni Hafaiedh, « Upon the Shadow » (Au delà de l’ombre), ayant remporté le Tanit de Bronze dans la compétition long métrage documentaire aux JCC 2017.

 

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2 Commentaires

  1. Rose

    29/10/2019 à 17:54

    J’apprécie le fait que vous défendiez cette courageuse femme, et je dis courageuse parce qu’une telle apparition est tellement dangereuse. Cependant, la robe est tellement dénudée, courte et serrée qu’on ne peut pas la regarder sans être gênés et franchement déçus du styliste qui a choisi cette robe.
    Ce choix vestimentaire dépasse malheureusement la provocation et/ou l’érotisme et sombre dans le ridicule. Une robe mal ajustée sur un tapis rouge.. c’est plus qu’une claque c’est un coup de poing aux yeux, on n’arrive pas à admirer l’actrice et on se focalise sur tous ce qui ne va pas avec son l’apparence.

    J’aurais plutôt préféré célébrer la présence de Sandra sur le tapis rouge plutôt que d’être déçue de son apparence.

    Et au passage, M. Hali, j’apprécie ce soutien que vous portez à cette dame mais je me dois de vous corriger dans votre utilisation du terme « transexuelle ».. Ce terme a longtemps été utilisé dans un but de dégradation et de fétichisation envers les individus de la communauté trans et c’est pour ça que le terme le plus approprié est « transgenre ».

    Je vous remercie pour votre compréhension et vous souhaite bonne chance!

    Répondre

    • Abdel Aziz HALI

      30/10/2019 à 11:07

      Bonjour Madame,

      Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour vos compliments.

      Sinon, si vous l’avez bien remarqué, dans mon article, j’ai utilisé les deux termes « transgenre » et « transsexuelle ».

      D’ailleurs, une personne transegenre n’est pas forcément une personne transsexuelle.

      En effet, selon le dictionnaire LAROUSSE, un(e) Transgenre « se dit d’une personne présentant un transsexualisme et qui adopte l’apparence et le mode de vie de l’autre genre, mais sans changer de sexe ».

      En revanche, toujours d’après LAROUSSE, un(e) Transsexuel(le) « se dit d’une personne qui a changé de sexe et qui, selon la jurisprudence en vigueur, peut demander à changer d’état civil ».

      Or Sandra répond aux deux définitions de « transgenre » (la qualification généraliste) et de « transsexuelle » (du moment qu’elle a changé de sexe).

      Certes, le terme « transgenre » est plus général et respecte plus les standards de la communauté LGBTQI+ [lesbian, Gay, bisexual, Transgender, Questioning (or: Queer), Intersex et + (tous les autres)], même si l’adjectif ou le nom « transsexelle » demeure d’usage dans le milieu sans être perçu comme un mot péjoratif ou réducteur.

      Cordialement

      Répondre

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