La mise en place des institutions pose problème en cette période post électorale. Les Tunisiens ont vite fait de le comprendre. Peut-être bien de l’admettre désormais. Plus la peine de s’adresser à des experts, le citoyen moyen vous en dira, sans mal, la raison : tout vient des élections elles-mêmes. D’un «mode de scrutin», vous expliquera-t-on, que la classe politique nouvelle aura absolument voulu ainsi. «Emietté» de sorte que nul vrai pouvoir n’en émanera. Au bout du compte, nulle autorité qui vaille, nul Etat.
La peur de voir ressurgir des dictatures a sûrement «inspiré» les signataires de la Constituante en 2011. Hélas, il n’y eut pas que ça.
Il n’y a, toujours, pas que cela. Il y eut aussi, il y a encore, que des ambitions politiciennes ont cherché, cherchent toujours, à se faire place, à assurer «leurs devants».
Un parlement sans partis majoritaires, sans coalitions dominantes, est une assemblée où personne ne commande au final, où «fleurissent» les impasses, où essaiment les «mauvais coups».
L’exemple éclate, aujourd’hui. Une vraie démonstration de cas. L’émiettement concerne jusqu’à Ennahdha, presque cinquante ans d’histoire, qui compte moins que le quart des sièges. Nida, lui, fait long feu. La gauche a pratiquement disparu. Alors que, comme pour combler «la faille», de petits ensembles voient le jour, à 15, à 20 députés. Au total: peu pour gouverner, quasiment rien du tout. Les 109 constitutionnels narguent tout le monde, loin, très loin.
Beaucoup de bruit en revanche : un boucan ! Et de la gesticulation, de la vanité à tout bout de champ. A voir comment les uns toisent les autres, comment chacun croit tenir le bon bout, on manque à chaque fois d’en «pouffer».
La solution alors ? Le pays vit une terrible crise économique : sans doute y penser d’abord, descendre de son piédestal, être efficace «en se faisant plus petit».

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