Nul doute que ce motif (amoureux) interprété, fin 60, par Dalida et Delon, a survécu et survivra longtemps encore, grâce à la politique.

Le rapport amoureux est confiance, exigence, défiance parfois suspicion, souvent.

Le rapport politique en est pratiquement la copie. En démocratie, surtout, les liens entre gouvernants et gouvernés, entre électeurs et élus a fortiori, deviennent de plus en plus improbables. Incertains. Les engagements s’oublient vite. Les promesses sont rarement tenues. Ici, on abandonne même ses idées, ses projets. On fait du tourisme parlementaire, on badine avec les partis, les idéologies. Au final, le citoyen électeur n’est pas plus avancé que dans la chanson de Dalida : il a donné toute sa confiance, mais il n’aura eu que des mots en «gage», dès avoir quitté le scrutin.

Des exemples ? Ils se répètent, hélas identiques, depuis la révolution.

Sous la Troïka, d’abord, et les centaines de milliers d’emplois demeurés lettres mortes. Et les professions de foi de dignité et de liberté, finalement annulées par leurs contraires : montée de l’intégrisme, abandon des régions.

En 2014, ensuite, avec le million de femmes accourues aux urnes défendre leurs droits historiques, et le terrible faux bond de Nidaa. Que de belles paroles, alors, semées aux quatre vents. Pour beaucoup d’experts, «le mensonge» pèse encore sur le pays.

A la toute dernière échéance, enfin. La plus légère à notre avis. Farfelue, croyons-nous. Où les moeurs politiciennes ont le moins eu de soucis pour l’engagement pris et la parole donnée. Beaucoup s’en inquiètent, d’autres sont comme Dalida, sceptiques, et n’ont pour défense que leur ironie. Les plus experts rappellent, eux, que «politique n’est pas morale», mais «stratégies et intérêts». On a du mal à comprendre, vraiment. Aux origines, à la genèse des sociétés, la valeur du politique n’est-elle pas dans la recherche du bien des autres? D’où vient que l’on en exclut la morale ? D’où vient  que celle-ci ne compte que comme «parole en l’air» ? Et avec cette facilité ?

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