Papicha décrit à travers l’histoire de Nejma et de ses amies la décennie noire qu’a vécue l’Algérie sous la botte des islamistes qui imposaient leur loi et leur terreur sur le pays. Un film algérien qui tire aussi une sonnette d’alarme et que les Tunisiens gagneraient à voir pour voir le côté «live» des choses derrière le discours. Après la sélection officielle aux JCC, le film Papicha a fait plus de 250.000 entrées en France. Il est sorti dans une vingtaine de pays et a récolté 26 prix. Il est actuellement sur nos écrans. Nous avons parlé avec l’une de ses actrices.


Dans Papicha vous jouez le rôle de Samira, l’un des personnages principaux dans ce groupe de filles qui tente de faire face à la violence islamiste lors des années noires de l’Algérie…
Oui, j’ai joué le rôle de l’une des copines de Lina qui tient le rôle principal de Nejma. Dans le film je suis la fille timide qui porte le voile et qui aime sa religion et qui est moins libre que les autres filles.

Que vous a appris ce rôle, vous qui faites partie d’une génération qui n’a pas connu cette terrible période où les islamistes commettaient des atrocités contre les femmes qui ne se soumettaient pas à leur volonté ?
C’était un peu difficile au début car ma génération n’a pas vécu la décennie noire et son cortège d’attentats terroristes, mais je me suis tournée vers mes parents qui m’ont parlé de cette période. J’ai également lu le livre de Nora Charif «Dévoilées».
C’est un livre qui m’a beaucoup inspirée pour ce rôle. Finalement, grâce à ce film, nous avons pu revivre de l’intérieur cette terrible période. J’ai joué beaucoup de rôles dans le cinéma algérien, mais ce film-là était particulier.

Pourquoi ?
Parce que c’est un film fort intense et vrai ! C’est sorti de nos tripes. De plus, j’ai découvert que je ressemblais beaucoup au personnage de Samira…. Sur un autre plan, j’aime l’art qui véhicule la tolérance et dans le film Papicha il y a un énorme message de tolérance. La réalisatrice n’a pas opposé la femme voilée à la femme non voilée. Dans la vie, il y a de tout et on s’aime toutes. C’est le genre de culture que j’aime.

La jeune génération algérienne parle de cette époque aujourd’hui ou est-ce tombé dans l’amnésie ?
On nous a forcés quelque part à oublier cette période… Mais je pense que c’est une histoire qui n’a pas été réglée. La preuve, c’est qu’après la sortie du film, beaucoup d’Algériens qui ont vécu cette période nous envoyaient des témoignages comme si ils attendaient juste l’occasion pour en parler. C’était la partie la plus importante de la sortie du film en Algérie. Avec la loi de la réconciliation on nous a indirectement interdit d’en parler. Il est donc intéressant de faire des films comme Papicha qui nous permet de revisiter notre histoire d’autant plus que c’est un film qui a la fonction d’une sonnette d’alarme.

Vidéo: Belhassen Lassoued

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