Mi-avril : six mois nous séparent des législatives de 2019, et sept de la présidentielle. Ramadan et les festivals d’été sont aux portes. La campagne officielle n’est pas encore ouverte. Et pourtant, tout se passe comme si l’on y était déjà. «L’impatience» ne gagne cependant pas que la classe politique, et un peu «en conséquence» les médias. Pas les appelés aux urnes dont on n’entend «parler» qu’à travers d’improbables «sondages». Ni les trois millions cinq de non encore inscrits que personne, semble t-il, ne cherche, vraiment, à faire «bouger». A la vérité, ces secondes élections de la deuxième république manquent de clarté. «Exhibent» du flou partout.  A commencer par le principe même qui les régit : la parole aux seuls votants. Aux seuls électeurs. Or, le sentiment, à l’abord de cette campagne précoce, est que «le dernier mot» est confisqué par les candidats. Ceux-ci se comportent déjà en «élus». Certains partis «favoris» proclament même des résultats, s’attribuent des «régions», procèdent à des «nominations». Largués le peuple, la démocratie. Reste à savoir ce qu’il en sera le jour J. Nul ne sait. Il n’y a, dans l’attente, que crainte, défiance, suspicion.  La question des «non inscrits» se pose immédiatement après. Des millions, on le sait. Mais des millions qui peuvent faire basculer le destin politique du pays. Leur venue aux urnes est redoutée par les partis au pouvoir. Revendiquée par une opposition minoritaire mais qui peut tout y gagner. Peut-être même(c’est le hic)pas tellement prise en compte par l’Isie. Celle-ci a engagé, certes, une campagne de sensibilisation, mais on s’interroge, on s’inquiète, on doute : les élections sont en octobre, pourquoi arrêter la campagne en juillet ?

Mais l’énorme flou, c’est ce qui se trame entre les partis.

Chez les nidaistes, entr’eux, tout d’abord. Longtemps on a cru qu’il ne manquait qu’un «bon congrès» à Nidaa Touness pour espérer retrouver son crédit et son lustre de 2014. Ce congrès a finalement pu se tenir mais pour s’achever en «queue de poisson». Ce qui s’est passé attend un juste décryptage. Seule certitude : deux clans se sont affrontés. Le clan «Sebssi» et le clan «Toubel». En vue de quoi ? Un avis, pas une réponse : les «Sebssi» veulent garder la main sur tout, et les «Toubel» visent à renouer avec Ennahdha et Chahed en évinçant définitivement les «Sebssi» ( !?!?)

Du côté de l’opposition, ensuite. Où les bonnes résolutions se déclarent mais où rien ne se précise non plus. Le plus bizarre, le moins compréhensible dans l’affaire, est un paradoxe :Tout le monde appelle à l’unité(du centre démocrate, moderniste, social, libéral, etc. etc.) mais à chaque fois c’est à l’annonce d’un nouveau parti. Idéal unitaire et dispersion : c’est la zone d’ombre, le flou «fatal», où partauge la presque totalité de l’opposition politique aujourd’hui.   

ombres : le cas de NID

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