La présidente du bloc du Parti Destourien Libre, Abir Moussi, a renouvelé lundi son appel aux députés des différents groupes parlementaires de signer une pétition pour le retrait de confiance au président de l’Assemblée des Représentants du Peuple, Rached Ghannouchi.

Cet appel intervient sur fond de la visite effectuée le samedi 11 janvier en Turquie par Ghannouchi pour y rencontrer le président turc, et ce, un jour après le rejet du gouvernement par le parlement lors de la séance de vote de confiance.

« La demande de retrait de confiance est une question qui dépasse les tiraillements partisans et idéologiques. C’est une questions qui touche à la sécurité nationale, étant donné que le président du parlement assiste aux réunions du conseil de sécurité nationale et en sait suffisamment », a déclaré Moussi, lors d’une conférence de presse tenue lundi au parlement.

Elle a estimé que cette visite non annoncée du président de l’ARP soulève plusieurs « interrogations sur les liens du mouvement Ennahdha avec des parties étrangères et sa volonté d’impliquer le pays dans la politique des axes étrangers ».

Moussi considère, à cet effet, que la signature de cette pétition à l’initiative de son bloc composé de 17 députés, est « une occasion pour rompre avec l’islam politique, lequel, a dévoilé ses véritables intentions et ses liens avec l’étranger ».

« Il ne faut pas chercher des excuses au président de l’ARP et au mouvement Ennahdha, ni à leur donner une nouvelle occasion de s’en tirer à bon compte sous prétexte de la situation du pays ou encore de la formation du gouvernement », a-t-elle dit.

La présidente du PDL a estimé que les justifications présentées par le mouvement Ennahdha concernant la visite de Rached Ghannouchi en Turquie « prêtent à rire ». Le mouvement avait indiqué que Rached Ghannouchi s’est rendu en Turquie en sa qualité de président du parti et non en tant que président de l’ARP.

« Si le bloc du PDL n’arrive pas à recueillir les 73 signatures nécessaires pour valider la pétition, il prendra acte que les députés ont perdu l’occasion d’améliorer la situation et ont préféré le statu quo et la soumission aux désirs du président du parlement », a-t-elle fait observer.

Elle a indiqué que le retrait de confiance est le seul mécanisme mentionné dans le règlement intérieur du parlement, lequel, n’a pas fait état d’ »avertissement » dans ce cas précisément.

L’article 51 du règlement intérieur stipule que l’Assemblée des représentants du peuple peut retirer sa confiance à son Président ou l’un de ses vice-présidents à la majorité absolue des membres de l’Assemblée, sur la base d’une demande écrite et motivée présentée au Bureau de l’Assemblée par au moins un tiers des membres.

La demande est soumise à la séance plénière pour voter le retrait de confiance ou non dans un délai ne dépassant pas trois semaines de son dépôt au bureau d’ordre.

Le porte-parole du mouvement Ennahdha, Imed Khemiri, a pour sa part réagi à la pétition de retrait de confiance au président du parlement en affirmant, dans une déclaration de presse, que  » tous les mécanismes adoptés sont des mécanismes légaux mais le plus important aujourd’hui c’est de chercher à consolider la stabilité du parlement au lieu d’évoquer ce genre de questions qui risquent d’affaiblir l’institution législative dans ce contexte délicat que traverse le pays ».

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