Crédit photo: GUY-GERVAIS KITINA / © AFP


Ce dimanche, la chancellerie allemande accueillera la conférence de Berlin sur la Libye, sous l’égide des Nations unies, dans le but de baliser le terrain à un processus de paix au pays du martyr Omar Mokhtar.

Cet évènement d’envergure internationale s’inscrit dans le cadre d’un processus initié par Ghassam Salamé, chef de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL).

Ce processus comporte trois phases :

  • Premièrement, arracher un cessez-le-feu immédiat;
  • Deuxièmement, signer un accord entre les pays actifs en Libye pour se retirer et renforcer l’embargo existant des Nations unies sur les armes;
  • Et, enfin, parvenir à une solution pacifique purement inter-libyenne.

 

Sassou-Nguesso: un incontournable médiateur, un acteur pivot

Si la Tunisie a été boudée par les organisateurs de ce sommet, d’autres pays ont été conviés à la table de ce sommet tels que: les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, les Emirats arabes unis, la Turquie, la République du Congo* (Congo-Brazzaville), l’Italie, l’Egypte et l’Algérie.

Ajoutant à la présence de l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Union européenne (UE), l’Union africaine (UA) et la Ligue des Etats arabes ont été, également, invités à participer à cette conférence.

Avec la non-invitation de la Tunisie — camouflet pour la diplomatie tunisienne — , plusieurs de nos compatriotes se sont posés la question suivante : pourquoi le Congo?

Primo, il est à rappeler que le président congolais, Denis Sassou-Nguesso est à la tête du Haut comité de l’Union africaine sur la Libye.

Deuzio, les dernières années, ce dernier s’est positionné comme un acteur pivot dans le conflit libyen.

D’ailleurs, on ne compte plus ses contacts avec les membres du Haut conseil des villes et tribus libyennes ainsi qu’avec l’Algérie, l’Egypte et les pays du voisinage.

Tertio, en Afrique, Denis Sassou-Nguesso est l’équivalent du feu Sultan Qabous au Moyen-Orient: un fin médiateur et porte-drapeau d’une politique étrangère privilégiant la neutralité.

 

Étonnement et condamnation de la Tunisie 

Certes, la Tunisie par l’intermédiaire de son ambassadeur à Berlin, Ahmed Chafra a fait part, hier, au service international de diffusion de l’Allemagne, la Deutsche Welle (DW), de l’étonnement et de la condamnation de la diplomatie tunisienne du fait qu’elle ait été écartée de la Conférence de Berlin, alors que la Tunisie est le premier pays concerné par les retombées du conflit libyen.

Mais tout porte à croire que la récente visite du ministre fédéral allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, à Tunis,  les 27 et 28 octobre 2010, dans le cadre de sa tournée en Afrique du Nord était préjudiciable à la présence de la Tunisie dans ce sommet.

Probablement, les Allemands ont mal vu la mise à l’écart de l’ex-chef de la diplomatie tunisienne, Khemaies Jhinaoui, lors de la première audience accordée par le chef de l’Etat, Kais Saïed à un ministre des A.E. d’un pays étranger depuis la prise de ses fonctions, en l’occurrence au chef de la diplomatie allemande, Heiko Mass: un cafouillage diplomatique qui a suscité une vive polémique sous nos cieux.

En effet, l’absence de l’ancien ministre tunisien des Affaires étrangères contrevient au protocole et aux usages à suivre lors des rencontres officielles, selon l’avis de plusieurs experts et analystes.

Sinon, à part l’atout de la proximité géographique, à l’heure actuelle, quel est le poids de la Tunisie — diplomatiquement et militairement —  sur le conflit libyen?

Ces derniers temps, les gouvernants tunisiens ont affichés une certaine proximité avec le gouvernement d’union nationale (GNA) et leurs alliés: comme en témoigne la visite-surprise à Tunis du président turc Recep Tayyip Erdogan, le 25 décembre 2019, soit quatorze jours après l’accueil du Premier ministre libyen, Fayez al-Sarraj au Palais de Carthage.

En revanche, contrairement à Moscou, Tunis peine à endosser le rôle de médiateur dans ce conflit. Pour le moment, le président Saïd et son équipe ne sont pas parvenus à rééquilibrer le débat, en invitant l’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Haftar.

On se demande si la non-invitation de la Tunisie à la Conférence de Berlin est le miroir de la stature de la Tunisie dans le concert de la diplomatie internationale? Les Allemands ont-ils voulu épargner à la diplomatie tunisienne de faire de la figuration lors de ce Sommet berlinois?

Seul l’avenir nous le dira…


* Il ne faut pas confondre la République du Congo (Congo-Brazzaville) avec la République Démocratique du Congo (RDC, Congo-Kinshasa : le pays de Patrice Lumumba, de Mobutu Sese Seko, des (Laurent-Désiré & Joseph) Kabila et du Tout-Puissant Mazembe).

 

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2 Commentaires

  1. Ramdane Khadri

    16/01/2020 à 10:20

    en tant qu Algérien partageant au même titre que l ensemble de mes compatriotes le souci de préserver la stabilité et la sécurité de nos deux pays, eu égard aux liens fraternels qui nous unissent , j ai été surpris que la Tunisie n ait pas été conviée a la réunion de Berlin au sujet de la situation gravissime du conflit interne libyen dont les conséquences constituent effectivement une grande menace pour notre sécurité commune .cette éviction est pour le moins inadmissible et l on est tente de supposer qu il y aurait des calculs malsains et inavoués menés a dessein par les pays européens alors que la Tunisie supporte au demeurant la lourde charge de prise en charge des réfugiés libyens et se trouve être hélas confrontée a subir les retombées des conséquences engendrées par les troubles de la guerre tribale, voire civile, des libyens. face a ces menaces et aux visées de pays étrangers aussi n est il pas opportun que les deux pays unissent leurs efforts pour ne constituer qu une seule entité homogène pour entreprendre sans arrières pensées ni suspicion quelconque ,le développement et la stabilité de la région.
    ceci est un avis citoyen personnel pour l amour que je porte a nos deux pays

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  2. Ramdane Khadri

    16/01/2020 à 10:24

    lire confrontée a subir

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