Nous nous proposons de mettre sous nos projecteurs les deux centres de visite technique du Cap Bon, en l’occurrence ceux de Nabeul et Menzel Témime, les prenant comme  échantillons. Un certain contraste est constaté entre les deux ateliers lors de nos visites sur terrain incognito, « armé » de notre œil critique bien ouvert sur les détails qui font la différence entre les bonnes et moins bonnes performances. Il nous plaît d’annoncer la bonne nouvelle aux automobilistes de Grombalia. Un nouveau centre de haute capacité d’accueil verra bientôt le jour.

L’on peut dire a priori que le centre de Nabeul nous a semblé malade de son emplacement géographique central, conjugué à l’orthodoxie et la rigueur, semblant  exagérée de son personnel technique, pour des raisons peut- être compréhensibles  qu’on vous promet de dévoiler plus loin. Tandis que celui de Menzel Temime nous a semblé malade de sa vitrine (guichet caisse). Là, le premier contact n’est pas facile à « digérer ». Et ne sert en rien l’image de marque du centre, voire même de l’Agence des mille et un enjeux.

C’est le cas de dire que les apparences sont trompeuses. Puisque, entre le dehors et le dedans, il y a un monde ! Des prestations impressionnantes servies par un personnel qui sait ménager la chèvre et le chou.

L’Agence Technique Des Transports Terrestres (ATTT ou Agence des 3T) est un organisme de plus en plus colossal, en raison de l’accroissement  vertigineux du parc automobile  national. Le hic, c’est que l’intendance et la capacité du réseau de l’Agence ont du mal à suivre le rythme des activités de cet organisme qui constitue une mamelle bien généreuse pour le Trésor Public.  Si le contrôle technique requiert une infrastructure généralement lourde et budgétivore, le permis de conduire, par contre, ne coûterait à l’Agence, presque rien. Puisque ne nécessitant pas de logistique et de gros moyens matériels. Ceci, bien que le permis soit servi une fois dans la vie du postulant et que l’attestation de visite technique soit fournie à l’automobiliste à un rythme annuel incontournable, les deux précieuses pièces, procurent, à tour de bras à l’Etat, des ressources financières presque équivalentes, selon nos sources.                                                                                                          

Le pourquoi d’une appellation                                                                                 

Cela dit, une question mériterait d’être posée. Et, beaucoup comme moi, n’auraient jamais eu l’idée  de se la poser. La voici : pourquoi désigne-t-on les bureaux de l’Agence des 3TT, de services des mines ?  Que viennent faire les mines et l’activité  industrielle dans cette galère tout à fait étrangère ? Réponse fraîchement obtenue à  l’occasion de ma présente enquête : A l’ère coloniale révolue, les activités minières et celles du transport étaient monopolisées par une seule et unique  structure, baptisée  justement «service des mines ».

Ce préambule fait et l’énigme de l’appellation levée,  passons sans plus tarder au corps du sujet. L’on se contente aujourd’hui de faire l’état des lieux des deux centres de visite technique fonctionnant au Cap Bon  et précisément, ceux de Nabeul et Menzel Témime. Je dois ma matière  à  mon passage à ces deux centres, incognito et sans ma casquette professionnelle, Mr Mohamed Anouar El Meddeb, Directeur Régional de l’Agence des 3Tde Nabeul et son adjoint, Mr Slim Ennaceur.

La tension aurait ses raisons                                                         

Vous êtes maintenant aimablement invités d’abord à m’accompagner au centre de Nabeul. Il s’agit d’un centre, la plupart du temps encombré, ne comprenant que deux chaînes. Et il faut être l’enfant du Bon Dieu et né sous une bonne étoile pour parvenir à se frayer,  le moins lentement possible un chemin vers le couloir des  surprises. Là, la rigueur et l’orthodoxie sont de mise depuis que, il y a voilà un an , une bombe médiatique eut secoué terriblement ce centre pour une affaire dite de corruption.

C’était du pur cinéma, recherchant le  « buzz » persiste à récuser le chef du centre de Nabeul  encore traumatisé et sous le choc ! Depuis ce jour « noir », toute l’équipe est sur ses gardes et s’évertue  à  s’exécuter à la lettre et d’une manière catholique et robotique, aux textesréglementaires.

Plus de place à l’interprétation, à la tendresse et à la souplesse. L’on y a tout l’air de ruminer notre vieil adage  populaire si célèbre disant : « C’est à sa mère de pleurer, plutôt qu’à ma mère ! » Tout le beau monde de céans semble gagné par la  hantise  d’être « floué » et mal dans sa peau, opérant motus et bouches cousues. L’on n’y entend que le roulement des moteurs, aveuglé et étouffé par la fumée opaque émanant des échappements.

Dommage pour une vitrine !                                                         

D’autre part, allons jeter un coup d’œil sur le centre de Menzel Temime pour voir, avec notre œil critique, ce qui s’y passe. La cabine du caissier est relativement isolée du champ d’action. A l’intérieur,  « trône »  un préposé, semblant mal tombé du lit. C’est avec la grimace et la mauvaise humeur qu’il accueille ses bons payeurs. A la question de savoir si les tarifs ont changé par rapport à l’année dernière, il répliqua orageusement à son interlocuteur :

   « Vous, les citoyens, vous n’êtes jamais contents ! »

«  Et vous monsieur qu’est-ce que vous êtes ? N’êtes vous pas par  hasard un citoyen comme nous ?, questionne le visiteur  ahuri et abasourdi par la singularité et la véhémence de l’accueil.

« Non ! Rassurez-vous, je ne  le suis pas ! »

«   Tant mieux pour moi et mille fois tant pis pour vous ! »,objecte le visiteur mis hors de ses gonds !.

Du tic… au tac… .                                               

Heureusement que les choses ne sont pas allées plus loin, grâce à la sagesse et la retenue de l’innocent visiteur. Mais, après coup, celui-ci s’est aperçu, en vérifiant le libellé de sa quittance, que le caissier lui avait fait débourser trois dinars de trop: 35D au lieu de 32D uniquement !Mais, c’était trop tard . Il avait raté le bon moment de réclamer son du.                                                  

Ayant été le témoin oculaire  et  auriculaire  de la triste scène, il a été de mon devoir  de rapporter fidèlement les faits directement au directeur régional. Chose qui a semblé avoir navré outre mesure mon interlocuteur. .Qui, en prend bonne note et donne séance tenante ses instructions à ses subalternes, pour que les tarifs des prestations de services soient  ostensiblement affichés à l’entrée des deux centres relevant de sa compétence.

Il a de même ordonné la pose d’une caméra de surveillance dans chacune  des deux caisses des centres de Nabeul et de Menzel Témime. Cela a été ainsi vite décidé…bien décidé…du tic… au tac !

Après la déception, la belle surprise !        

Après nous êtres heurtés à cette vitrine, pour le moins peu reluisante, nous continuerons notre bonhomme de chemin vers le bloc central. Encore une surprise ! Mais, agréable cette fois-ci ! Tout fonctionne comme sur des roulettes dans une atmosphère de détente générale où le sourire et le bon accueil sont heureusement royalement offerts, cette fois-ci.

Le chef de l’équipe technique y brille par sa souplesse mesurée et bien dosée. Les objections sur les ajournements et les recours sont traités au cas par cas, avec compréhension et délicatesse. Le maître en question  semble savoir ménager la chèvre et le chou,  tenant  le bâton au milieu, sans tours de bâton.

« Autant nous sommes intransigeants à l’égard des défauts techniques compromettant la sécurité de l’automobiliste et des tiers ( freinage, suspension, équilibrage, feux, état des pneus, etc….), autant nous sommes souples, pour le reste », nous explique l’intéressé.

Et d’ajouter tout sourire, ce qui est inhabituel dans certains centres de visite technique : « Si on n’a rien à se reprocher, on n’a pas peur d’être compréhensif avec tout le monde sans aucune distinction  et de signer les attestations la tête haute, sur la table et non pas sous la table ». D’ailleurs, le directeur régional m’a semblé partisan de la manière dont le subalterne s’y prend et souhaite que tous les centres de l’agence s’y alignent.

L’abus mène à l’abus !

A mon humble avis, c’est l’orthodoxie et l’excès de zèle, parfois intrigants, qui sont propres à ouvrir une « autoroute » vers le faæmeux  système « D », les tours de bâton, la complaisance et la corruption. Car, le postulant, mis au pied du mur, à dessein, par certains contrôleurs lunatiques et capricieux,  n’ayant pas de temps à perdre à cause des ajournements fantaisistes et  pour des futilités, se rabat sur les moyens tortueux qui font évidemment le bonheur des réseaux mafieux offrant éternellement leurs intermédiations, en rodant aux alentours de notre réseau de contrôle technique .

Des ajournements de trop !                                                

Je prends le cas par exemple de l’ajournement pour dégonflement des pneus. Est-ce une bonne raison ? « Mais bien oui !», me répond Mr.Slim Ennaceur adjoint du directeur régional de l’Agence des 3T de Nabeul . « C’est très important, dans la mesure où le contrôle de l’efficacité de  la suspension du véhicule tient forcément à l’équilibre de la pression usuelle dans les quatre pneus.

« Dans ce cas et pour éviter de telles causes d’ajournement, estimées banales par le postulant,  pourquoi ne prend-on pas la peine de doter chaque centre d’un compresseur d’air ? Le problème sera ainsi  résolu en un rien de temps », lui dis-je.

Et puis, un tel  accessoire ne coûterait rien à l’Agence .

« Le temps  à perdre dans le réglage de la pression des pneus va ralentir le rythme de passage des véhicules », explique l’adjoint du directeur régional.

Soit. La réponse finale ne m’a pas été tellement pour me  convaincre. Tant et si bien que  les ajournements pour une telle raison ne sont pas pour arranger les choses. Etant donné que les retours sont une source indéniable, du reste contournable  d’encombrement des chaînes de contrôle technique .

Ah ! Le bon vieux temps !

Ah ! fini le bon vieux temps où dans les années 60 et 70 du siècle dernier, au centre orphelin de l’Avenue de Ghana(au Passage) , je me faisais régler les feux du premier « tacot » de ma vie , sur place en un tour de main ! .

Il est vrai que les temps ont changé. Et que notre parc automobile a connu une évolution explosive. Mais, je persiste à croire, malgré tout, qu’on pourrait songer  à creuser l’idée de nous faire rétablir dans nos vieux droits acquis.

Estimant  qu’il s’agirait là, d’une  manière comme toute autre, propre à comprimer le nombre de retours et, par là-même, de contribuer à décongestionner notre réseau .Cela serait en fin de compte, un bonus extraordinaire qui serait apprécié à sa juste valeur par le bon payeur et constituerait une sorte de réconciliation avec les opérateurs, dont certains n’ont pas,  hélas, bonne  presse.                                                                                                

En outre, une formule mériterait d’être examinée. Elle aurait fait ses preuves dans plus d’un pays occidental, à commencer par la France, contribuant à décongestionner les réseaux privatisés dans ces contrées. Il s’agit, en l’occurrence, de l’accord d’attestations sous des réserves. Ceci, dans le cas de petits défauts visuels, tels que, par exemple, un léger cabossage remarqué dans la carrosserie, un essuie-glace mal au point, un pare-brise légèrement  lézardé, etc.,

La balle est systématiquement renvoyée dans le camp de la police. Qui lui appartient alors de vérifier rigoureusement si les défauts bel et bien signalés de l’attestation en sursis sont soigneusement réparés. Dans la  négative, le contrevenant se voit exposé à des sanctions sévères. Là bas, point de place évidemment à la complaisance et l’impunité. La police de la police y veillant sans relâche au grain.                                                                                            

Bonne nouvelle !

Pour clore dans l’optimisme, il nous plaît d’annoncer une bonne nouvelle pour nos pairs de la région Grombalia. L’on promet une autonomie, du reste, méritée par une si grande et non moins belle  agglomération,  en matière de contrôle technique de véhicules.

La lourde procédure administrative afférente à l’édification d’un centre de haut niveau, vient d’être finalisée. Les travaux seront entamés sous peu. Le projet coûtera à la collectivité publique une enveloppe allant de quatre à cinq milliards de nos millimes. Les taux de change et d’inflation très fluctuants par ces temps qui courent, ne pouvant autoriser l’Agence des 3T à avancer des chiffres plus précis que cela. Il s’agit du plus grand centre que connaîtra le Cap Bon avec pas moins de quatre chaînes.

Il nécessitera à peu près une quarantaine  de techniciens, à former dès  à présent, pour que « la charrue ne soit pas mise devant le bœuf ». Il sera d’un grand secours  pour nos concitoyens   issus de Grombalia et de son entourage, à savoir, Hammamet Sud , Bou Argoub , Soliman,  Menzel Bou Zelfa ,Borj Cédria,Cité Saltane,etc…

Un homme averti…

J’allais oublier de dire ce qu’on m’a prié de vous dire. Les estivants férus des plages du Cap Bon auraient tout intérêt à éviter, en été, les centres de visite technique de Menzel Témime et surtout de Nabeul. Là, on vous promet, la canicule aidant, l’enfer et le calvaire avec le surbooking du pic estival (Juillet et Août).

Ce précieux conseil d’ami est valable pour tous les centres disséminés  à travers notre ravissant littoral. Où, la population galope, au bas mot, au quadruple. Les vacanciers concernés par cette « petite » corvée périodique, gagneraient à s’y  prêter depuis leurs adresses d’origine. Ainsi, ils auraient toute la chance de s’éviter les bains de sueur exaspérantes et d’avoir le loisir de profiter à loisir, plutôt de bains de soleil si rêvés sur les sables dorés de notre splendide méditerranée. Cela dit, ne dit-on pas que «Un homme averti en vaut deu? 

 

Pavé :
Si le contrôle technique requiert une infrastructure généralement lourde et budgétivore, le permis de conduire, par contre, ne coûterait à l’Agence, presque rien puisque ne nécessitant pas de  logistique et de gros moyens matériels.       

 


Centre de visite de Nabeul

Vivement le transfert !

Notre passage au centre de visite technique de Nabeul nous a permis de nous apercevoir combien l’emplacement central de ce centre est inapproprié. L’immense trafic constaté autour du centre rend ces lieux de « pèlerinage » annuel très difficilement accessible.

Le jour du souk hebdomadaire (le vendredi) et même dès la veille, la situation empire. Les longes files de voitures avançant au pas, voire même  à pas de tortue, ne sont pas, de surcroit, sans constituer des goulots d’étranglement et des obstacles exaspérants pour les automobilistes n’ayant rien à voir avec la visite technique.

Bref, c’est la paralysie quasi-générale des activités. Les corvéables postulants à l’hypothétique attestation doivent avoir la bénédiction des Dieux de la visite pour atteindre l’une des deux chaînes existantes, sans se faire cogner une aile, se faire abîmer un pare-choc ou se faire briser une optique. Dans de tels cas, adieu la visite !

Payé pour être payé !

 L’intéressé infortuné doit alors prendre son mal en patience et rebrousser acrobatiquement chemin pour aller, plus vite que le vent, faire réparer à grands frais les dommages absurdement causés à son véhicule, bravant le risque d’être entretemps « pris dans le piège »  d’un garde mobile à l’affût de la moindre défaillance .

Allez lui débiter vos déboires de A à Z, l’agent n’a pas le temps, ni la patience de vous écouter. Il est payé pour vous faire payer ! Point à la ligne ! Ceci étant, l’on devrait songer à  transférer ce centre dans un site périphérique approprié, de nature à mettre le postulant à l’abri des désagréments de trop.

Il est à préciser que le taux journalier d’accueil du centre de Nabeul est, en 2019, de l’ordre de 230 véhicules par jour. Alors que celui de Menzel Témime est de 150 par jour.

Une image à soigner

Par ailleurs, l’on croit nécessaire d’attirer l’attention des autorités compétentes sur l’état discordant du siège de la Direction Régionale ad-hoc, mitoyen au centre  de visite technique, avec l’importance et le prestige d’une agence centralisant une infinité de charges et de  prérogatives et, encore plus, d’un joyau comme Nabeul.

Des locaux exigus, très peu fonctionnels et inesthétiques, dotés d’une salle de guichets non conformes aux normes élémentaires d’une aire d’accueil du public, de configuration longitudinale. Celle-ci s’apparentant à un interminable couloir sur lequel donnent une série de guichets, mettant « dos au mur » le public ! ».

Pour tout dire et ne rien vous cacher, ce siège est peut-être le moins inapproprié  et le moins convenable de tous les sièges des  représentations des organismes publics accrédités auprès du gouvernorat de Nabeul (STEG , SONEDE, CNSS, banques ,etc…)

Pourquoi pas la scission ?

L’éventuel transfert du siège du centre de visite de Nabeul actuellement attenant aux locaux des services régionaux de l’Agence, serait-on ne peut plus propice à l’extension du siège de la Direction Régionale et son réaménagement d’une   manière cohérente, moderne et digne, le soustrayant de sa médiocrité sautant aux yeux les plus indifférents…

Un dernier point mériterait d’être soulevé.  C’est le fardeau de plus en plus lourd mis sur les dos de l’Agence des 3T, où, le personnel est éternellement surchargé ne sachant plus où donner de la tête. Etant donné l’extension progressive fabuleuse des activités du minuscule service des mines de jadis, l’Agence mériterait, selon les observateurs avertis, d’être scindée en deux institutions.

L’une serait appelée à centraliser les prestations afférentes à la visite technique, l’immatriculation, l’indentification des véhicules, etc… Tandis qu’une seconde aurait la charge exclusive du permis de conduire. La scission ne pourrait être que favorable à l’amélioration de la qualité des services à travers, entre autres, leur décongestion et la spécialisation optimale des personnels.

Un exemple à suivre

L’on prend, par exemple, le cas de l’ex-Office de la Formation Professionnelle et de l’Emploi, si cher à Si Mohammed ENNACEUR, son promoteur et son premier PDG. Eu égard au développement vertigineux de ses activités, l’on a eu, depuis lurette à décider, au fil du temps, de le scinder, progressivement en deux, puis, en trois et, finalement en quatre institutions : une Agence pour la formation professionnelle, une seconde pour l’emploi, une troisième pour les Travailleurs à l’Etranger et enfin, une quatrième pour la formation  continue. Rassurez-vous, cela a l’air de mieux carburer.

Puissent enfin, ces humbles remarques être examinées avec minutie et compréhension, au mieux des intérêts de tous, prestataires et fournisseurs de prestations confondus.


 

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