Les traditions perdurent dans la ville des Aghlabides, où les habitants mettent un point d’honneur à célébrer chaque année le mois de Ramadan avec faste

Pour le mois de Ramadan de l’année 1440 de l’hégire dont on a déjà humé les odeurs, les préparatifs pour cette belle échéance ont commencé il y a quelques semaines à Kairouan qui a toujours réservé une ambiance chaleureuse et un abord privilégié au mois saint.

D’ailleurs, le charme inégalé de Ramadan consiste d’une part à mêler de façon alternée le sacré et le  profane, d’autre part à nous enseigner la convivialité, le partage et la solidarité. C’est que le mois saint n’est pas uniquement le mois de l’abstinence et de la spiritualité, mais aussi celui des veillées tardives, des activités sociales et culturelles, des fastes culinaires, des envies et des caprices de toutes sortes.

Ainsi, beaucoup de locaux commerciaux et de maisons ont été badigeonnés et la plupart des familles ont renouvelé la vaisselle et le linge, outre l’étamage des ustensiles en cuivre, l’achat de condiments, d’épices en grains moulus et la préparation à domicile de la bssissa, du sorgho, des hlalems et de la chorba frik.

Notons qu’en prévision de Ramadan, plusieurs réunions ont eu lieu au siège du gouvernorat en vue du bon déroulement de ce mois vénéré sur tous les plans. Le programme détaillé des activités socioéconomiques et religieuses a été dévoilé. En outre, des commissions ont été constituées afin de s’occuper des nombreuses mosquées qui connaissent une vaste campagne de rénovation et d’embellissement. Pour ce qui est du volet religieux, il comprend cette année la programmation dans toutes la délégations de plus de 10.000 conférences théologiques, de causeries et d’évocations du hadith.

Cela sans oublier le volet culturel qui comprend des manifestations multidisciplinaires qui intéresseront les villages les plus reculés.

Lutte contre les spéculations

Face à cette frénésie d’achat durant les semaines précédant Ramadan, l’approvisionnement ne connaîtra pas de problèmes majeurs étant donné que toutes les mesures ont été prises par les responsables régionaux avec notamment le stockage de quantités suffisantes de produits alimentaires de première nécessité, tels que les œufs, le lait, l’huile végétale, les dattes, les  piments, les pommes de terre et les viandes. Et dans le cadre de la campagne d’inspection des entrepôts légaux et anarchiques et de la chasse aux spéculateurs, aux pratiques illicites et aux circuits parallèles, des centaines de kilos de produits agricoles et alimentaires ont été saisis.

Il va sans dire que des équipes de contrôle sanitaire effectueront durant tout le mois de Ramadan des visites dans différents commerces, souks, marchés, boulangeries et surtout les pâtisseries.

En effet, à l’approche de l’heure de la rupture du jeûne avant de rentrer chez soi, on n’oublie pas de se rendre chez les marchands de zlabia et de mkharek dont les odeurs sont irrésistibles et chatouillent les narines.

Ramadan, c’est également un rituel qui offre toujours aux familles et aux amis l’occasion d’échanger des visites et d’exceller dans l’art culinaire dont le makroudh qui constitue la principale composante et est très demandé.

On ne vit que la nuit. Notons que durant tout le mois saint, la plupart des commerçants changent leurs horaires de travail, réduisent leurs activités diurnes  et font la grasse matinée. Quant aux cafés qui sont fermés toute la journée, ils grouillent de monde le soir. On y veille parfois jusqu’à 2 heures du matin avec de passionnantes parties de belote, et ce, en sirotant un thé à la menthe, en écoutant de la musique et en devisant avec les amis.

Parmi les lieux très fréquentés au cours du mois saint, figurent les mosquées où les fidèles viennent pour faire les prières des trawihs et assister aux différentes causeries religieuses, à la narration du hadith et aux concours de mémorisation et de psalmodie du Coran.

A part cela, beaucoup de citoyens préfèrent passer les longues  veillées ramadanesques à la maison afin de partager avec tous les membres de la famille les plaisirs de la table, regarder la télé et vivre ainsi des moments exceptionnels parce que tellement rares durant les autres mois de l’année.

Un élan de solidarité

Ramadan est un mois exceptionnel où la vie sociale s’intensifie et où les actions de bienfaisance et de solidarité s’intensifient.

En effet, beaucoup d’associations de bienfaisance et d’ONG, ainsi que l’Utss s’emploient à organiser des tables de rupture du jeûne et à distribuer des couffins de denrées alimentaires aux familles nécessiteuses.

C’est dans ce contexte que l’Utss va aménager deux restaurants d’«iftar» au profit de 200 personnes dans le besoin sans oublier celles qui préfèrent rompre le jeûne chez elles et qui sont au nombre de 100.

Par ailleurs, la Commission régionale de solidarité sociale va distribuer 1.400 aides en nature au profit de familles à faibles revenus. D’autres aides dont des vêtements et des chaussures seront offertes à 500 familles, et ce, durant la deuxième quinzaine de Ramadan.

En somme, un Ramadan dans la douceur qui s’annonce.

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