La pandémie du siècle est aveugle. Qui oserait dire le contraire? Elle vise l’être humain, sans discrimination, de quelque nature que ce soit. Elle ne fait pas de distinction entre la haute personnalité et le citoyen lambda, entre le riche et le pauvre, entre les deux sexes opposés, entre l’éclairé et l’idiot, entre le noir et le blanc, entre l’émigrant régulier et « réglé comme du papier à musique », d’une part, et celui qui vit et se bat sans répit, pour la survie dans une clandestinité inconfortable, d’autre part.

Et , voilà que nous en arrivons au cœur du sujet, pouvant à présent, prédominer tous les sujets et piquer au vif tout être humain et tout sujet. C’est le cas de nos semblables, que le terrible Covid-19 a subitement coincé et cloué dans nos périmètres, bien loin des leurs, où l’indigence et la misère auraient rudement acculé à un nomadisme en quête d’un hypothétique mieux être et d’autres cieux pas forcément plus cléments.

 Un moratoire humanitaire

Il est vrai que, chez nous, lors de la survenue de l’orageuse pandémie, l’on a beaucoup fait pour ces étrangers qui, en fait ne nous sont pas naturellement étrangers ,en tant que descendants incontestables, tout comme nous tous, d’ Ève et d’Adam. Cherchant à leur atténuer les revers fâcheux d’un chômage forcé, propre à leur ôter le goût du pain et la sécurité du logis. Passant outre la rigueur et les verrous administratifs. Une noble attitude dictée par un moratoire à la fois moral et humanitaire, du reste, circonstanciel et éphémère.

Aux oubliettes !

Mais, il n’en demeure pas moins vrai que, société civile et autorités publiques ont , malencontreusement, laisser filtrer entre les doigts et reléguer aux oubliettes un effectif considérable d’ africains non maghrébins, pour la plupart installés au Cap Bon.

Cette colonie, pour la plupart ivoirienne, venant de nous prêter main forte et la force de leurs biceps dans le noir, particulièrement dans les secteurs du bâtiment et de l’agriculture et,précisément lors de la récente campagne de cueillette des olives. Le gros de ces effectifs a élu refuge à Tazarka. Tandis qu’à Korba , selon le président de l’ Association Locale de Solidarité Sociale, Mr Abdelkader Khémir, n’en compte qu’une quinzaine de personnes, liste nominative et coordonnées à l’appui.

 Le mauvais tour du sort !

Les uns ont été jetés sur le pavé, n’ayant pu régler leurs loyers. Ils ont été ainsi obligés à partager le toit avec de bonnes âmes parmi les leurs et cohabiter dans une promiscuité humiliante et des conditions d’hygiène telles, qu’ elles constitueraient une offense criarde à la dignité humaine et, en prime, un facteur à haut risque de propagation de l’actuelle pandémie et de diffusion de diverses maladies parasitaires. Tandis que les autres, les plus « chanceux » attendent leur tour et le mauvais tour du sort ,vivant chaque jour que fait le Bon Dieu sous l’épée de Damoclès et sous la lourde menace d’ être expulsés. Cela dit, désormais et après la terrible pandémie, la solidarité nécessaire, est celle de l’ensemble des vivants sur la planète Terre. Aussi, devons nous tous, remettre l’horloge de la solidarité humaine à l’heure.

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