Pas le temps de tout voir. Ainsi est la télé du Ramadan. Un trop plein ; un encombrement. Pas moyen de s’en faire une idée. Une vraie.

Les avis fusent pourtant sur Facebook. A propos des nouveaux feuilletons, à peine à « l’ébauche », ce sont même des jugements « couperet ». Comme pour la politique, on est de ce clan ou de cet autre, ou « casseur » ou « fan ». La loi des réseaux sociaux est la loi  du plus grand nombre, la loi du plus tonnant, du plus hurlant. Umberto Ecco en a pratiquement « fait  le tour », peu avant de tirer sa révérence. Il a parlé, entre autres, d’une « légion… que l’on laissait bavarder à sa guise autour d’un bar avant Facebook », mais qui a « primeur sur  un prix Nobel de littérature depuis… ».

Nous concernant, cette année, il y a même « mieux » : des élites se mêlent aux « ébats ».En se montrant doctes, bien sûr (la« violence symbolique » révélée par Bourdieu), mais en prenant parti, parfois. Le mystère (le hic, peut-être) est là. La guerre des feuilletons ramadanesques en Tunisie se fait plus féroce et plus matérialiste au fil des ans. Le pays est un petit village et les télés se battent pour un pécule publicitaire de plus en plus en manque. Conséquence, possible : tous y mettent la main, de « bas en haut ». Dont, d’abord (hélas), certains médias (des élites, en fait) qui matraquent pour ou contre une fiction, une série, un plateau, un show, alors qu’à l’évidence personne n’en voit la raison ni le «  lien ». Sur le « thème » il y a pire depuis deux à trois saisons : les animateurs et les producteurs d’une même chaîne s’invitent et se congratulent entre eux. On fait de la « Com maison » à tous les coups, sans se soucier de pudeur, de valeur. Une seule règle : ce n’est jamais gratis. Un seul dieu : l’argent.

Autre élite mise en doute. Les sondeurs. On n’en a que deux « à l’offre ».Ils se reconnaîtront. Ceux-là affichent des audimats d’entrée de jeu, aussi. Pas définitifs. Mais la tendance est appuyée d’emblée. Une « chapelle », une chaîne commanditaire, employeuse, est clairement mise en avant. Toutes les autres suivent selon un ordre «bien compris».Il manque tout un appareil législatif aux sondages dans notre pays. Les politiques, on en sait déjà, «un bout ».Les artistiques et les médiatiques font terriblement mal à l’Art, à sa vérité, à sa justice, aux artistes et à leurs centaines de mille de familles, à des télévisions  consœurs, poussées, ainsi, vers le dénouement. Du saccage, au vu et au su des autorités, de l’Etat.

Quid de ce que pondent les intellectuels du web, ce Ramadan ? De l’argutie savante, comme de bien entendu. De la «hauteur de vue», et quasiment toujours, un condensé de mépris pour tout ce qui participe de la création télévisuelle. On en lit de tellement  « méchant » cette fois-ci, que l’on s’interroge : pourquoi les maîtres se donnent-ils tant de peine «pour si peu».

Le dernier des doutes : les intellectuels de Facebook  ne le feraient pas pour rien, non plus.

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