» Notre défi pour la période à venir c’est de continuer à enregistrer zéro cas autochtone et maîtriser la prise en charge des personnes rapatriées pendant cette 3e phase de déconfinement », a souligné vendredi, Nissaf Ben Alaya, directrice de l’observatoire national des maladies nouvelles et émergentes.

Lors d’une conférence de presse tenue au siège du ministère de la santé à Tunis, Nissaf Ben Alaya a souligné que l’atteinte de cet objectif dépend de l’application rigoureuse des règles d’hygiène, des protocoles de santé et des cahiers des charges mis en vigueur dans tous les secteurs.

« Nous reviendrons sûrement à notre rythme de vie normal mais tout en respectant les gestes barrières, la distanciation physique, la désinfection des espaces, le port du masque… », a-t-elle assuré signalant qu’il s’agit d’un déconfinement conditionné.

Ben Alaya a ajouté que le rapatriement se poursuivra jusqu’au 15 juin et toutes les personnes évacuées demeureront soumises aux mesures de confinement obligatoire et au prélèvement le 7e jour de leur retour pour éviter le retour des cas importés en Tunisie.

Le paiement du séjour à l’hôtel est exigé avant de rentrer au pays

Précisant les mesures de prise en charge des Tunisiens rapatriés pendant la 3e phase du déconfinement, Mohamed Rabhi, président de la commission du confinement au ministère de la santé, a souligné que dorénavant les Tunisiens à l’étranger ne peuvent revenir au pays qu’après avoir payé leur période de confinement obligatoire à l’hôtel de 7 jours rappelant que pendant la première phase, l’État prenait en charge ces frais.

« Une liste d’hôtels de trois catégories (3, 4 et 5 étoiles) est disponible auprès des missions diplomatiques. La personne concernée devra payer son séjour dont le prix varie entre 60 et 100 dinars hors taxes, la nuitée, au préalable pour pouvoir s’enregistrer à l’aéroport », a-t-il dit.

Rabhi a souligné que cette nouvelle phase exigera des efforts supplémentaires de l’État puisque les personnes rapatriées seront placées en confinement obligatoire dans différents endroits.

Dans ce contexte, il a signalé que le confinement obligatoire de 14 jours imposé durant la période précédente à toutes les personnes rapatriées a permis d’éviter la propagation du virus dans le pays et l’amélioration de la situation épidémiologique.

« Toute personne rapatriée sera soumise à un prélèvement au 7e jour de son retour. Si ce test est négatif, elle pourra terminer sa période de confinement obligatoire chez elle tout en étant sous contrôle médical », a-t-il précisé signalant qu’à partir du 15 juin d’autres mesures seront prises et ce, à la lumière des décisions du comité scientifique national.

Les plages ne sont pas interdites mais les rassemblements le sont

Par ailleurs, Nissaf Ben Alaya a souligné qu’avec l’ouverture des frontières le 27 juin prochain, d’autres mesures seront prises dont notamment l’exigence d’un certificat de test négatif.

« Les mêmes mesures, à savoir le contrôle sanitaire, le prélèvement après 7 jours de confinement seront mises en vigueur aussi bien pour les Tunisiens rapatriés que pour les étrangers qui viendront en Tunisie », a-t-elle indiqué rappelant que selon les protocoles de santé au niveau mondial toute personne atteinte de la covid 19 est interdite de voyager.

Ben Alaya a rappelé que la Tunisie a été classée parmi les 7 meilleures destinations post-COVID-19 grâce aux résultats positifs enregistrées dans la lutte contre le coronavirus.

Dans ce sens, elle a souligné que les plages ne sont pas interdites mais c’est le rassemblement qui reste interdit pour éviter les contaminations.

Taux d’immunité très faible

Elle a, en outre, signalé qu’une première enquête a été réalisée récemment en Tunisie sur la base des résultats des tests de diagnostic rapides effectués sur les personnes fréquentant les cas confirmés a révélé que sur un échantillon d’environ 1180 personnes dans le Grand Tunis, le taux d’immunité au coronavirus a été de 9 %.

« Ce taux restera très faible même si l’enquête sera réalisée sur la population générale étant donné qu’il faut que 60 % de la population ait développé des anticorps protecteurs pour qu’elle soit immunisée du virus », a-t-elle dit se félicitant toutefois de la réalisation d’un taux de guérison de 90 %.

Ben Alaya a signalé que d’autres enquêtes sur le taux d’immunité devront être réalisées en Tunisie au mois de septembre prochain et à la fin de l’année sur la base des résultats de tests de diagnostic rapides.

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