L’après-Corona commence donc tôt pour nous. Clément, miraculeusement clément, côté santé. Pénible, hélas, en tout autre point.

Le surendettement, le «sur-chômage», la croissance à moins que zéro, le choc haineux des pouvoirs, des institutions, les ras-le-bol sociaux. Tout cela était prévu, attendu.

Surprise, même : le débat chauffe côté Culture. On croyait le secteur temporairement «différé», «gelé», placé «hors crise». Erreur. On change d’avis, désormais. Le passage de témoin entre l’ex et l’actuelle ministre n’a pas connu l’apaisement qu’on lui dit. Chiraz Laâtiri recourt à une caisse spéciale pour subvenir aux impayés. Et elle s’en plaint dans les médias. Mohamed Zinelabidine réfute, aussitôt, sur le journal «Assabah», arguant quasiment de l’inverse. Pour lui, les liquidités ne manquaient pas à la tutelle. Simplement , «il y a eu le contexte de la pandémie».

La vérité ?

Les longs, les très longs retards de paiement, les non-paiements d’artistes, voire, sont une vieille «coutume» au ministère de la Culture. Mais on ne peut non plus méconnaître que le dessèchement des avoirs est une des dures réalités du Corona.

Les solutions ? Rompre une fois pour toutes avec les mauvaises coutumes budgétaires. Admettre, aussi, que la souplesse et le pragmatisme sont des outils possibles, préférables, sinon, dans la pratique des budgets.

…Surprise, même : le débat chauffe, côté Culture. On croyait le secteur «différé», «gelé», placé «hors crise». Erreur. On change d’avis, désormais…

Deux autres sujets qui «chauffent». Qui fâchent, un peu : le projet de loi sur les artistes et les métiers artistiques, et le report des festivals d’été.

Le statut de l’artiste et de ses métiers traîne voilà plus d’une décennie. Relancé à chaque nouveau ministre, abrogé ou modifié, présenté à l’étude du Parlement, à ce jour encore jamais parvenu à terme. Pourquoi ? On ne sait, au juste. Les uns parlent de «désaccords professionnels». De différences de «visions». Les autres, «d’adversités politiques» et «d’absence de moyens». Le sentiment, aujourd’hui, est que cela tient de tout cela à la fois .Plus, cette fois-ci, un certain empressement fautif. La version remise à l’ARP est, pratiquement, la même que l’ancienne, centralisatrice, «autoritariste», dépendant de règlements administratifs, de commissions désignées. Les artistes s’élèvent, surtout, contre le maintien de la carte professionnelle. Ils sont nombreux à ne pas en comprendre la nécessité, ni l’utilité. A l’atteinte qu’elle porte ,ainsi, à leur liberté. Ils demandent à être consultés, à être les principaux auteurs d’un nouveau projet de loi.

Le report des festivals 2020 laisse bien des regrets. Mi-avril, ce n’était que le choix d’une programmation strictement tunisienne. Là, c’est le complet renoncement. Pas sûr que les vedettes locales apprécient. Ils avaient une chance de suffire, seuls, à la réussite de «Carthage» et de «Hammamet». Ils ne l’ont plus. Ils ne l’auront peut-être plus.

Une «excuse», et encore : la culture n’avait même pas son pécule dans le budget 2020. Pas même son zéro virgule. A s’en mordre les doigts !

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