La maladie de Parkinson est classée parmi les maladies dues à la vieillesse. Elle altère le système nerveux et impacte négativement  la motricité. Il s’agit d’une maladie dégénérative, résultant de la dégradation progressive des neurones ; une dégradation qui touche essentiellement la tranche d’âge de 50 ans à 70 ans et plus. A l’échelle mondiale, l’on estime que 10 personnes sur mille sont atteintes de la maladie chaque année et 2% dès l’âge de 70 ans. Curieusement, les hommes en sont les plus concernés pour des raisons encore méconnues.

Cette maladie handicapante commence par se manifester via un tremblement à peine perceptible d’une main. Ce tremblement incontrôlable et soudain progresse au fil du temps, engendrant ainsi une raideur au niveau des membres et un  ralentissement de la motricité. Cependant, et dans 25% des cas, le diagnostic ne révèle aucun tremblement des membres ! Et du moment où les symptômes deviennent perceptibles, l’on peut en déduire l’évolution de la maladie qui avait déjà commencé depuis 5 à 10 ans.

Certes, les causes de cette maladie demeurent jusqu’à nos jours indéfinies. Le facteur génétique est à prendre au sérieux surtout dans le cas où les symptômes commenceraient à pointer du nez dès l’âge de 50 ans. Néanmoins, d’autres facteurs environnementaux entrent en jeu. Parmi les facteurs propices au développement de cette maladie, les spécialistes citent l’exposition précoce ou prolongée à des substances chimiques ou toxiques comme la roténone, la Mptp (une drogue dont l’effet est similaire à la roténone), le monoxyde de carbone et le manganèse.

Les scientifiques estiment aussi que des changements intrinsèques aux neurones peuvent en être la cause, notamment la présence des corps de Lewy, et plus particulièrement de la protéine dite «alpha-synucléine» dont l’effet peut être néfaste sur le cerveau.

Il est même à souligner que la maladie varie d’une personne à une autre. Les symptômes et leur progression ne sont pas standards pour tous. D’autant plus que l’aspect psychologique y contribue pour beaucoup. La dépression et la fatigue interagissent dans l’évolution — quoique généralement lente — de la maladie.

Désagréments handicapants

Cela dit, les malaises et les désagréments inhérents à la maladie de Parkinson ne se limitent pas aux seules gênes motrices. Le malade se trouve, progressivement, en proie à d’innombrables difficultés qui lui rendent le quotidien difficile. Parmi les symptômes conséquents à la maladie, l’on cite une difficulté cognitive, la dépression, l’anxiété, une  déglutition difficile, des troubles du sommeil, une incontinence urinaire, la constipation, des changements au niveau de la tension artérielle, des vertiges, des étourdissements…L’on note aussi le trouble de l’odorat, la fatigue, des douleurs localisées dans certaines parties du corps ou encore généralisées ainsi que la baisse de la libido, une voix tremblotante, une expression qui semble figée et la diminution du clignement des paupières.   

La raideur et le tremblement incontrôlable des membres rendent certaines tâches quotidiennes difficiles à effectuer surtout celles qui exigent une grande précision. La démarche d’un malade atteint de Parkinson se fait via de petits pas, le dos courbé et les bras flottants.

Jusqu’à nos jours, et en dépit duesprogrès scientifiques, aucun diagnostic spécifique à cette maladie n’a été établi. Toutefois, des tests sanguins peuvent être recommandés pour éliminer des scénarios infectieux. L’imagerie par IRM et par scanner s’imposent dans l’optique de cerner le stade d’évolution de la maladie. Le médecin peut même — et dans le cadre du diagnostic — administrer un médicament contre la maladie de Parkinson pour mesurer son effet sur l’amoindrissement des symptômes et donc sur l’évolution de la maladie.

Caféine et nicotine contre Parkinson ?

Prévenir la maladie de Parkinson relève de l’utopie. Néanmoins, des études ont tout de même montré que la consommation de la caféine est susceptible d’en réduire le risque. Chez les femmes soumises aux traitements substitutifs à la ménopause, en revanche, la consommation quotidienne de la caféine augmenterait le risque de développer cette maladie. Autre constat qui susciterait l’étonnement : les fumeurs encourent moins de 56% de risques de développer la maladie de Parkinson que les autres. Un constat qui revient à l’effet de la nicotine contenue dans les cigarettes et qui, semble-t-il, stimulerait la libération de la dopamine compensant ainsi le déficit de dopamine observé chez les malades de Parkinson.

Vigilance et hygiène de vie

Tout comme pour le diagnostic, les traitements prescrits aux malades de Parkinson ne sont aucunement des traitements spécifiques à la maladie. Ils n’ont pour effet que d’amoindrir au mieux les symptômes et retarder l’évolution de la maladie. L’effet desdits traitements serait meilleur dans le cas où il serait associé à un mode de vie sain. Les spécialistes recommandent, en effet, aux malades de préserver une activité physique et autre de relaxation. La prise d’une dose de vitamine D serait aussi salutaire. Les malades de Parkinson doivent faire preuve de plus de vigilance que le commun des mortels afin de prévenir les éventuelles chutes. Par ailleurs, une alimentation riche en fibres et en antioxydants, notamment en fruits et légumes mais aussi en céréales, serait à adopter ainsi qu’une consommation suffisante d’eau.

Traitements et thérapies douces

Pour ce qui est du traitement de la maladie de Parkinson, il comprend plusieurs substances actives, notamment des substitutifs à la dopamine pour combler son déficit dans le cerveau, les inhibiteurs de la monoamine-oxydase B qui ralentissent la dégradation de la dopamine ainsi que les anticholinergiques qui réduisent les tremblements et rétablissent l’équilibre entre la dopamine et l’acétylcholine. L’amantadine est préconisée chez les personnes présentant un stade précoce de la maladie. Administrer des antidépresseurs aux malades en proie à la maladie de Parkinson et à la dépression relève du nécessaire. Les malades de Parkinson sont, de surcroît, dans le besoin d’un réconfort psychologique et social afin de mieux maîtriser la maladie. La kinésithérapie, l’ergothérapie et l’orthophonie leur sont également recommandées.

* Source : www.passeportsante.net

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