La ville de Kairouan est réputée pour l’artisanat du cuivre et pour le savoir-faire de ses artisans dont l’émulation a contribué à la dynamisation de la créativité afin de répondre aux exigences de la modernité, tout en respectant l’authenticité du patrimoine.

Notons que les principales branches de l’artisanat du cuivre sont la chaudronnerie, la dinanderie, l’étamage et l’utilisation du métal rouge dans la fabrication des bijoux.

Symbole de l’artisanat du cuivre à Kairouan, la création en 1990 du plus grand couscoussier au monde en cuivre (3,75 m de hauteur) qu’on a placé à l’entrée sud de la ville aghlabide… un accueil chaleureux pour des visiteurs privilégiés.

Mais il est regrettable de constater de nos jours que l’activité de ce métal semi-précieux, aux nombreux usages, tourne au ralenti. D’ailleurs, la rue des Nhaïcia qui abritait, dans les années 60, une centaine de professionnels, n’en abrite aujourd’hui qu’une douzaine encore attachés aux anciennes techniques artisanales. Quant aux autres, ils ont opté pour la fabrication d’articles en fer forgé, et ce, à cause de leur incapacité à continuer dans le secteur du cuivre vu cherté de la matière première. Sahbi Raïess, un artisan de la place, nous confie dans ce contexte: «Le cuivre n’est plus rentable à cause de son prix exorbitant et de la rareté de la matière première.

D’ailleurs, le prix du kilo de cuivre est passé de 80 à 180 D, et ce, à cause de la mainmise de quelques importateurs et intermédiaires avides de gain facile. En outre, l’invasion de l’acier inoxydable, du verre, de l’aluminium, de la poterie et de la porcelaine, a encouragé les gens à délaisser les ustensiles en cuivre et à leur préférer des articles moins chers et nécessitant moins d’entretien.

A titre d’exemple, une «kerouana», une sorte de terrine avec couvercle, qui coûtait 18 D, coûte aujourd’hui 45 D ! De ce fait, les citoyens ont tendance aujourd’hui à n’acheter que les candélabres, les lanternes et d’autres objets d’ornementation…».

Malgré cela, beaucoup de futures mariées font tout pour acheter un trousseau en cuivre qui pesait par le passé 50 kilos et qui n’en pèse aujourd’hui que 20.

Il est composé généralement du couscoussier, de casseroles, de plateaux, de faitouts et de chaudrons. M. Abdelkrim Zeramdeni (81 ans), qui fait partie de ces artisans chevronnés qui se sont spécialisés dans l’art du cuivre, regrette la raréfaction de la main-d’œuvre car les jeunes préfèrent d’autres métiers moins fatigants, moins salissants et qui ne présentent pas de risques pour la santé : «Personnellement, j’ai proposé à plusieurs reprises aux différents responsables de former, dans mon domaine, des jeunes sans emploi… Rien n’a été fait pour sauver le secteur du cuivre de disparition dans deux décennies tout au plus ! En effet, l’artisanat du cuivre nécessite beaucoup de patience car l’ustensile à fabriquer nécessite des gestes difficiles, à commencer par le calibrage, le découpage, le roulage, puis par le martelage et l’assemblage. Quant à l’opération d’étamage, elle doit être faite avant l’usage domestique, et ce, en recouvrant le cuivre d’une couche d’étain.

Et pour savoir si l’étain ne contient pas de plomb que certains artisans avides de gain facile y incorporent, il suffit de passer, le doigt dessus. Si celui-ci noircit, c’est que l’étain contient du plomb, s’il ne noircit pas, c’est que l’étain est bien fait…»

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