Semaine plutôt éprouvante pour les Arts et la Culture. A commencer par le plus dur, la perte de Slaheddine Essid, maître de la fiction télévisuelle, un des icônes de la génération des réalisateurs de l’après-indépendance, parti ce 29 juin 2020, au grand dam de nous tous, proches, amis, collègues, public, gens de médias, fans et initiés.

Aucun cliché, aucune posture pour rendre hommage à Slaheddine Essid. Il était tout, exactement tout, ce que l’on disait, ce que l’on savait de lui. À savoir l’homme éthique et l’artiste créateur.

L’homme éthique pratiquait des valeurs morales, kantiennes, aimant et aimable, jamais désagréable, jamais autoritaire, jamais hautain, ses comédiens, ses techniciens assurent : «Jamais un mot de plus sur un plateau».

L’artiste créateur observait attentivement son époque, cherchait constamment à la «transcrire», mais il collait, en même temps, à la mémoire de son pays. Juste et savoureuse synthèse qui culmine, bien sûr, dans «Khottab Al Bab» et «Sidi Mahrous», ses deux joyaux, mais qui se vérifie jusque dans son œuvre dite « légère», ses sitcoms, ses comédies.

… Aucun cliché, aucune posture pour rendre hommage à Slaheddine Essid. Il était tout, exactement tout ce que l’on disait, ce que l’on savait? De lui. L’homme éthique, et l’artiste créateur…

La création en tout Art est jonction, subtile, de présent et de passé. De récent et de tradition… Le secret de la longévité de «Choufli Hall» réside en cela. Hatem Belhadj et Slaheddine Essid y ont comme inscrit, en continu, les paradoxes de l’ancien et du nouveau. Sboui et Slimane, Fadhila et Zinouba, Douja et Foufa, etc. Les Tunisiens se reconnaissent dans ces «oppositions». Dans cette dualité. Dans cette sorte de «schizo». Slaheddine Essid l’a vite perçu. Paix à son âme, il en a eu l’intelligence, il en a eu le talent.

Moins sollicitants, certes, mais encore loin d’être résolus, les problèmes qui «naissent» à propos des festivals, à propos du statut de l’Artiste et des métiers artistiques, et, peut-être davantage, au sujet du Festival de la chanson.

Trois mots pour chaque, on y reviendra sûrement.

Il y a comme un début de confusion autour des festivals d’été. D’abord annulés, puis repris, mais voilà que la reprise même devient nuancée. Chiraz Laâtiri avise que les internationaux en sont exclus. Motif : le statut et le nom. A la place, on programmera des nuits réservées aux seuls locaux.

Les professionnels se réunissent en ce moment, en consultation nationale, pour décider de leur carrière et de leur métier. La question traîne et les avis diffèrent. Y aura-t-il entente et accord ? On ne sait toujours pas.

Annonce, enfin, du retour du festival de la chanson. La 20e édition est fixée au printemps 2021, et aura pour directeur, Chokri Bouzaiane. Bonne nouvelle pour les gens de la Wataria. Mais on rappelle qu’ils ne sont plus qu’une minorité. Et qu’il y a 15 ans, à l’occasion de l’interruption, ils avaient beaucoup de problèmes entre eux. Des soucis en vue.

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