Fin septembre, début octobre, l’IFT organisera un mini-festival pour les séries TV tunisiennes et françaises. L’objectif : booster de part et d’autre un marché de la série télé. Didier Zyserman, attaché audiovisuel à l’IFT, nous en donne un avant-goût.

D’où vient l’idée de ce mini-festival ?

Actuellement, il y a un vrai créneau pour les séries télé. Le problème se pose en ces termes : il y a des séries TV tunisiennes qui marchent très bien, mais à cause du modèle économique existant, elles sont mal ou pas du tout financées et la plupart du temps, l’ensemble du financement incombe aux producteurs. Avec ce système de «bartring», qui me paraît aberrant, les choses deviennent plus compliquées. Ces séries ont du succès, mais elles ne s’exportent pas à l’étranger, ni dans le monde arabe, ni en Europe. Et inversement, nous avons des séries françaises et européennes qui marchent très bien, mais qui n’ont pas de visibilité dans le monde arabe.

Pensez-vous que cette rupture est causée par le handicap de la langue et l’absence d’identification ?

Le public tunisien ne sera pas intéressé par exemple par une histoire franco-française; par contre il sera intéressé par l’histoire de la communauté tunisienne qui vit en France. Ce sont des histoires susceptibles de le mobiliser et il y a un vrai public pour ce genre de séries aussi bien en Tunisie que chez la très forte communauté tunisienne en France. En partant de ce constat, on a décidé de lancer un événement où on aurait la possibilité d’exposer des séries tunisiennes sous titrées en français et des séries françaises sous-titrées en arabe et de faire une sorte de mini-festival pendant trois ou quatre jours en présence des équipes des séries sélectionnées.

Vous parlez d’exportation de feuilletons tunisiens en France et vice versa…

Il s’agit aussi de donner à ces séries des chances pour s’exporter en France avec du sous-titrage français et pourquoi pas à l’international. La question est donc, comment booster la série tunisienne pour que son parcours ne s’arrête pas à une diffusion ramadanesque et que les producteurs et réalisateurs (français et tunisiens) de ces séries puissent rencontrer leurs homologues professionnels et trouver un marché commun autour de la production, la traduction ou la circulation des œuvres. Nous travaillons avec le festival de Luchon en France qui est un festival de séries télé et on leur demande de choisir des programmes susceptibles de plaire en Tunisie. Nous avons insisté pour que les séries françaises comportent des acteurs et des actrices qui puissent être identifiés en Tunisie. Ce qui facilitera l’accès du public tunisien à ce genre de production.

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